Michèle Alliot-Marie mise en examen

FranceL'eurodéputée Michèle Alliot-Marie a été mise en examen pour «prise illégale d'intérêt» dans une enquête portant sur des mouvements de fonds suspects à Saint-Jean-de-Luz (sud-ouest).

Michèle Alliot-Marie.

Michèle Alliot-Marie. Image: AFP

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L'ex-ministre de la Défense française, qui a également occupé les ministères de l'Intérieur ou encore des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, est mise en examen dans une affaire de fonds suspects concernant des associations du sud-ouest de la France, dans une commune répondant au nom de Saint-Jean-de-Luz.

L'affaire remonte à 2012. A l'époque, la cellule antiblanchiment de Bercy réalise un signalement en raison de mouvements de fonds suspects entre l'office de tourisme de Saint-Jean-de-Luz et l'hôtel Chantaco, dirigé par son père, Bernard Marie, ancien député-maire de Biarritz.

Le parquet de Nanterre ouvre une information judiciaire quelques mois plus tard, en 2013, visant M. Marie mais aussi sa fille, maire de Saint-Jean-de-Luz de 1995 à 2002, et qui réside à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine.

Lors de l'instruction, les enquêteurs repèrent également des subventions versées chaque année par la mairie de Saint-Jean-de-Luz à une association, la Fondation du bénévolat, par le biais de l'office de tourisme.

Cette association a pour rôle essentiel l'organisation du Festival des jeunes réalisateurs de Saint-Jean-de-Luz, présidé par Bernard Marie, décédé en 2015.

Elle reçoit chaque année 25'000 euros (34'000 francs) de la part de la mairie. Hors entre 2009 et 2013, date de la dernière édition de ce festival, Mme Alliot-Marie était adjointe au maire, en plus de ses fonctions de garde des Sceaux puis de ministre des Affaires étrangères.

La justice lui reproche d'avoir subventionné une association travaillant pour son père, ce que contestent formellement ses avocats. «Sa non-participation aux votes n'a pas été notée sur les procès-verbaux des conseils municipaux», ont déploré Mes Christophe Ingrain et Rémi Lorrain, interrogés par l'AFP.

«On a versé à la procédure les attestations de cinq personnes affirmant qu'elle n'avait pas pris part aux votes, ont-ils ajouté, on est sur une irrégularité purement formelle, il n'y a aucun enrichissement personnel». Les deux avocats comptent contester la mise en examen de leur cliente devant la cour d'appel.

Le volet de l'enquête concernant les transferts de fonds entre l'office de tourisme et l'hôtel Chantaco a en revanche été abandonné, ont indiqué les avocats.

Le maire de St-Jean-de-Luz, Jean-François Irigoyen (LR), contacté par l'AFP, a jugé que cette affaire était de «l'histoire ancienne». «Depuis, les équipes ont changé. L'office du tourisme est maintenant géré par l'agglomération et non plus par la commune et le festival de cinéma», devenu le festival international du film de St-Jean-de-Luz, «a été repris en main par la mairie», a-t-il détaillé.

Des vacances controversées

Ce n'est pas la première fois que l'ancienne ministre de Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy est inquiétée par la justice. Elle fait l'objet d'une enquête en tant qu'eurodéputée pour abus de confiance.

Elle est soupçonnée, comme plusieurs de ses collègues de différentes formations politiques, de rémunérer avec des fonds européens des collaborateurs cumulant leur travail au parlement avec d'autres fonctions politiques.

Abonnée aux postes régaliens entre 2002 et 2011 (Défense, Intérieur, Justice et Quai d'Orsay) sous deux présidences différentes, sa carrière politique nationale avait subi un soudain coup d'arrêt en plein printemps arabe.

En février 2011, «le Canard enchaîné» révèle que Mme Alliot-Marie a passé des vacances en Tunisie pendant le soulèvement anti Ben Ali, en voyageant avec le jet privé d'un ami réputé proche du régime de l'ex-président tunisien.

Le scandale emporte «MAM», qui avait pourtant jusqu'ici survécu à plusieurs tempêtes comme le fiasco de l'affaire Tarnac, du nom de ce groupe d'ultra-gauche un temps soupçonné de terrorisme sans preuves probantes.

En 2016, l'ancienne ministre est épinglée par «Mediapart» pour avoir, en tant que ministre de l'Intérieur, «pris des mesures en faveur des casinotiers français», dont des associations liées à sa famille détenaient des actions.

La justice n'a pas été saisie dans ce dossier et l'entourage de Mme Alliot-Marie a toujours vigoureusement contesté ces accusations. (afp/nxp)

Créé: 26.02.2019, 16h05

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