Mandela aurait eu 100 ans ce mercredi

Afrique du SudCinq ans après sa mort, «Madiba» a gardé son statut d'icône mondiale pour son combat contre le régime raciste blanc et son message de réconciliation.

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Des townships aux quartiers chics de Johannesburg, l'Afrique du Sud a salué mercredi l'héritage de Nelson Mandela, avec des hommages de l'ancien archevêque Desmond Tutu et de Barack Obama à l'icône de la lutte contre l'apartheid. Il aurait eu 100 ans ce 18 juillet.

Chaque année, le «Mandela Day», qui coïncide avec la naissance de «Madiba» dans le village de Mvezo (sud-est), est célébré dans la «nation arc-en-ciel» à coups d'actions caritatives et de discours.

«Agissez, inspirez le changement, faites de chaque jour un Jour Mandela», exhorte la fondation qui porte son nom. Pour le centenaire de sa naissance, elle a vu grand en invitant l'ancien président américain Barack Obama.

«La plupart des gens dans le monde se souviennent de Mandela comme d'un vieil homme avec des cheveux (blancs) comme les miens», a-t-il lancé mercredi devant quelque 200 jeunes réunis à Johannesburg pour une formation de leadership.

Mais «il a commencé à essayer de libérer son pays alors qu'il était encore un très jeune homme. Il avait votre âge. Il m'a inspiré et je me suis lancé», a-t-il confié, appelant les jeunes à en faire autant. «Trouvez un moyen de ne pas vendre votre âme, mais vous devez toujours vous impliquer en politique», a-t-il vivement conseillé.

La veille, lors d'un discours dans un stade de Johannesburg, point d'orgue des célébrations en hommage à «Madiba», Barack Obama avait rappelé «la vague d'espoir qui avait déferlé dans le monde» à la libération de Nelson Mandela le 2 février 1990, après vingt-sept années derrière les barreaux.

Nouveaux billets

Quatre ans plus tard, sans effusion de sang après des décennies d'un régime raciste blanc, Nelson Mandela devenait le premier président noir de l'Afrique du Sud, poste qu'il a occupé jusqu'en 1999.

«Grâce à son sacrifice et son leadership résolu, et peut-être encore plus grâce à son exemple moral, Mandela (...) a personnalisé les aspirations des personnes dépossédées», a lancé Barack Obama, saluant, devant quelque 15'000 personnes, la mémoire d'un «vrai géant de l'Histoire».

Toute la nation sud-africaine s'est mise à l'heure Mandela, avec spectacles, expositions, compétitions sportives, publication de livres, impression de nouveaux billets à son effigie ou encore confection de gâteaux géants, distribution de couvertures et de bicyclettes.

Desmond Tutu, compagnon de lutte de «Madiba», a salué mercredi un homme «parfait exemple d'humanité». «Les principes qui ont conduit sa vie sont des principes universels d'amour, de justice, de respect des autres», a rappelé le prix Nobel de la paix de 86 ans, dans une vidéo diffusée par sa fondation.

«La chose la plus extraordinaire à propos de Mandela (décédé en 2013) était sa capacité à être comme le commun des mortels», a-t-il insisté, confiant toutefois avoir eu des dissensions avec lui.

«On n'était pas toujours d'accord», a-t-il expliqué, le sourire en coin. «Son style vestimentaire par exemple. Je lui disais qu'il devait porter un costume et une cravate pour les grandes occasions, au lieu de ses chemises colorées. Il m'avait répondu, dans un style bien à lui: 'Et cette critique vient d'un homme qui porte en public une chasuble violine !».

«Terre promise»

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa, protégé de Nelson Mandela, a célébré la mémoire de «Madiba» dans son village natal de Mvezo, où il a inauguré une clinique. Nelson Mandela «nous a conduits depuis la sauvagerie du conflit et de l'oppression vers la terre promise, une terre de liberté, démocratie et égalité», a-t-il salué.

Mais un quart de siècle après la chute de l'apartheid, le racisme attise toujours les tensions, la pauvreté persiste et l'économie patine en Afrique du Sud, pays le plus inégalitaire au monde selon la Banque mondiale.

Certains mettent en cause les successeurs de «Madiba» et la corruption qui a gagné le plus haut sommet de l'Etat, notamment sous la présidence de Jacob Zuma (2009-2018).

D'autres, plus rares, vont jusqu'à le traiter de «vendu» à la minorité blanche, qui détient toujours l'essentiel des leviers économiques du pays.

Ndileka Mandela, petite-fille de «Madiba», s'est indignée mercredi de ces prises de position. «C'est vraiment dégueulasse, surtout au vu des sacrifices qu'il a faits», a-t-elle estimé. «Je pense que lorsque des gens ne parviennent pas à résoudre leurs problèmes, ils s'en prennent à lui parce qu'il n'est plus là pour se défendre». (ats/nxp)

Créé: 18.07.2018, 08h32

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