Passer au contenu principal

PrésidentielleMacron chambre Le Pen, qui «se promène à la pêche»

Le favori du second tour à l'élection présidentielle a commenté la sortie matinale de son adversaire d'extrême droite.

A l'aube jeudi matin, Marine Le Pen a navigué avec des pêcheurs du Grau-du-Roi, petit port de pêche populaire du sud de la France, pour se poser en protectrice des Français modestes, face à celui qu'elle présente comme un «jeune trader», «représentant de la mondialisation décomplexée».

«Il veut mettre en place une politique ultra-libérale», «une politique de dérégulation totale», «de ravage social», a attaqué Marine Le Pen, dans une région pauvre où le Front National a percé depuis longtemps. Sa photo, en ciré jaune, tout sourire a été immédiatement postée sur ses comptes Twitter et Facebook, tous deux suivis par environ 1,5 million de personnes.

Marine Le Pen n'a en revanche pas réagi à la nouvelle estimation du préjudice potentiel, portée à près de 5 millions d'euros, qu'aurait subi le Parlement européen en raison des salaires qui auraient été versés frauduleusement à des assistants d'eurodéputés de son parti entre 2012 et 2017.

Macron en baisse

Décidée à faire mentir les sondages qui annoncent tous sa défaite le 7 mai prochain, la patronne de l'extrême droite s'est lancée dans une campagne d'attaques surprises sur le terrain dans des régions qui ont massivement voté pour elle et pour son programme ultra-sécuritaire, anti-européen et anti-immigration.

Elle cherche aussi à profiter des critiques suscitées par le début de campagne de second tour du candidat centriste, à qui il a été reproché de considérer sa victoire déjà acquise. La popularité du jeune candidat pro-européen a fléchi légèrement (-4 points pour lui, 4 points pour sa rivale) dans un sondage publié jeudi matin, mais il reste la personnalité politique qui recueille le plus de soutiens.

Duel à distance à Amiens

Arrivé en tête du premier tour avec son mouvement «En Marche!», créé l'an passé, Emmanuel Macron, jamais élu, a engrangé des ralliements de toutes parts, à droite, à gauche, dans le patronat, les syndicats, le monde religieux, avec des prises de position de représentants juifs, musulmans et protestants.

Bousculer le favori, c'est la stratégie de Marine Le Pen, illustrée mercredi dans le nord, par ce que le quotidien de gauche Libération a appelé «la bataille d'Amiens», cette ville où les deux candidats se sont livrés un duel à distance, autour de l'avenir d'une usine du géant américain Whirlpool menacée de délocalisation.

Candidate autoproclamée des perdants de la mondialisation, Marine Le Pen est venue à l'improviste à la rencontre des salariés tandis que son adversaire discutait avec des représentants syndicaux dans une salle isolée à proximité du site.

«Pas une seconde de répit»

La candidate a accusé alors Emmanuel Macron, «à l'abri», de faire preuve de «mépris» vis-à-vis des ouvriers. Au même moment, ses partisans relayaient massivement sur les réseaux sociaux une interview de l'économiste Jacques Attali, soutien du candidat, qualifiant le dossier Whirpool d'«anecdote».

Emmanuel Macron, lui, est allé au contact avec les salariés de Whirlpool dans l'après-midi et s'est présenté comme le candidat des «propositions responsables» face à celle qui fait de l'«utilisation politique» de la souffrance sociale. «Je ne lui laisserai pas un centimètre d'espace, pas une seconde de répit, pas une once d'énergie», a-t-il déclaré dans la soirée.

«Le Pen circus»

«Madame Le Pen se promène à la pêche. Bonne promenade», a commenté Emmanuel Macron sur son compte Twitter, à propos de la sortie matinale de son adversaire. «La sortie de l'Europe qu'elle propose c'est la fin de la pêche française. Pensez-y», a-t-il ajouté.

Le secrétaire général de son mouvement, Richard Ferrand a pour sa part dénoncé le «Le Pen Circus qui consiste à aller faire des images, de la com'» en utilisant «la misère des autres».

Marine Le Pen tient dans la soirée son premier grand meeting de l'entre-deux-tours, à Nice, dans une région du sud-est où, là encore, elle est arrivée en tête dimanche. Emmanuel Macron, lui, doit participer à une émission politique à une heure de grande écoute.

ats

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.