La moitié des sites naturels classés menacée

UNESCOLe WWF s'inquiète des dangers de l'activité humaine autour des sites classés comme les forêts de Madagascar, la réserve animalière en Tanzanie ou le récif de Belize.

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La moitié des sites du patrimoine mondial naturel sont menacés par des activités telles que l'exploration pétrolière et minière ou la déforestation, alerte le WWF. Parmi eux figurent les forêts de Madagascar, la réserve animalière en Tanzanie ou le récif de Belize.

«Sur les 229 sites naturels inscrits au patrimoine mondial, 114 sont concernés par des activités industrielles néfastes», écrit le Fonds mondial pour la nature (WWF) dans un rapport publié mercredi («Protéger les hommes en préservant la nature»).

Les conclusions du WWF sont plus alarmantes que celles du comité du patrimoine mondial de l'UNESCO, qui classe 18 sites naturels comme étant «en danger». «C'est vertigineux, nous essayons de lancer un signal d'alarme», a déclaré Marco Lambertini, directeur général de l'ONG. «Nous ne sommes pas opposés au développement, mais nous sommes contre le développement mal planifié».

«Entre autres activités néfastes qui sont souvent le fait de multinationales et de leurs filiales, on peut citer l'exploration et l'extraction pétrolière et gazière, l'exploitation minière, l'exploitation forestière illégale, la création de grandes infrastructures, la surpêche et la surexploitation des ressources en eau», résume le WWF.

Aucun continent épargné

Aucun continent n'est épargné par le classement du WWF qui appelle gouvernements et entreprises à agir en faveur d'un futur durable pour tous ces lieux exceptionnels.

L'UNESCO, qui a labellisé les sites après une demande émanant des Etats, n'a pas le pouvoir de contraindre les gouvernements à les protéger.

Un site retiré de la liste

En dernier recours, l'organisme onusien peut retirer le site de sa liste. Cela est arrivé une seule fois, à Oman, pour le sanctuaire de l'oryx arabe, un type d'antilope, qui a été au fil des ans envahi par les forages pétroliers et où le braconnage s'est développé.

Le rapport souligne qu'en plus de porter atteinte à un patrimoine ayant «une valeur universelle exceptionnelle», la dégradation de ces lieux pourrait «remettre en cause leur capacité (...) à apporter des bénéfices économiques, sociaux et environnementaux» aux quelque 11 millions de personnes qui en dépendent.

Barrière de corail, Galapagos...

Parmi les sites menacés, le WWF mentionne notamment la grande barrière de corail en Australie, la cité inca de Machu Picchu au Pérou, le parc national des Everglades en Floride, les îles Galapagos et les volcans du Kamtchatka, en Russie.

Les forêts tropicales humides de l'île de Sumatra (Indonésie) sont un exemple inquiétant. Le site comprend trois parcs nationaux abritant de vastes bassins hydrographiques qui fournissent de l'eau à des millions de personnes. Mais ces forêts sont menacées par l'exploitation forestière et des concessions (mines, pétrole, gaz), à ce stade non exploitées.

En Espagne, le parc national de la Donana, qui accueille chaque année des millions d'oiseaux migrateurs, a été victime en 1998 d'une vaste pollution par des déchets miniers (boues toxiques et eaux acides). En 2015, le gouvernement espagnol a de nouveau octroyé des droits d'extraction à une compagnie mexicaine (Grupo Mexico).

En Tanzanie, la réserve animalière de Selous fait face à plusieurs dangers: des activités minières et pétrolières de plus en plus nombreuses, la construction de routes et un projet de centrale hydroélectrique qui nécessiterait l'inondation de certaines zones.

Bonne gestion = revenus possibles

Parmi les sites marins, le récif de Belize, qui comprend sept zones protégées et intégrées à la plus longue barrière de corail du continent américain, est considéré en péril depuis 2009. La construction de stations balnéaires et de logements et l'exploitation pétrolière en mer ont endommagé des écosystèmes d'une richesse exceptionnelle.

A l'inverse, «un site du Patrimoine mondial peut devenir un levier de développement économique», fait valoir l'ONG. Elle cite en exemple la gestion du récif de Tubbataha aux Philippines (pêche, tourisme) ou celle du parc national du Chitwan au Népal, dont la moitié des recettes est reversée aux communautés locales. et menacés et 10 millions habitent à proximité. (ats/afp/reu/nxp)

Créé: 06.04.2016, 00h46

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