Etre mal logé peut mettre votre santé en danger

FrancePlus de 15 millions de personnes sont touchées par la crise du logement, selon la Fondation Abbé Pierre qui tire la sonnette d’alarme.

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Soixante-deux ans après l’appel historique de son fondateur en faveur des sans-logis, la Fondation Abbé Pierre tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme. Dans son rapport annuel publié ce jeudi, l’association dresse le tableau d’une France «malade du mal-logement» en dénonçant les conséquences sanitaires de cette situation.

Plus de SDF, plus de personnes qui renoncent à se chauffer ou sont contraints de vivre chez des tiers. De nombreux indicateurs sont résolument dans le rouge, indique ce bilan inquiétant. Début 2016, la France comptait 3,8 millions de personnes souffrant de mal-logement ou d’absence de logement personnel – dont 141 500 sans domicile – contre 3,5 millions l’an dernier. A cela s’ajoute les 12,1 millions de personnes touchées à des degrés divers par la crise du logement, «avec de réelles répercussions sur la vie de famille, la santé, l’environnement quotidien, le confort ou les fins de mois», estime l’association.

En effet, le mal-logement n’est pas qu’un problème social, souligne le rapport. C’est aussi un problème de santé publique. L’âge moyen du décès des sans-abri est de 49 ans, contre 77 ans pour la population en général. Maladies respiratoires ou digestives, troubles du comportement alimentaire, maladies de peau, mais aussi problèmes de santé mentale, de nombreuses études montrent que l’absence d’un «chez-soi» est associée à un risque élevé de mortalité prématurée.

Et parfois, c’est le logement qui rend malade. Vivre dans un espace insalubre peut être «à l’origine de nombreux troubles sur le plan sanitaire. Les principaux risques étant les intoxications (plomb, monoxyde de carbone, radon…) et les pathologies allergiques ou respiratoires.» Plus de 600 000 taudis ont été recensés en France et près de 2,9 millions de personnes vivent dans des conditions précaires, dont 2,1 millions ne possèdent pas d’eau courante, de WC intérieurs, de douche, de moyen de chauffage ou de coin cuisine.

Pour le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, «il y a une aggravation du mal-logement qui touche avant tout les classes populaires». Et l’extrême pauvreté, qui avait diminué entre 1996 et 2002, est repartie à la hausse. «Le logement est le reflet des inégalités mais il est aussi accélérateur des inégalités», constate Christophe Robert.

Côté politique, si la fondation se félicite de «certaines avancées» comme le chèque énergie qui doit remplacer en 2018 les tarifs sociaux de l’électricité et du gaz pour les ménages modestes, elle constate que certains engagements politiques «ont été tout simplement reniés». Telle la garantie universelle des loyers, une des mesures phares de la loi Alur votée en 2014 puis abandonnée car jugée trop coûteuse. Quant à certains objectifs annoncés comme la construction de 500 000 logements par an, dont 150 000 logements sociaux, ils «sont bien loin d’être atteints», souligne le rapport.

Créé: 28.01.2016, 16h47

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