Meurtre d'un chef indigène, l'ONU proteste

BrésilLe chef d'une tribu d'Amazonie a été retrouvé mort la semaine dernière. L'ONU dénonce l'exploitation minière de cette région.

Un membre de la tribu Waiapi.

Un membre de la tribu Waiapi. Image: AFP

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La Haut-Commissaire aux droits de l'homme de l'ONU a condamné lundi le meurtre d'un chef indigène dans le nord du Brésil, conséquence, selon elle, du développement de l'exploitation minière en Amazonie prônée par le président. Jair Bolsonaro met en doute l'assassinat.

Emrya Waiapi, chef de la tribu des Waiapi, a été retrouvé mort la semaine dernière, quelques jours avant l'invasion par une cinquantaine de mineurs (des «garimpeiros») du village de Mariry, dans l'Etat d'Amapa. Riche en or, en fer, en cuivre et en manganèse, le territoire Waiapi fait l'objet de nombreuses convoitises depuis des années.

Ce «meurtre (...) est un symptôme inquiétant du problème croissant de l'empiétement sur les terres indigènes - en particulier les forêts - par les mineurs, les bûcherons et les agriculteurs au Brésil», a écrit Michelle Bachelet dans un communiqué.

«La politique proposée par le gouvernement brésilien d'ouvrir davantage de zones de l'Amazonie à l'exploitation minière risque de conduire à des incidents violents, des intimidations et des meurtres comme celui dont a été victime le peuple Waiapi la semaine dernière», a-t-elle poursuivi.

Pas «d'indice fort»

Le président d'extrême droite Bolsonaro a une nouvelle fois défendu samedi l'exploitation minière en Amazonie, en soulignant la grande quantité de minéraux que recèle la région. Lundi, il a souligné qu'il n'y avait pas «d'indices forts» prouvant que le leader indigène avait été assassiné par des orpailleurs.

«Dans cette affaire, nous n'avons pour le moment pas d'indice fort que cet indigène a été assassiné. La police est sur place pour tenter de tirer tout cela au clair», a déclaré le chef de l'Etat à des journalistes, à la sortie du palais présidentiel de Planalto.

La police locale a ouvert samedi une enquête sur l'intrusion présumée d'un groupe d'orpailleurs illégaux lourdement armés au sein du village de Mariry. Le procureur Rodolfo Soares Ribeiro Lopes a expliqué lors d'un entretien à la Radio Nacional que les enquêteurs se penchaient sur «plusieurs théories». «Il est possible que le crime ait été perpétré par des orpailleurs, des chasseurs, voire même par d'autres indigènes», a-t-il souligné.

Pressions de mineurs

Les Waiapi vivent dans une zone reculée de l'Amazonie riche en or, manganèse, fer et cuivre. Mais depuis les années 1980, leur territoire a été délimité par les autorités pour l'usage exclusif des indigènes. «Je demande urgemment au gouvernement brésilien d'agir avec fermeté pour stopper l'invasion des territoires indigènes et pour leur assurer l'exercice pacifique de leurs droits sur leurs terres», a poursuivi la Haut-Commissaire.

Les membres des tribus de la forêt amazonienne font depuis longtemps face aux pressions des mineurs, des éleveurs de bétail et des bûcherons, mais les militants luttant pour leurs droits soulignent que les menaces à leur encontre se sont intensifiées depuis que M. Bolsonaro, qui défend les milieux d'affaires, est devenu président en janvier.

Le président Bolsonaro a également affirmé que l'orpaillage à petite échelle, connu sous le nom de «garimpo» au Brésil, pourrait être légalisé, «y compris pour les indigènes». «Ils devraient avoir le droit d'exploiter leur sous-sol (...) même si des ONG étrangères voudraient les voir confinés dans un zoo, comme des animaux préhistoriques», a ajouté le chef de l'Etat.

L'ONG Survival International a considéré les propos de M. Bolsonaro «stimulaient les orpailleurs illégaux et autres envahisseurs» des terres indigènes et s'apparentaient «à une déclaration de guerre contre les peuples autochtones». (ats/nxp)

Créé: 29.07.2019, 23h54

Plus de 160 défenseurs de l'environnement tués en 2018

Au moins 164 défenseurs de l'environnement se battant contre des projets miniers, forestiers ou agro-industriels ont été tués en 2018, selon le bilan annuel de l'ONG Global Witness. Selon ce rapport publié mardi, d'«innombrables» autres ont été réduits au silence à travers le monde par la violence, l'intimidation et l'utilisation ou le dévoiement de lois anti-manifestation.

Le pays de loin le plus dangereux l'an dernier pour ces militants et les leaders autochtones défendant leurs terres a été les Philippines, avec 30 meurtres, a indiqué l'ONG. La Colombie et l'Inde ont elles compté 24 et 23 morts en 2018. Avec 16 meurtres confirmés, le Guatemala est de son côté le pays avec le plus de morts comparés au nombre d'habitants.

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