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RussieMoscou veut bloquer Telegram

Les autorités veulent bloquer la messagerie qui refuse de livrer aux services de sécurité russes ses clés qui donnent accès aux messages des utilisateurs.

La messagerie Telegram menacée par les autorités russes.
La messagerie Telegram menacée par les autorités russes.
Archive/photo d'illustration, Keystone

Le régulateur russe des télécommunications a saisi vendredi la justice pour demander le blocage de Telegram. La messagerie avait refusé de fournir aux services de sécurité russes (FSB) ses clés de cryptage permettant de lire les messages des utilisateurs.

Dans un communiqué, l'agence de régulation Roskomnadzor a indiqué avoir lancé une procédure auprès d'un tribunal de Moscou pour demander de «limiter l'accès» à Telegram. Fondée par le russe Pavel Dourov, la messagerie est réputée pour offrir un haut niveau de confidentialité.

Le 20 mars, cette même autorité avait donné 15 jours à Telegram pour fournir ses clés de cryptage. «Les menaces de bloquer Telegram s'il ne fournit pas les données personnelles de ses utilisateurs n'auront pas de résultats. Telegram défendra la liberté et la confidentialité», avait alors réagi sur Twitter Pavel Dourov.

L'avocat de la messagerie, Pavel Tchikov, avait de son côté expliqué sur son compte Telegram que les exigences des autorités étaient «inapplicables» du point de vue technique. En cause: le système très complexe de cryptage, selon lequel la messagerie n'a elle-même pas accès à certaines communications.

Mi-octobre, la justice russe avait condamné Telegram à une amende de 800'000 roubles (environ 13'000 francs) pour avoir refusé de coopérer avec le FSB. M. Dourov, qui a quitté la Russie en 2014 en invoquant des tensions avec les autorités, avait alors dénoncé une violation, selon lui, de la Constitution russe qui protège le droit au secret de la correspondance.

La messagerie avait déjà échappé à un blocage en juin après avoir accepté de fournir au régulateur russe des informations pour être intégrée au registre des diffuseurs d'information, ce qu'elle refusait auparavant. Telegram est connue pour offrir un niveau élevé de confidentialité et son utilisation par les mouvements djihadistes a régulièrement suscité la polémique ces dernières années.

(AFP)

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