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Migrants: Merkel menacée par une crise politique

Ultime réunion ce lundi dès 17 heures entre Angela Merkel et l'aile la plus à droite de sa coalition gouvernementale. A cœur de la crise: sa politique migratoire.

Le bébé d'une migrante africaine est né et mort pendant la traversée entre l'Afrique et l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'une embarcation de fortune. (Mercredi 8 janvier 2019) (Image d'illustration)
Le bébé d'une migrante africaine est né et mort pendant la traversée entre l'Afrique et l'archipel espagnol des Canaries, à bord d'une embarcation de fortune. (Mercredi 8 janvier 2019) (Image d'illustration)
AFP
Un navire garde-côte de la marine marocaine a secouru 70 migrants subsahariens en difficulté à bord d'une embarcation de fortune en Méditerranée. Il a repêché 7 corps. (16 décembre 2019)
Un navire garde-côte de la marine marocaine a secouru 70 migrants subsahariens en difficulté à bord d'une embarcation de fortune en Méditerranée. Il a repêché 7 corps. (16 décembre 2019)
AFP
Lundi, en ouverture du sommet de l'Union africaine (UA), le roi du Maroc Mohammed VI (ici lors d'un précédent sommet en janvier 2017) a plaidé pour une «vision africaine commune» à propos de la migration et fera des propositions en ce sens aux pays africains. (Lundi 3 juillet 2017)
Lundi, en ouverture du sommet de l'Union africaine (UA), le roi du Maroc Mohammed VI (ici lors d'un précédent sommet en janvier 2017) a plaidé pour une «vision africaine commune» à propos de la migration et fera des propositions en ce sens aux pays africains. (Lundi 3 juillet 2017)
AFP
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Angela Merkel et l'aile la plus à droite de sa coalition gouvernementale se réunissent lundi dè 17 heures à Berlin pour une ultime tentative de résoudre un conflit sur les migrants qui menace de faire tomber le gouvernement allemand.

Au centre du bras de fer: la politique de la chancelière à l'égard des demandeurs d'asile que le parti bavarois très conservateur CSU, membre de la fragile coalition gouvernementale mise en place en mars, veut à tout prix durcir.

Le président de cette formation et ministre allemand de l'Intérieur, Horst Seehofer, qui mène la fronde, a offert dimanche de démissionner de ses deux fonctions face à l'impasse, lors d'une réunion de la CSU qui a duré une dizaine d'heures à Munich. Avant, en fin de compte, de suspendre sa décision.

Dernière chance

«J'ai dit que je remettais les deux postes à disposition et que j'exécuterai cette décision dans les trois jours à venir», a-t-il déclaré dans la nuit de dimanche à lundi. Dans l'intervalle, des discussions de la dernière chance au plus haut niveau sont prévues lundi après-midi entre son parti et la formation de centre-droit de la chancelière (CDU) «dans l'espoir de trouver un accord», a dit M. Seehofer.

Le conflit porte sur le traitement des migrants arrivant en Allemagne mais déjà enregistrés dans d'autres pays de l'UE. Le ministre veut les refouler à la frontière, ce que refuse Angela Merkel pour ne pas créer «d'effet domino» en Europe.

Trois scénarios

Devant les cadres de son mouvement M. Seehofer a évoqué trois scénarios. Il indiqué qu'il pouvait soit céder à la chancelière et rentrer dans le rang, soit passer outre les objections d'Angela Merkel et imposer de son propre chef les refoulements aux frontières - ce qui entraînerait toutefois son limogeage et l'éclatement du gouvernement de coalition - ou enfin démissionner.

Et il a ajouté, selon des participants, que son choix s'était porté sur cette dernière option. S'il devait confirmer lundi son départ, les conséquences pour l'avenir du gouvernement allemand seraient potentiellement graves.

La question serait alors de savoir si le parti du ministre quitte lui aussi ou non la coalition. Dans pareil cas, la chancelière se verrait privée de majorité à la chambre des députés, avec sans doute à la clé des élections anticipées.

Le parti bavarois pourrait aussi se contenter de remplacer M. Seehofer, dont les relations avec Angela Merkel étaient devenues exécrables, par une personnalité plus à même de négocier un compromis migratoire avec la chancelière.

Merkel reste ferme

Il ne sera pas aisé toutefois lundi de trouver un terrain d'entente entre les deux formations longtemps alliées mais aujourd'hui largement ennemies. Angela Merkel reste en effet inflexible. Et elle a obtenu dimanche soir à Berlin le soutien quasi-unanime des instances dirigeantes de son parti CDU. Ces dernières ont dans une motion refusé toute décision «unilatérale» nationale pour refouler les migrants, comme celle que souhaite M. Seehofer.

Ce dernier conflit au sein du camp conservateur allemand sur les migrants a éclaté vers la mi-juin lorsque la chancelière a bloqué le projet de son ministre sur les refoulements de migrants. Mais il est en réalité quasi-permanent depuis la décision controversée prise en 2015 par Angela Merkel d'ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de candidats à l'asile.

Le parti bavarois CSU n'a cessé depuis trois ans de dénoncer ce choix et de peser pour obtenir davantage de fermeté en matière d'asile. Son offensive paraît surtout viser au-delà Angela Merkel elle-même, à qui l'aile la plus à droite du camp conservateur reproche de mener une politique trop centriste.

Le parti CSU est en outre aiguillonnée par la perspective d'élections régionales en octobre en Bavière, cruciales pour elle, où la CSU risque de perdre sa majorité absolue face à la poussée de l'extrême droite anti-migrants.

Merkel affaiblie

Le ministre de l'Intérieur avait fixé un ultimatum à début juillet à Angela Merkel, menaçant d'imposer ses refoulements aux frontières faute de mesures «équivalentes» au niveau européen.

Angela Merkel pensait pouvoir amadouer ce parti rebelle grâce aux mesures prises lors du dernier sommet européen pour réduire les flux migratoires. Mais Horst Seehofer les a qualifiées dimanche d'«insuffisantes».

Quelle que soit l'issue de la crise gouvernementale, Angela Merkel en ressortira forcément un peu plus affaiblie politiquement. Après presque 13 ans de pouvoir, elle est désormais ouvertement contestée en Allemagne sur sa politique migratoire et souvent critiquée à l'étranger, notamment en Europe de l'Est et par Donald Trump.

(ats)

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