Marine Le Pen accueillie par des jets d’œufs

FranceEn visite en Bretagne jeudi, la candidate d'extrême droite a été prise à partie par une cinquantaine d'opposants.


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Au lendemain d'un débat télévisé d'une brutalité sans précédent, la campagne présidentielle française n'a rien perdu de son âpreté jeudi. Emmanuel Macron a porté plainte contre des rumeurs, tandis que Marine Le Pen a dû essuyer des jets d'oeufs.

Toujours largement en tête des sondages à trois jours du second tour, le jeune centriste pro-européen a reçu un soutien de marque, celui de l'ancien président américain Barack Obama, dans ce scrutin «d'une importance capitale pour l'avenir de la France et les valeurs que nous chérissons».

Les deux finalistes sont repartis sur le terrain jeudi, alors que la campagne s'achève officiellement vendredi à minuit. Marine Le Pen, qui devait aussi se rendre en Picardie, a été accueillie en Bretagne en début d'après-midi par des jets d'oeufs lancés par un groupe d'opposants. Emmanuel Macron a, lui, été vivement interpellé par des militants syndicaux à Albi (sud-ouest) sur la loi travail.

Au lendemain du seul débat de l'entre-deux-tours décrié pour sa virulence, l'entourage d'Emmanuel Macron a annoncé à l'AFP que le candidat avait déposé plainte contre X pour «faux, usage de faux et propagation de fausse nouvelle destinée à influencer le scrutin». Le parquet de Paris a ouvert dans la foulée une enquête préliminaire.

«J'espère que l'on n'apprendra pas que vous avez un compte offshore aux Bahamas...», avait glissé la candidate du Front national (FN). Cette accusation - concernant laquelle elle a reconnu jeudi matin ne pas «avoir de preuve» - était l'une des multiples attaques qu'elle a lancées mercredi soir.

Macron plus convainquant

Mme Le Pen y a qualifié son adversaire «d'enfant chéri du système», de «candidat de la mondialisation sauvage», «du communautarisme» et de «la guerre de tous contre tous». «Parasite», «grande prêtresse de la peur», a rétorqué M. Macron, l'accusant de prospérer sur la colère et la détresse des Français.

La confrontation télévisée, dernière grande occasion de convaincre les indécis, a marqué les esprits par sa violence et son manque de substance. Elle a été suivie par près de 16,5 millions de téléspectateurs, une audience en baisse par rapport aux dernières élections.

Alors que le conservateur Jacques Chirac avait refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen avant le second tour de 2002, M. Macron s'en est félicité: «On n'arrive pas à torde le cou à tous les mensonges, mais on en tue quelques-uns».

Selon un sondage d'après-débat, deux tiers des téléspectateurs ont trouvé le centriste plus convaincant, un tiers penchant pour Mme Le Pen - appréciation en phase avec les intentions de vote pour dimanche, à pondérer par la grande inconnue du taux d'abstention.

Débat «tiré vers le bas» par Le Pen

A droite, «ça n'était pas un débat d'idées (...), c'était un affrontement de personnes, presque un pugilat», a réagi Bernard Accoyer, secrétaire général des Républicains. L'ancien premier ministre Alain Juppé a déploré un débat «constamment tiré vers le bas» par les «mensonges» et l'«incompétence» de la candidate FN.

A gauche, nombreux sont ceux qui comme l'ex-Premier ministre socialiste Manuel Valls ont salué sa performance face aux «injures, violence, mensonges, approximations», appelant «ceux qui hésitent encore, ou veulent s'abstenir» à prendre «leur responsabilité».

Une pique à destination de la gauche radicale emmenée par Jean-Luc Mélenchon, qui refuse toujours majoritairement de choisir entre «peste et choléra».

Projet «incohérent»

François Hollande, l'impopulaire président socialiste sortant a estimé que le débat a révélé le projet «non seulement incohérent mais dangereux» de Marine Le Pen.

Le gouverneur de la Banque de France, François Villeroy de Galhau, a, lui, attaqué la proposition de Mme Le Pen, sans la nommer, de sortir de l'euro pour introduire une monnaie commune: «On entend avancer certaines hypothèses de double monnaie, avec retour à une monnaie nationale en parallèle d'une monnaie européenne: je me dois de dire que de telles hypothèses mettraient en danger la confiance dans la monnaie».

En écho de certaines critiques des partisans de Marine Le Pen, son père Jean-Marie, cofondateur du FN, a jugé que sa fille avait «manqué de hauteur».

La nièce de la candidate du FN, Marion Maréchal-Le Pen, a, elle, semblé avoir déjà intégré la défaite, estimant qu'un score de plus de 40% «serait déjà (...) une énorme victoire, qui nous positionnera à l'avenir comme la seule véritable opposition crédible face à ce parti socialiste mutant.» (afp/nxp)

Créé: 04.05.2017, 14h48

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