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Les moudjahidin iraniens ont eu gain de cause

Un rapport de l’ONU réclame l’ouverture d’une enquête sur les massacres de 1988. A Genève, un survivant raconte.

Mostafa Naderi n'a de cesse de se battre pour témoigner de la répression orchestrée par le régime des mollahs au lendemain de la révolution.
Mostafa Naderi n'a de cesse de se battre pour témoigner de la répression orchestrée par le régime des mollahs au lendemain de la révolution.
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Il est l’un des rescapés des massacres commis par le régime iranien dans les années 80. Mostafa Naderi a survécu à la campagne d’épuration lancée au lendemain de la révolution contre les membres et sympathisants des Moudjahidin du peuple d’Iran (OMPI). A 56 ans, il continue à se battre pour que la vérité éclate.

Mostafa Naderi affirme que les mollahs ont ordonné l’élimination physique de 30'000 opposants politiques. Pendant des années, Téhéran a nié avoir procédé à une telle purge. La communauté internationale, elle, a mis du temps à prendre au sérieux les accusations portées par les membres d’une organisation d’abord jugée infréquentable. Mais l'époque où les moudjahidin étaient considérés comme des terroristes est loin.

Aujourd'hui, la légitimité du combat mené sous la bannière du Conseil national de la résistance iranienne (CNRI) n’est plus contestée par personne. Mieux, pour la première fois, l’ONU vient de publier un rapport qui dénonce les exécutions de masse commises au cours de l’année 1988 en Iran suite à une fatwa émise par le guide suprême. Dans un nouveau rapport remis le 6 septembre à New York, la rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme en Iran, Asma Jahangir, a réclamé l’ouverture d’une enquête indépendante. Son rapport confirme que des milliers de gens ont été tués et que certaines personnes dans les plus hautes sphères de l’Etat ont reconnu l’existence de ces exécutions.

«Quand vous croyez que vous allez mourir, vous ne contrôlez plus rien.»

«Cela fait vingt-neuf ans que nous attendons cela», soupire Mostafa Naderi. «Jusqu’à maintenant, les familles des survivants qui sont en Iran n’osaient pas parler de ces massacres. C’était tabou», poursuit-il. A en croire le CNRI, ce rapport serait une petite bombe. Il pourrait délier les langues et exacerber la curiosité de la génération née après la révolution. Rien qui vaille pour un régime aspirant plus que jamais à la stabilité pour jouir de son statut de puissance régionale. Les efforts déployés par le pouvoir iranien pour effacer les traces de ces massacres attestent de son embarras. Amnesty International vient d’ailleurs de lancer une campagne pour stopper la destruction de la fosse commune d’Ahvaz, dans le sud du pays, où sont enterrées des dizaines de prisonniers exécutés lors du massacre de 1988.

Si le rapport de l’ONU signe une victoire des moudjahidin, il n’efface pas les souffrances des survivants comme Mostafa Naderi. La détention l’a brisé. S’il n’a pas été exécuté avec ses camarades, c’est qu’il n’était pas dans sa cellule au moment de la rafle par les Pasdarans mais au dispensaire de la prison, dans le coma suite à un long séjour au cachot. Aujourd'hui, il vit avec des fantômes. Ses tortionnaires l’ont moralement anéanti en se livrant sur lui à un simulacre d’exécution. Un épisode dont il ne s’est jamais remis. «Quand vous croyez que vous allez mourir, vous ne contrôlez plus rien. Vous vous urinez dessus. Cela amusait mes gardiens», raconte-t-il. Le témoignage de Mostafa Naderi fait partie de ces centaines d’histoires compilées par le CNRI et portées à la connaissance des défenseurs des droits de l’homme et de l’ONU.

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