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FranceLe FN pourrait s'appeler «Rassemblement national»

Réélue dimanche à la tête du Front national, Marine Le Pen propose de rebaptiser le parti «Rassemblement national». Les militants devront donner leurs avis par courrier. Le résultat ne sera pas connu avant 6 semaines.

Marine Le Pen, réélue dimanche à la présidence du Front national (FN), a proposé à ses adhérents de rebaptiser le parti d'extrême droite «Rassemblement national». But: conjurer la méfiance tenace qu'il inspire auprès des autres formations et des électeurs.

Ce probable futur nom, dévoilé lors du congrès de la «refondation» à Lille, doit incarner la «dédiabolisation» que la dirigeante frontiste s'efforce de mettre en musique depuis qu'elle a pris il y a sept ans la succession de son père Jean-Marie Le Pen.

La nouvelle appellation, conçue parallèlement à une retouche des instances, doit être soumise à un vote des adhérents organisé par correspondance dans les semaines à venir.

«Un frein psychologique»

«Ce nom, Front national, est porteur d'une histoire épique et glorieuse (...) mais vous le savez, il est pour beaucoup de Français (...) un frein psychologique», a déclaré Marine Le Pen lors du discours de conclusion du congrès.

«A l'heure où la France vit une recomposition politique, il doit exprimer notre volonté de rassemblement», a-t-elle justifié, balayant ainsi le «front» vieux de 46 ans qui s'appliquerait davantage à un petit parti d'opposition qu'à une formation ambitionnant de gouverner.

A ce passage près, son discours n'a pas dévié de la ligne habituelle, avec des passages sur l'immigration accueillis par la salle aux cris «On est chez nous» et d'autres faisant l'éloge de l'enracinement, par opposition à ce que Marine Le Pen appelle le «mondialisme».

En quête d'un nouvel élan

Seuls 52% des adhérents approuvent le principe du changement d'enseigne, si l'on en croit les résultats - non vérifiables - d'un questionnaire réalisé en fin d'année dernière.

Au-delà de ce simple ravalement de façade, qui n'est pas encore acquis, la députée du Pas-de-Calais, en quête d'un nouvel élan, assure vouloir accomplir une «petite révolution». Il s'agit, a-t-elle dit, de faire du parti «un outil de conquête du pouvoir», mieux organisé, mieux préparé.

Nouveaux statuts

A cette fin, l'ex-candidate à la présidentielle a entrepris de transformer au moins en apparence l'appareil en faisant adopter de nouveaux statuts.

Le nouveau règlement, ratifié à 79,77% par les militants, se traduit par une refonte des instances internes et par la suppression de la présidence d'honneur, un titre taillé sur mesure pour Jean-Marie Le Pen. Ce statut était le dernier lien qui unissait la formation à son cofondateur, exclu en 2015 à la suite de déclarations polémiques sur la Deuxième Guerre mondiale.

Comité central renouvelé

Les membres du FN ont en outre renouvelé le comité central, devenu conseil national. Il sert à la fois de parlement de facto et de baromètre de popularité des hauts dirigeants. Le député Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen, et Steeve Briois, maire d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), sont arrivés respectivement premier et deuxième de ce sondage grandeur nature, comme en 2014, suivis par Nicolas Bay, David Rachline, Bruno Gollnisch et Julien Sanchez.

Le bureau politique, rebaptisé bureau national, a également été renouvelé dans sa composition, avec une place ménagée pour la plupart des cadres établis.

Manif anti-FN

Dans les faits, la «dédiabolisation» n'est pas allée à son terme, comme le montre la manifestation anti-FN qui a réuni dimanche environ 500 personnes dans le centre de Lille, selon la préfecture.

Un assistant parlementaire de Marine Le Pen, Davy Rodriguez, a par ailleurs été suspendu après la diffusion sur les réseaux sociaux d'une vidéo sur laquelle un homme pouvant lui ressembler profère des injures racistes.

Samedi, la venue de Steve Bannon, ex-stratège de Donald Trump, a suscité à distance l'ironie de Jean-Marie Le Pen, pour qui cet invité correspond mal à l'image d'un parti à l'image censément normalisée.

«Rien ne change vraiment», commentait un cadre du FN, tandis qu'un sondage Ifop pour le Journal du Dimanche montrait que seuls 39% des Français souhaitaient la candidature de Mme Le Pen à la prochaine présidentielle, soit un recul de deux points par rapport à septembre 2017, contre 61% qui ne la veulent pas.

ats

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