May met en garde les députés, à 2 jours du vote

BrexitA deux jours de ce vote à hauts risques, la première ministre a de nouveau mis en garde contre les conséquences d'un rejet du Brexit.

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Les députés britanniques se prononceront mardi soir sur ce «Traité de retrait» de l'UE, âprement négocié durant 17 mois avec Bruxelles, mais dont l'adoption par la chambre des Communes semble très compromise en raison des multiples critiques dont il fait l'objet, dans les rangs des conservateurs de Theresa May comme des autres partis. Le texte déçoit tant les plus fervents «Brexiters», qui craignent un amarrage permanent du Royaume-Uni à l'UE, que les europhiles espérant encore pouvoir faire marche arrière.

A deux jours de ce vote à haut risque pour son propre avenir aux commandes de l'exécutif britannique, la première ministre a de nouveau mis en garde contre les conséquences d'un rejet dans une interview au journal dominical Mail On Sunday.

«Cela signifierait une grave incertitude pour le pays, avec un risque très réel de ne pas avoir de Brexit ou de quitter l'Union européenne sans accord», a-t-elle déclaré.

S'adressant plus particulièrement aux parlementaires tories prêts à enterrer le traité, la dirigeante a agité la menace de nouvelles élections législatives, et d'une éventuelle victoire de Jeremy Corbyn, le chef du Labour, principal parti d'opposition.

Encore un petit détour par Bruxelles?

«Nous avons un chef de l'opposition qui ne pense qu'à essayer de déclencher des élections générales, peu importe ce que cela coûterait au pays», a-t-elle dit. Mme May a ajouté que l'arrivée de M. Corbyn au pouvoir était «un risque que nous ne pouvons pas nous permettre».

Face à la perspective d'un échec cuisant mardi devant les Communes, la première ministre se préparerait à se rendre en urgence à Bruxelles pour tenter d'obtenir d'ultimes concessions, quitte à reporter le vote, rapportait le journal «The Sunday Times».

«Le vote aura bien lieu» mardi, a toutefois assuré le ministre du Brexit Stephen Barclay, envoyé dimanche au front sur le plateau de l'émission The Andrew Marr Show, sur la BBC, pour défendre l'accord.

«C'est un bon accord , c'est le seul accord», a-t-il martelé, usant de la maxime «le mieux est l'ennemi du bien» pour dénoncer les critiques visant le traité, qui a encore provoqué une nouvelle démission au sein de l'exécutif, celle de Will Quince, un haut responsable du ministère de la Défense.

Manifs à Londres

Dans une lettre à la première ministre publiée sur Twitter, le député conservateur fustige notamment le «filet de sécurité» prévu dans le traité, maintenant l'ensemble du Royaume-Uni dans une union douanière avec l'UE, ainsi qu'un alignement réglementaire plus poussé pour l'Irlande du Nord, si aucun accord sur la future relation entre Bruxelles et Londres n'est conclu à l'issue d'une période de transition de 21 mois après le Brexit, prévu le 29 mars.

Le débat sur l'accord faisait rage aussi dans les rues de Londres dimanche, avec une marche pro-Brexit menée par Tommy Robinson, une figure de l'extrême droite britannique, et soutenue par l'Ukip, le parti europhobe. «Theresa May, traîtresse», pouvait-on lire sur des pancartes de participants, tandis qu'une contre-manifestation avait lieu simultanément dans la capitale britannique.

Par ailleurs, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a déclaré dimanche sur Twitter s'être entretenu au téléphone avec la Première ministre britannique, Theresa May, à la veille d'une «semaine importante» pour le Brexit.

(ats/nxp)

Créé: 09.12.2018, 15h43

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