Passer au contenu principal

Ile MauriceLes Mauriciens ont voté dans le calme jeudi

Pas loin d'un million de Mauriciens étaient appelés aux urnes pour les législatives. L'enjeu principal est la reconduction ou non du premier ministre.

Le premier ministre mauricien sortant, Pravind Jugnauth, va-t-il obtenir la majorité populaire?
Le premier ministre mauricien sortant, Pravind Jugnauth, va-t-il obtenir la majorité populaire?
AFP

Les Mauriciens ont voté jeudi dans le calme pour un scrutin législatif à l'issue duquel le Premier ministre sortant, Pravind Jugnauth, espère obtenir l'onction populaire. Cela deux ans après avoir succédé à son père sans élection.

Les bureaux de vote ont fermé à 18 heures. Quelque 941'000 électeurs inscrits étaient attendus. A 15 heures, la participation était de 52,75%, selon la commission électorale. Le dépouillement commencera vendredi et les résultats devraient être connus en fin de journée.

Le scrutin s'est déroulé dans le calme. Mais un nombre inhabituel d'électeurs n'ont pas pu voter, ayant découvert devant l'isoloir qu'ils n'étaient pas inscrits sur les listes électorales. L'opposant Navin Ramgoolam s'en est inquiété. «Le nombre est beaucoup trop élevé. Ce n'est pas normal».

Caractère monarchique dénoncé

Depuis son indépendance du Royaume-Uni en 1968, l'île Maurice est l'une des démocraties les plus stables d'Afrique. Les précédentes élections en 2014 avaient été remportées par la coalition menée par Anerood Jugnauth. Ce cacique de la vie politique mauricienne, plusieurs fois Premier ministre et président de 2003 à 2012, est resté chef du gouvernement jusqu'en 2017.

Il a alors choisi de passer la main, son fils Pravind héritant du poste en tant que chef du Mouvement socialiste mauricien (MSM), le principal parti de la coalition au pouvoir. L'opposition avait dénoncé le caractère monarchique de cette succession et réclamé en vain de nouvelles élections. Deux ans plus tard, Pravind Jugnauth, 57 ans, espère avoir fait suffisamment pour convaincre les Mauriciens de le reconduire.

Bilan social

Il a mis en avant son rôle dans la modernisation des infrastructures publiques, symbolisée par la construction d'un métro, et son bilan social avec l'introduction d'un salaire minimum (215 euros par mois) et la revalorisation de la pension vieillesse. Pendant la campagne, l'opposition a continué de dénoncer les circonstances de l'accession de Pravind Jugnauth au pouvoir et les affaires qui ont coûté leur poste à plusieurs ministres et à la présidente Ameenah Gurib-Fakim.

L'ancien Premier ministre Navin Ramgoolam (1995-2000 et 2005-2014), dont le père, Seewoosagur, avait lui-même été chef du gouvernement entre 1968 et 1982, avait ainsi déclaré vouloir libérer l'île «du joug du clanisme et de la corruption».

Trois blocs

Pour la première fois depuis 1976, ces élections ont mis aux prises trois blocs et non deux. Pravind Jugnauth est à la tête de l'Alliance Morisien (AM, centre droit) et Navin Ramgoolam, chef du Parti travailliste (PTr), dirige l'Alliance nationale, de centre gauche.

Seul non hindou à avoir été Premier ministre depuis l'indépendance, entre 2003 et 2005, Paul Bérenger avait décidé de faire cavalier seul avec son Mouvement militant mauricien (MMM), après avoir été allié à Navin Ramgoolam en 2014. Il n'est pas exclu que personne n'obtienne la majorité absolue et qu'une alliance doive être formée.

Mosaïque de peuples

Les électeurs devaient choisir 62 députés, dont 60 dans l'île principale, Maurice, et deux à Rodrigues, à 600 km plus à l'est. La Commission électorale doit ensuite nommer huit députés parmi les non-élus ayant obtenu les meilleurs scores, afin de rééquilibrer la répartition des sièges entre partis et communautés.

L'île Maurice est officiellement divisée en quatre groupes ethniques, selon la Constitution de 1968: les hindous - majoritaires -, les musulmans, les Chinois et la «population générale», composée essentiellement de métis dits créoles et de Blancs d'origine européenne.

L'île Maurice a connu une croissance de 3,7% en 2018 à la faveur du dynamisme des activités de construction et de services, surtout le tourisme et le secteur bancaire, alors que la production de sucre a diminué. Elle fait partie des pays les plus riches d'Afrique, avec un PIB par habitant de 10'500 dollars. Les activités financières représentaient 12% de ce PIB en 2018.

ats

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.