Passer au contenu principal

Crash en IranLe missile a touché la cabine des pilotes

L'Iran a reconnu samedi avoir abattu «par erreur» le Boeing ukrainien. Une catastrophe assumée par le commandant de la branche aérospatiale iranienne.

L'Ukraine a déclaré samedi soir avoir reçu les excuses du président iranien Hassan Rohani pour le crash de son avion de ligne abattu par erreur mercredi près de Téhéran avec 176 personnes à bord, et la promesse de punir les coupables. Le président iranien a appelé son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky pour lui «présenter ses excuses» et lui promettre de «traduire en justice» les responsables de la catastrophe, selon la présidence ukrainienne.

Cabine de pilotage touchée

Selon Volodymyr Zelensky, ce sont notamment des découvertes «convaincantes» des experts ukrainiens dépêchés à Téhéran pour élucider les circonstances de la catastrophe qui «ont empêché de cacher la vérité».

Ces spécialistes ont très vite «trouvé des preuves montrant qu'il s'agissait d'un missile» qui avait touché la cabine des pilotes, notamment des «trous» percés par ses éclats, a affirmé dans une interview à la BBC Oleksiï Danylov, secrétaire du Conseil de sécurité et de défense nationale ukrainien.

«Nous ne pouvions pas le dire publiquement aussitôt» par crainte que l'Iran ne renvoie les experts, a-t-il assuré. «Nous savons très probablement le nom de ce missile, quand et à qui le pouvoir iranien l'a acheté», a-t-il encore dit.

«J'aurais préféré mourir»

Le commandant de la branche aérospatiale des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de l'Iran, a endossé samedi la «responsabilité totale» de la catastrophe.

Voici quelques extraits de sa déclaration diffusée par la télévision d'Etat.

«J'ai appris (la nouvelle du drame) alors que j'étais dans l'ouest du pays, après que l'Iran a tiré des missiles contre des bases», indique le général de brigade en allusion aux bases utilisées par l'armée américaine en Irak. Les tirs iraniens étaient en représailles à l'élimination le 3 janvier du général iranien Qassem Soleimani, tué dans un raid américain à Bagdad.

«J'endosse la responsabilité totale (de cette catastrophe) et je me plierai à toute décision qui sera prise.»

«J'aurais préféré mourir plutôt que d'assister à un tel accident.»

«Alerte guerre»

«La nuit de l'accident (...) l'état d'alerte était au niveau guerre. Cette nuit-là, nous étions prêts pour un conflit total», à cause des menaces américaines, dit-il.

A ce moment-là, «je considère (la guerre) probable (...) en raison de la présence de nombreux avions dans le ciel (du Moyen-Orient), des avions de guerre et quelques bombardiers» envoyés en renfort.

«C'est la conséquence de la malfaisance de l'Amérique, des tensions qu'elle crée dans la région et de ses actions.»

«Missiles de croisière»

«A plusieurs moments, le système (de défense) rapporte que des missiles de croisière ont été tirés en direction du pays et à une ou deux occasions, il est répété que ces missiles sont en route: soyez prêts!»

«Les systèmes (de défense) sont en état d'alerte maximale. Il n'y a qu'à appuyer sur le bouton.»

«10 secondes»

«Etant donné les informations qui lui ont été données sur le fait que c'est une situation de guerre et que des missiles de croisière ont été tirés, l'opérateur (du système de missile ayant abattu l'avion) identifie (l'avion) comme un missile de croisière.»

«Il était obligé de contacter (un échelon supérieur) et d'obtenir vérification (de la cible).»

«Là, il y a eu une erreur de l'opérateur. Mais son système de communication a apparemment été perturbé. Il y a peut-être eu un brouillage du système, ou le réseau était occupé. Quoi qu'il en soit, la conséquence est qu'il n'a pu contacter personne».

«Il avait dix secondes pour décider. Il pouvait décider de tirer ou de ne pas tirer.

Malheureusement, étant donné les circonstances, il a pris la mauvaise décision: le missile est tiré et l'avion est touché.»

«C'était un missile de courte portée qui a explosé près de l'avion. C'est ce qui explique que l'avion a pu» continuer de voler.

«L'un de nos (hommes) a commis une erreur et comme il est sous notre commandement (...) la responsabilité doit nous incomber. Nous sommes attristés (...) nous sommes désolés.»

«Malheureusement, à cause d'une décision prise à la hâte par une personne, cette grande catastrophe a eu lieu.»

AFP

Cet article a été automatiquement importé de notre ancien système de gestion de contenu vers notre nouveau site web. Il est possible qu'il comporte quelques erreurs de mise en page. Veuillez-nous signaler toute erreur à community-feedback@tamedia.ch. Nous vous remercions de votre compréhension et votre collaboration.