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CoronavirusLes ministres divisés face au plan de sauvetage

Les pays du Nord de l'UE comme l'Allemagne, considèrent que le plan annoncé par la BCE est, pour l'instant, suffisant, tandis que l'Espagne, durement touchée, veut «un plan Marshall».

Photo d'illustration.
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Keystone

Les ministres des Finances de l'UE étaient réunis mardi soir en visioconférence pour tenter de s'entendre sur de nouvelles mesures coordonnées de soutien à l'économie face au choc engendré par le coronavirus, avec déjà des mises en garde de l'Allemagne contre toute attente déraisonnable.

L'épidémie due au Covid-19 a mis l'économie européenne à genoux, et l'Italie, particulièrement touchée, espère avec le soutien de la France et de l'Espagne une réponse massive de ses partenaires, dans un acte historique de solidarité financière.

«Nous devrons commencer à travailler sur un plan Marshall dès que possible», a affirmé la ministre espagnole de l'Economie, Nadia Calvino, avant la réunion. «Un plan pour qu'une fois la crise sanitaire résolue, l'Europe dispose d'un programme d'action pour que l'économie se redresse (...) dans les plus brefs délais», a-t-elle ajouté.

Nord moins chaud

Mais les pays du Nord, Berlin et La Haye en tête, estiment que la relance massive annoncée par la Banque centrale européenne (BCE), si elle est soutenue par des dépenses au niveau national, est pour l'instant suffisante.

«Notre objectif est d'ajouter de nouvelles lignes de défense à l'euro afin d'éviter que cette crise économique ne se transforme en crise financière», a expliqué le président de l'Eurogroupe, Mario Centeno, avant la réunion.

«Mon objectif est de présenter des solutions lors d'un sommet des dirigeants (européens) ce jeudi, en n'excluant aucune solution possible», a ajouté celui qui est également ministre portugais des Finances.

Cette division n'est pas nouvelle: les pays du Nord de l'Europe, plus vertueux en matière budgétaire, ont toujours observé avec méfiance les Etats du sud, qu'ils jugent plus laxistes, surtout depuis la crise de la dette de la zone euro.

Paris, Madrid ou Rome réclament depuis longtemps la création d'«euro-obligations», qui mutualiseraient les dettes des 19 pays ayant adopté la monnaie unique, afin de stabiliser la zone euro et de l'unifier un peu plus.

Cet appel a récemment été renouvelé par l'Italie, qui a proposé la création de «corona bonds», avec le soutien de la France, mais l'Allemagne a déjà balayé le retour de cette idée.

«Je ne peux que recommander de ne pas organiser un faux débat pour des raisons idéologiques, dans lequel chacun déterre sa solution préférée d'il y a cinq ou dix ans», a déclaré le ministre allemand de l'Economie, Peter Altmaier, à Berlin. «Ce serait une erreur, pour le moment, et nous ne l'accepterons pas», a-t-il ajouté.

Mécanisme de stabilité

Dans ce contexte, les ministres vont plutôt essayer de se mettre d'accord sur l'éventuelle mise à disposition de l'énorme fonds de sauvetage de la zone euro, le Mécanisme européen de stabilité (MES), afin d'aider les pays dans le besoin, en particulier l'Italie.

Le MES, qui dispose d'une puissance de feu de plus de 400 milliards d'euros, a pour principale fonction de sauver les pays qui perdent l'accès à l'emprunt - ce qui n'est pas le cas actuellement. Mais il peut également offrir une garantie de prêt aux pays qui le demandent, bien que l'Italie soit réticente à le faire toute seule, de peur de donner le signal aux marchés qu'elle manque d'argent.

Si les ministres parviennent à s'entendre sur le MES, ils proposeront cette solution aux dirigeants européens, qui se pencheront sur la question lors d'une vidéoconférence jeudi.

ats

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