Monsanto aurait manipulé les médias et la recherche

Etats-UnisUn procès contre la firme fait état de stratégies de communication et relations publiques peu reluisantes. Vidéo.

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Des documents publiés mardi dans le cadre d’un procès à San Francisco contre Monsanto soulèvent des questions quant à la façon dont l'entreprise cherche à influencer les médias et la recherche scientifique.

Divulgués par une étude d’avocats impliquée dans le litige, ces documents montrent comment l’herbicide de la firme, le Roundup, suscite le débat au sein même de l’entreprise. Cet herbicide qui contient du glyphosate, une substance évaluée comme très dangereuse par une agence onusienne, est le plus répandu au monde. En Suisse, le Conseil national a rejeté en mars dernier une demande de réévaluation de la dangerosité et des autorisations accordées à cet herbicide.

«Pas éthique»

Dans un email datant de 2015 et adressé à un responsable de Monsanto, John Acquavella, un ancien employé de la société, exprime son inconfort concernant une étude financée par la firme et dans laquelle, il n’apparaît pas comme auteur. Il écrit: «On appelle cela du ghostwriting et ça n’est pas éthique (...). Je ne peux pas prendre part à une présentation ou une publication dont la paternité est trompeuse.» Monsanto a expliqué qu’il s’agissait d’un malentendu et l’ancien employé a dit que ses commentaires de 2015 n’avaient plus lieu d’être, que tout avait été résolu.

Dans un autre email datant de 2001, un scientifique de Monsanto exprime lui aussi des doutes quant au Roundup. Il explique: «Si quelqu’un s’adressait à moi et me disait qu’il aimerait tester le Roundup, je serais très inquiet.»

Conflits d'intérêts

Dans un email de 2003, un autre cadre de Monsanto écrit: «Vous ne pouvez pas dire que Roundup n’est pas cancérigène.. Nous n’avons pas réalisé les tests nécessaires sur la formulation du produit pour affirmer une telle chose.» Néanmoins, plus loin le collaborateur de la firme conseille: «Nous pouvons simplement déclarer qu'il n'y a aucune raison de penser que Roundup pourrait provoquer des cancers.»

Un autre document montre que l’ancien rédacteur en chef de «Food and Chemical Toxicology», A. Wallace Hayes, était sous contrat avec Monsanto. Hayes avait notamment retiré une étude capitale - et hautement dommageable pour Monsanto - qui montrait que le Roundup et le maïs génétiquement modifié pouvaient être à l’origine de cancers et de morts prématurées chez les rats. Hayes a expliqué qu’il n’était pas encore sous contrat avec Monsanto à cette époque, et que la firme avait commencé à le rémunérer qu’après qu’il ait quitté le journal. Monsanto a dit être choqué par la divulgation de ces documents. Il s’agit pour elle d’une violation de confidentialité visant à la discréditer et a promis qu’elle prendrait les mesures nécessaires pour se défendre. (nxp)

Créé: 02.08.2017, 15h17

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