«Au Yémen, la situation humanitaire est dramatique»

Conflit oubliéUn million de personnes seraient atteintes du choléra. Le Comité international de la Croix-Rouge tire la sonnette d’alarme.

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Les chiffres font froid dans le dos: un million de cas de choléra, un enfant qui meurt toutes les dix minutes, 80% des habitants démunis… Depuis le début du conflit, il y a trois ans, le Yémen est confronté à la pire crise humanitaire de la planète. «Pas une seule famille yéménite n’est épargnée», regrette Iolanda Jacquemet, porte-parole, à Genève, du Comité international de la Croix-Rouge pour le Moyen-Orient. «Dans ce conflit, le droit international n’est pas respecté, les civils ne sont pas épargnés. Les stations d’épuration d’eau fonctionnent au ralenti, et comme les frontières sont fermées, il y a un problème pour importer du carburant afin de les faire fonctionner. Résultat, les eaux sont contaminées et deviennent un vecteur de maladies. C’est ce qui est à l’origine de l’épidémie de choléra. Mais ce n’est qu’un symptôme de la guerre: les Yéménites sont à la merci de toutes les épidémies. Aujourd’hui, on constate une résurgence de la diphtérie dans un pays où moins de la moitié des hôpitaux fonctionnent encore. Et les campagnes de vaccination ont été interrompues à cause de la guerre.»

Selon les ONG, il est désormais vital pour des millions de personnes que les belligérants permettent la réouverture des frontières et l’acheminement de l’aide humanitaire. Sinon, «il y a un risque de famine généralisée, prévient Iolanda Jacquemet. On parle de 450 000 enfants directement concernés dans un premier temps.»

Malgré cela, les bombardements de la coalition menée par l’Arabie saoudite se sont intensifiés contre les rebelles houthis. Et dans cette guerre par procuration que se mènent Téhéran et Riyad, aucune solution politique ne semble émerger. «C’est entièrement imputable à des causes politiques, des gouvernements irresponsables et des grandes puissances dont l’inaction renforce les belligérants dans leur sentiment d’impunité. Tandis que toute une population est prise en otage, la diplomatie semble avoir laissé tomber ses efforts», accuse Olivier De Schutter, ancien rapporteur spécial de l’ONU. Il faut dire que le conflit yéménite est quelque peu oublié, du fait de sa faible médiatisation: «Il est impossible pour la presse de s’y rendre, constate Iolanda Jacquemet. On n’a pas d’images, donc c’est un conflit dont on parle peu. Il aura fallu une terrible épidémie de choléra pour que l’on se soucie de nouveau du pays. Nous restons présents aux côtés des Yéménites, mais l’aide humanitaire ne suffit pas.»

Créé: 22.12.2017, 22h42

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