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Meurtre de Daniel Pearl: peine de mort annulée

Un Britannique qui avait enlevé et décapité le journaliste américain en 2002 avait été condamné mort. Sa peine a été réduite à 7 ans de prison.

Daniel Pearl avait été pris en otage et assassiné à Karachi en février 2002 par des membres d'Al-Qaïda. Il travaillait alors pour le Wall Street Journal.
Daniel Pearl avait été pris en otage et assassiné à Karachi en février 2002 par des membres d'Al-Qaïda. Il travaillait alors pour le Wall Street Journal.
AFP

Un extrémiste islamiste britannique, condamné à mort pour l'enlèvement et le meurtre en 2002 du journaliste américain Daniel Pearl au Pakistan, a vu sa peine annulée par un tribunal du Sud du pays.

La peine capitale prononcée contre Omar Sheikh, également appelé Sheikh Omar ou Ahmed Saeed Sheikh, a été commuée en 7 ans de prison, une durée couverte par ses 18 années déjà passées en détention, a indiqué à l'AFP son avocat Khawja Naveed.

Saleem Akhtar, l'avocat général dans cette affaire, a confirmé à l'AFP cette décision prise par la Haute cour du Sindh (Sud), province dont Karachi est la capitale, ajoutant qu'il ferait appel «vraisemblablement dans les deux jours».

Le tribunal n'a pas encore émis d'ordre de remise en liberté, a observé Me Naveed. L'annulation de la peine a été dénoncée par le département d'État américain, qui a critiqué «un affront aux victimes du terrorisme à travers le monde».

Justice réclamée

«Les responsables du rapt et du meurtre haineux de Daniel doivent faire face à la justice», a également asséné sur Twitter Alice Wells, la responsable de l'Asie du Sud pour la diplomatie américaine.

Trois autres hommes, Salman Saquib, Fahad Nasim et Sheikh Adil, condamnés en juillet 2002 à la perpétuité pour avoir notamment envoyé des courriers électroniques revendiquant le rapt, ont tous été acquittés, a poursuivi Me Naveed.

Le quotidien américain «The Wall Street Journal», pour lequel travaillait Daniel Pearl, a déclaré dans un communiqué continuer «à demander justice pour (son) meurtre». L'association Committee to Protect Journalists (CPJ), basée à New York, s'est dite de son côté «profondément déçue» par cette décision et a appelé les procureurs à faire appel.

Décapité

Daniel Pearl, journaliste juif américain de 38 ans, avait disparu le 23 janvier 2002 à Karachi, après avoir informé sa femme Mariane, alors enceinte de six mois, qu'il allait rencontrer un chef islamiste. Il enquêtait sur les réseaux islamistes, alors très implantés à Karachi et susceptibles d'avoir des liens avec Al-Qaïda, le réseau d'Oussama ben Laden, quelques mois après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis.

Son enlèvement avait été revendiqué par une organisation méconnue, qui réclamait la libération des Pakistanais capturés par les États-Unis lors de la campagne militaire en Afghanistan ayant démarré en octobre 2001, dont la plupart étaient détenus sur la base de Guantanamo, à Cuba. Après un mois de doute, sa mort avait été annoncée par l'envoi au consulat américain de Karachi d'une cassette vidéo, montrant Daniel Pearl égorgé, puis décapité.

Fils de bonne famille

Sheikh Omar, militant islamiste alors âgé de 29 ans, dispose de la double nationalité pakistanaise et britannique. Fils de bonne famille né en Grande-Bretagne, où il a grandi et étudié, violemment anti-américain, il était considéré comme le cerveau de l'enlèvement par la justice pakistanaise.

Lors d'une première comparution après son arrestation, il avait, selon l'accusation, avoué être le commanditaire. Mais au cours du procès, il n'avait cessé de nier les faits. Le jour de sa condamnation, il avait menacé les autorités pakistanaises de représailles. «Nous verrons qui mourra en premier, moi ou les autorités qui ont arrangé ma condamnation à mort», avait-il écrit dans un message lu par un de ses avocats. Il avait ensuite interjeté appel. Mais son procès avait été ajourné à des dizaines de reprises.

L'armée pakistanaise avait indiqué en février 2016 avoir mis en échec un projet d'attaque impliquant plusieurs organisations extrémistes et deux voitures piégées pour le faire évader de la prison centrale d'Hyderabad, où il était détenu.

KSM coupable?

Une enquête indépendante menée pendant trois ans dans le cadre du «Pearl Project» avait toutefois déterminé en 2011 que la justice pakistanaise s'était fourvoyée, les quatre hommes condamnés pour l'assassinat de Daniel Pearl n'étant même pas présents lors de son exécution.

Selon Asra Nomani, une ancienne collègue et une amie du journaliste du «Wall Street Journal», qui avait dirigé cette enquête, c'est bien Khaled Cheikh Mohammed (KSM selon ses initiales en anglais), le cerveau autorevendiqué des attentats du 11 septembre 2001, qui l'a exécuté. «KSM», arrêté en 2003, est incarcéré dans la prison américaine de Guantanamo. Un psychologue qui l'avait interrogé a affirmé que le détenu lui avait confessé avoir décapité Daniel Pearl.

(ats)

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