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La HayeMausolées détruits: 9 à 11 ans de prison requis

L'accusation de la CPI a requis mercredi une peine allant de neuf à onze de prison à l'encontre d'un djihadiste malien qui a détruit des mausolées à Tombouctou.

L'accusé, un touareg islamiste, avait plaidé coupable lundi de la destruction en juin et juillet 2012 de neuf des mausolées et de la porte de la mosquée Sidi Yahia.
L'accusé, un touareg islamiste, avait plaidé coupable lundi de la destruction en juin et juillet 2012 de neuf des mausolées et de la porte de la mosquée Sidi Yahia.
Keystone

Le touareg islamiste, qui a plaidé coupable lundi, est jugé pour avoir détruit en 2012 des mausolées à Tombouctou, ville du nord du Mali.

«Aujourd'hui, après deux jours d'audience et presque à la fin de ce procès, l'accusation requiert que la chambre veuille bien prononcer une peine qui reste dans cette fourchette de neuf à onze ans d'emprisonnement», a déclaré Gilles Dutertre, représentant de la procureure lors du troisième jour de ce procès historique.

Accusation et défense avaient annoncé à l'ouverture du procès lundi qu'Ahmad Al Faqi Al Mahdi s'engageait à ne pas faire appel si la condamnation est équivalente à la peine requise. Mais cet accord ne lie pas les juges, qui peuvent décider d'une peine allant jusqu'à trente ans de détention.

Comportement sans précédent

L'accusé avait plaidé coupable lundi de la destruction en juin et juillet 2012 de neuf des mausolées et de la porte de la mosquée Sidi Yahia, monuments classés au patrimoine mondial de l'humanité par l'Unesco. Cette peine reflète un «équilibre juste et appréciable entre l'effet dissuasif qu'elle doit avoir et l'attitude» de l'accusé, selon Gilles Dutertre.

Celui qui était alors à la tête de la Hisbah, la brigade islamique des moeurs, «a eu un comportement sans précédent devant la Cour: il a reconnu les faits, exprimé des remords appuyés et coopéré avec l'accusation», a ajouté le procureur.

Mais ce fils de marabout était le «chef d'orchestre» d'attaques visant à mettre fin aux prières et aux rites menés en ces lieux, contraires à la charia ou loi islamique, a rapporté Gilles Dutertre.

Spécialiste de la religion

Susceptibles d'être sollicités pour des mariages ou pour implorer la pluie, les personnages vénérés enterrés dans les mausolées valent à Tombouctou son surnom de «Cité des 333 saints». Ces érudits ont joué un rôle important dans la diffusion de l'islam dans toute la région ouest-africaine.

Enseignant puis directeur d'école, Ahmad Al Faqi Al Mahdi était un grand spécialiste de la religion d'Ansar Dine, un des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda ayant contrôlé le nord du Mali pendant environ dix mois en 2012 jusqu'à une intervention militaire internationale déclenchée par la France.

ats

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