Manuel Valls dit qu'il «rassemble à gauche»

PolitiqueDans un entretien au magazine Society, le Premier ministre français admet toutefois des «erreurs».

Manuel Valls, ici au Portugal le 18 avril 2016, a donné un entretien au magazine Society où il estime qu'il «rassemble à gauche». (Jeudi 28 avril 2016 - Image d'illustration)

Manuel Valls, ici au Portugal le 18 avril 2016, a donné un entretien au magazine Society où il estime qu'il «rassemble à gauche». (Jeudi 28 avril 2016 - Image d'illustration) Image: Keystone

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Le Premier ministre français Manuel Valls estime qu'il «rassemble à gauche» et revendique sa légitimité à son poste de chef de gouvernement malgré son petit score à la primaire de 2011, tout en reconnaissant des «erreurs», dans un entretien au magazine Society diffusé vendredi.

«Si j'ai été nommé Premier ministre, ce n'est pas uniquement parce que j'ai de l'énergie ou que je devais "faire du Valls" pour reprendre les mots de François Hollande, mais parce que j'étais en phase avec ce qui venait d'être engagé» début 2014, affirme le chef du gouvernement dans cet entretien fleuve.

Alors que le journaliste lui rappelle ses 5% à la primaire socialiste, il répond: «Comment pouvez-vous dire cela ?». «On peut être minoritaire à un moment et se trouver plus tard en position de rassembler», justifie-t-il. «Et je rassemble à gauche, malgré ce que vous pensez».

La «question identitaire»

Défendant le fait que la gauche se pose la «question identitaire», qui sera selon lui au coeur du débat de la présidentielle de 2017, il regrette que «la gauche, trop souvent, n'a apporté de réponses qu'économiques et sociales». «Bien sûr il faut lutter contre la pauvreté, mais tous les débats, exacerbés parfois, qui traversent la société française, sur l'école, sur la place de l'islam, sur le voile, sur la jeunesse, interrogent profondément ce que nous sommes», détaille-t-il.

«Le "ni droite ni gauche" est dangereux», estime Manuel Valls, pour qui il faut «apprendre à gouverner autrement», alors que le Front national s'invitera probablement au 2ème tour de la présidentielle. Qu'il soit de droite ou de gauche, la manière dont le vainqueur «va devoir gouverner le pays sera forcément différente», dit-il, «il ne pourra pas faire comme s'il n'y avait pas eu cette élection».

A propos de la campagne à venir, il reconnaît qu'«il va falloir être capable d'expliquer que oui, sur certains sujets, nous avons changé, que ça ne correspond pas forcément à tel ou tel engagement». Il ajoute que François Hollande a gagné la présidentielle de 2012 «un, parce qu'il apparaissait comme celui qui pouvait battre Sarkozy», «deux, parce qu'il apparaissait crédible, notamment sur les questions économiques et budgétaires (...)».

La fracture de la société sous-estimée

Mais, juge le Premier ministre, «il faut être capable d'analyser sa propre action et reconnaître ses erreurs». Il en cite quatre dont «le moment et la façon de présenter la loi Travail», aujourd'hui contestée dans la rue. Il estime également que son camp a «sous-estimé à quel point la société française était fracturée». «Nous avons cru - pas moi - que la société était moins dure alors qu'elle était davantage sous tension», explique-t-il.

«C'est plus difficile d'être à gauche que d'être à droite, c'est plus difficile de gouverner quand on est à gauche parce qu'il y a en permanence une interpellation morale», analyse Manuel Valls, pour qui «une partie de la gauche» reste «mal à l'aise» avec l'exercice du pouvoir.

Il regrette enfin d'assister à «un moment politique très étrange: le débat a lieu au sein de la droite parce qu'il y a la perspective de la primaire, il a aussi lieu au sein de la gauche ou des gauches - procès en trahison, primaire ou pas, interrogation sur la candidature de François Hollande, etc - mais le débat n'a pas lieu entre la droite et la gauche ! C'est un comble ! Et le Front national prospère sur ce silence».

(afp/nxp)

Créé: 29.04.2016, 01h04

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