Les manifestants affluent malgré les arrestations

AlgérieMassivement rejetée par les manifestants et sans candidat sérieux déclaré, la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire son successeur apparaît de plus en plus compromise.

Photo prise le 28 mai 2019 à Alger.

Photo prise le 28 mai 2019 à Alger. Image: AFP

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Les manifestants ont à nouveau défilé en nombre dans le centre d'Alger vendredi, malgré de nombreuses arrestations par la police. Ils scandaient leur refus du dialogue proposé par le chef d'état-major de l'armée.

Ce 15e vendredi consécutif de manifestations réclamant un changement de régime politique coïncide avec le dernier du mois musulman de ramadan, durant lequel la mobilisation n'a pas faibli malgré la fatigue due au jeûne quotidien, du lever au coucher du soleil.

En début d'après-midi, les rues du centre d'Alger étaient à nouveau noires de monde et l'imposant cortège s'étirait dans plusieurs rues autour de la brande poste, jusqu'à la place des Martyrs, à 1,5 km de là. D'autres rassemblements de grande ampleur ont lieu à Oran, Constantine et Annaba, 2e, 3e et 4e villes du pays, selon des journalistes locaux.

Rejet de la présidentielle

«Pas d'élections avec le 'gang'» au pouvoir, «Pas de dialogue avec le gang et le pouvoir», martelaient les manifestants, qualifiant d'«issaba» («gang») les dirigeants de l'appareil toujours en place, hérité de la présidence d'Abdelaziz Bouteflika, contraint le 2 avril à la démission par la rue.

Massivement rejetée par les manifestants et sans candidat sérieux déclaré, la présidentielle prévue le 4 juillet pour élire son successeur apparaît de plus en plus compromise.

Devenu le véritable détenteur du pouvoir depuis le départ de M. Bouteflika, le chef d'état-major de l'armée, le général Ahmed Gaïd Salah, a réclamé cette semaine des «concessions mutuelles» dans le cadre d'un «dialogue» dont il n'a pas défini les formes. Sans évoquer la date du 4 juillet, il a continué de réclamer une présidentielle «dans les plus brefs délais».

Le conseil constitutionnel doit se prononcer avant le 5 juin sur la validité des deux seuls dossiers de candidature déposés pour la présidentielle, mais il semble peu probable qu'ils remplissent les conditions requises, notamment les 600 parrainages d'élus ou les 60'000 d'électeurs. (afp/nxp)

Créé: 31.05.2019, 15h36

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