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AllemagneMerkel entendue sur le scandale Volkswagen

La chancelière doit s'exprimer mercredi devant une commission d'enquête parlementaire sur les émissions polluantes.

Nouvelle ère pour les constructeurs automobiles et les consommateurs européens : vendredi entre en vigueur un protocole d'homologation des véhicules neufs plus sévère, qui remplace un processus discrédité par le scandale des moteurs diesel truqués. (Mercredi 30 août 2017)
Nouvelle ère pour les constructeurs automobiles et les consommateurs européens : vendredi entre en vigueur un protocole d'homologation des véhicules neufs plus sévère, qui remplace un processus discrédité par le scandale des moteurs diesel truqués. (Mercredi 30 août 2017)
AFP
Dieselgate: le président d'auto-suisse François Launaz estime qu'il Il faut éviter d'empirer la situation avec des mesures d'interdiction. (15 août 2017)
Dieselgate: le président d'auto-suisse François Launaz estime qu'il Il faut éviter d'empirer la situation avec des mesures d'interdiction. (15 août 2017)
Keystone
Le PDG de Volkswagen America, Michael Horn, ne s'est pas embarrassé de périphrases en s'excusant pour le scandale des contrôles antipollution falsifiés. Il a admis que le géant allemand de l'automobile avait «complètement merdé» (mardi 22 septembre 2015).
Le PDG de Volkswagen America, Michael Horn, ne s'est pas embarrassé de périphrases en s'excusant pour le scandale des contrôles antipollution falsifiés. Il a admis que le géant allemand de l'automobile avait «complètement merdé» (mardi 22 septembre 2015).
Reuters
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Que savait le gouvernement allemand et quand a-t-il été informé du scandale Volkswagen? C'est à ces questions que devra répondre la chancelière allemande Angela Merkel mercredi devant une commission d'enquête parlementaire sur les émissions polluantes.

Lors de cette séance extraordinaire qui doit débuter à 14h00 locales (13h00 GMT), la cheffe du gouvernement sera auditionnée comme témoin dans l'une des plus grosses affaires de l'Après-guerre impliquant un fleuron de l'économie allemande.

Le géant aux 12 marques (Audi, Porsche, Skoda, etc) a truqué les moteurs de 11 millions de ses véhicules dans le monde pour les faire passer pour moins polluants. Une affaire révélée en septembre 2015 aux Etats-Unis, et qui a coûté très cher financièrement et en terme d'image à cette entreprise symbole de la puissance économique allemande.

Lors de la révélation de cette gigantesque tricherie, Mme Merkel avait cherché à temporiser, assurant notamment que si ce scandale était «dramatique», il n'aurait pas d'impact à long terme sur la réputation de l'industrie allemande.

Ne pas diaboliser

Elle avait également appelé à ne «pas diaboliser» l'ensemble du secteur automobile car cela mettrait «en danger des milliers et des milliers d'emplois en Europe». Les parlementaires veulent aujourd'hui faire la lumière sur ce que savaient les membres du gouvernement de ce scandale avant qu'il ne soit divulgué.

Créée à l'initiative de l'opposition (Verts et gauche radicale die Linke) mais composée aussi de députés de la coalition au pouvoir entre conservateurs (CDU-CSU) et sociaux-démocrates (SPD), la commission a en effet pour mission d'examiner les agissements depuis 2007 du gouvernement allemand, dirigé par Angela Merkel, face aux dépassements par les constructeurs automobiles du seuil autorisé d'émissions polluantes.

«Il y a de plus en plus d'indices suggérant que la chancellerie et la chancelière Merkel ont eu affaire au thème des oxydes d'azote bien avant 2015», selon le vice-président de la commission d'enquête, Oliver Krischer (Verts).

«Nous voulons aussi éclaircir le rôle joué par la chancellerie dans la législation européenne sur les émissions automobiles», avait-il aussi indiqué en décembre. «On attend de la chancelière des explications que ni le ministre en charge, (celui des Transports, Alexander) Dobrindt, ni le reste du gouvernement n'ont pu livrer jusqu'à présent», avait-il ajouté.

Les députés ont d'ailleurs déjà entendu en décembre l'ancien ministre de l'Economie passé aux Affaires étrangères, Sigmar Gabriel, qui affirme n'avoir rien su avant la révélation publique du scandale.

Deuxième audition

Pour la chancelière, il s'agit de sa deuxième audition devant une commission d'enquête parlementaire en quelques semaines puisqu'à la mi-février, elle avait été entendue dans le cadre d'une toute autre affaire, celle de la coopération entre les services de renseignement allemand et américain.

La ligne de défense de Volkswagen n'a pas varié d'un iota depuis plus d'un an : selon la firme, le directoire n'a été informé que «fin août, début septembre» 2015 de ce gigantesque trucage.

Entendu le 19 janvier par cette même commission, l'ex-patron de Volkswagen, Martin Winterkorn, avait balayé les accusations de dissimulation, affirmant n'avoir rien su avant que le scandale n'éclate.

L'affaire a valu au géant européen de l'automobile sa première perte annuelle depuis plus de 20 ans et l'a contraint à mettre de côté plus de 18 milliards d'euros pour faire face aux nombreuses poursuites et demandes de dédommagement.

Lourd tribut aux USA

Début janvier, le groupe a plaidé coupable de fraude aux Etats-Unis et accepté de payer près de 22 milliards de dollars au total pour contenter autorités, clients et concessionnaires dans le pays. Le même mois, les autorités américaines ont inculpé plusieurs employés et cadres de l'entreprise, et soupçonnent la direction de Volkswagen d'avoir été mise au courant de la tricherie dès l'été 2015.

En Allemagne, le parquet de Brunswick (nord) a ouvert une enquête pour «manipulation de cours», a reçu plus de 1400 plaintes d'actionnaires s'estimant floués par la communication tardive du groupe et réclamant plus de huit milliards d'euros de dommages-intérêts.

Le «dieselgate» a fait tache d'huile dans l'industrie automobile mondiale et mis au jour des pratiques répandues chez certains constructeurs.

AFP

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