Climat: consternation après le retrait américain

ClimatDonald Trump a commis une «faute honteuse» en sortant son pays de l'accord de Paris sur le climat, a estimé vendredi le Français Laurent Fabius.

Emmanuel Macron s'est exprimé à la télévision française jeudi 1er juin au soir.
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«Une faute honteuse». C'est par ces mots durs que l'ancien président de la COP21 Laurent Fabius a dénoncé la décision du président américain de se retirer de l'accord sur le climat, soulignant «le lot de mensonges» proférés par le président américain sur le sujet.

Le président français Emmanuel Macron n'a pas été en reste non plus. Il a réagi, en français puis en anglais, à l'annonce de Donald Trump sur le climat en s'adressant jeudi soir en anglais aux Américains en appelant à «rendre sa grandeur à notre planète» («Make our planet great again»), paraphrasant le slogan de campagne Donald Trump, après la décision du président américain de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris.

Dans une déclaration prononcée depuis l'Elysée d'abord en français, puis en anglais dans une version légèrement différente, le chef de l'Etat français a déclaré que «nous partageons tous la même responsabilité» pour la planète. Il a aussi accusé le président américain d'avoir commis «une faute pour l'avenir de notre planète» car «il n'y a pas de planète B». La France «ne négociera pas d'accord moins ambitieux» pour lutter contre le réchauffement climatique, a-t-il ajouté.

Le premier ministre français a jugé cette décision «calamiteuse». «Je crois que, parmi les signataires de l'accord de Paris, le sentiment partagé qui va prévaloir, c'est que ça renforce et l'urgence de l'action et la nécessité de rester bien groupés, bien collectifs», a ajouté Edouard Philippe.

«L'heure est venue de quitter l'accord de Paris», avait lancé jeudi après-midi le président américain dans un long discours au cours duquel il a souvent retrouvé les accents de sa campagne électorale.

Invitation aux scientifiques

Lors d'un échange «direct» de cinq minutes au téléphone, Emmanuel Macron a prévenu son homologue américain, selon la présidence française, que si l'on «pouvait discuter», «rien n'était négociable dans les accords de Paris» sur le climat. «Nous ne renégocierons pas un accord moins ambitieux, en aucun cas», a-t-il encore prévenu, appelant «l'ensemble des pays signataires» de l'accord de Paris «à demeurer dans le cadre» de cet accord, «à rester à la hauteur des responsabilités qui sont les nôtres et à ne rien céder».

Macron a également invité les scientifiques et entrepreneurs américains à venir travailler en France. «A tous les scientifiques, ingénieurs, entrepreneurs, citoyens engagés que la décision du président des Etats-Unis a déçus», il a assuré qu'ils trouveraient «dans la France une seconde patrie».

Obama déçu

Le Premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen a déploré une «triste journée pour le monde». Barack Obama a amèrement regretté cet arbitrage de son successeur. «J'estime que les Etats-Unis devraient se trouver à l'avant-garde. Mais même en l'absence de leadership américain; même si cette administration se joint à une petite poignée de pays qui rejettent l'avenir; je suis certain que nos Etats, villes et entreprises seront à la hauteur et en feront encore plus pour protéger notre planète pour les générations futures».

De même, de nombreuses figures du monde économique ont fait part de leur déception, et ont insisté sur l'urgence d'agir face au réchauffement.

Le patron de GE, Jeff Immelt, s'est dit «déçu». «Le changement climatique est une réalité. L'industrie doit montrer l'exemple et ne pas être dépendante du gouvernement». Elon Musk, le très médiatique PDG du constructeur de voitures électriques Tesla et ardent défenseur des énergies renouvelables, a immédiatement annoncé qu'il quittait les différents cénacles de grands patrons conseillant Donald Trump. «Le changement climatique est réel. Quitter Paris n'est pas bon pour l'Amérique et le monde» a-t-il tweeté.

Bob Iger, le PDG de Disney, lui a emboîté le pas. Lloyd Blankfein, le PDG de la banque d'affaires Goldman Sachs, a jugé que le retrait des Etats-Unis était un «revers» pour l'environnement et «pour le leadership des Etats-Unis dans le monde». Quelques centaines de personnes se sont rassemblées devant la Maison Blanche pour dire leur colère.

«Il ne comprend pas la science, il va nous faire revenir plusieurs années en arrière», tempêtait Rebecca Regan-Sachs, 34 ans, brandissant un panneau sur lequel on pouvait lire: «Message au reste du monde: nous sommes désolés, la plupart d'entre nous ont voté contre cet idiot». Donald Trump a obtenu moins de voix que son adversaire démocrate Hillary Clinton mais l'a battue au nombre des grands électeurs.

Pas avant 2020

L'objectif des Etats-Unis, fixé par l'administration Obama, était une réduction de 26% à 28% de leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2025 par rapport à 2005.

Concrètement, le 45e président des Etats-Unis devrait invoquer l'article 28 de l'accord de Paris, qui permet aux signataires d'en sortir. En raison de la procédure prévue, cette sortie ne deviendra effective qu'en 2020.

Cependant, a pris soin de préciser Donald Trump, les Etats-Unis cessent «dès aujourd'hui» son application.

Au-delà de la secousse que représente cette annonce, l'inquiétude est réelle concernant les financements, tant pour la Convention climat de l'ONU (23% du budget apportés par les Américains) et l'aide internationale aux pays les plus pauvres, à l'instar du Fonds vert.

(afp/nxp)

Créé: 02.06.2017, 06h53

L'appel du pape

Le Vatican appelle chrétiens et musulmans à défendre l'environnement et la planète, notre «maison commune». Ce message a été adressé vendredi en particulier au monde islamique à l'occasion du ramadan.

«Personne, aucune nation ou peuple, ne peut imposer exclusivement sa compréhension de la planète», affirme ce texte rendu public au lendemain de l'annonce par le président américain Donald Trump de sa décision de quitter l'accord de Paris sur le climat.

Les Républicains applaudissent

Les alliés républicains du président américain Donald Trump ont applaudi jeudi sa décision de retirer les Etats-Unis de l'accord de Paris sur le climat. Leur base électorale n'en attendait pas moins. Selon un sondage YouGov réalisé pour le «Huffington Post» en mai, 46% des électeurs de Donald Trump étaient favorables à un retrait de l'accord, et 22% n'avaient pas d'opinion. A l'inverse 92% des électeurs d'Hillary Clinton souhaitaient que les Etats-Unis y restent.

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