Moscou accuse Erdogan de faire affaire avec Daech

Trafic de pétroleLes autorités russes affirment détenir la preuve que le président turc et sa famille sont impliqués directement.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan. Image: Reuters

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

«Mensonges! Calomnies!» Il est furieux, Recep Tayyip Erdogan. Le président turc et sa famille sont accusés par Moscou d’être directement impliqués dans le trafic de pétrole avec le groupe Etat islamique (Daech). Anatoli Antonov, le vice-ministre russe de la Défense, a lâché un pavé dans la mare ce mercredi devant plus de 300 journalistes, assurant détenir des informations impliquant «la classe dirigeante politique» à Ankara.

«Le principal consommateur de ce pétrole volé à la Syrie et à l’Irak est la Turquie», affirme le haut responsable russe. Or, «le fils du président turc est le dirigeant d’une des principales compagnies énergétiques (ndlr: Bilal Erdogan possède le groupe BMZ de travaux publics et de transport maritime) et son gendre (ndlr: Berat Albayrak) a été nommé ministre de l’Energie. Quelle merveilleuse entreprise familiale!»

Protecteur et fournisseur des terroristes?

Vladimir Poutine a déjà affirmé lundi à Paris que le pétrole de Daech est «acheminé massivement, de manière industrielle, vers la Turquie», générant des «millions et des milliards de dollars». Le maître du Kremlin accuse Ankara d’avoir abattu un bombardier russe le 24 novembre pour «protéger ces chemins d’acheminement».

Que reçoivent les djihadistes en échange? «Rien qu’au cours de la semaine écoulée, 2000 combattants ont rejoint les rangs de Daech et du Front Al-Nosra (ndlr: branche syrienne d’Al-Qaida) depuis la Turquie. Plus de 120 tonnes de munitions et 250 véhicules de différents types ont été livrés», assène Anatoli Antonov. Il promet de livrer bientôt des informations sur les itinéraires de livraison d’armes, de munitions et de composants d’explosifs en Syrie.

Trois itinéraires

Quid des itinéraires empruntés par le pétrole de Daech? Moscou en identifie trois, selon le site russe Sputnik. Par l’ouest, les convois de camions-citernes transportent de nuit les hydrocarbures produits dans les gisements proches de Raqqa, capitale du groupe Etat islamique en Syrie. Objectif: les ports méditerranéens d’Iskenderun et Dörtyol. Par le nord, l’or noir de Deir ez-Zor est emmené jusqu’à la raffinerie turque de Batman. Enfin, la production de l’est syrien et de l’ouest irakien transite par la ville turque de Cizre.

Depuis le début des raids aériens russes le 30 septembre, l’armée a détruit 32 complexes pétroliers, 11 raffineries, 23 puits de pétrole et 1080 camions-citernes, affirme encore Anatoli Antonov. Selon lui, Moscou a réussi à réduire de moitié le chiffre d’affaires annuel des activités pétrolières de Daech, passé de trois milliards de dollars à 1,5 milliard de dollars.

Curieusement, malgré l’offensive en règle lancée contre le clan Erdogan, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a annoncé ce même mercredi qu’il accepte de rencontrer son homologue turc Mevlüt Cavusoglu, sans doute ce jeudi ou alors vendredi.

Créé: 02.12.2015, 19h29

Articles en relation

Obama appelle à se focaliser sur «l'ennemi commun»

Conflit syrien Le président américain a rencontré à Paris son homologue turc Recep Tayyip Erdogan. Il souhaite contribuer à réduire les tensions entre Moscou et Ankara. Plus...

Poutine refuse de rencontrer Erdogan à Paris

Lutte contre l'EI La Turquie a demandé à la Russie de reconsidérer les sanctions économiques adoptées à la suite de cet incident. Plus...

Erdogan défend son engagement «incontesté» contre l'EI

Tensions russo-turques «La Turquie est quasiment le seul pays qui lutte sincèrement contre Daech», a affirmé le président turc qui met au défi la Russie de prouver que son pays achète du pétrole à l'EI. Plus...

Ce qui se joue en Syrie pour la Turquie d’Erdogan

Stratégie L’affaire du bombardier russe abattu mardi par la chasse turque n’est qu’un épisode de plus dans la lutte d’influence que livre Ankara pour défendre ses intérêts dans la région. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.