Le «Nobel alternatif» honore à Genève trois Saoudiens emprisonnés

Arabie SaouditeLes méthodes autoritaires du royaume wahhabite sont décidément sous le feu des projecteurs.

Les lauréats aux jours heureux. De gauche à droite: Abdullah al-Hamid, Waleed Abu al-Khair et Mohammad Fahad al-Qahtani.

Les lauréats aux jours heureux. De gauche à droite: Abdullah al-Hamid, Waleed Abu al-Khair et Mohammad Fahad al-Qahtani. Image: CC BY-SA 3.0/ Ahmed Al-Osaimi/ Right Livelihood Award

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Leur absence en dit très long. Trois Saoudiens manquaient à l’appel, ce lundi à Genève, lors de la cérémonie organisée à l’Institut de hautes études internationales et du développement pour honorer les lauréats du prix Right Livelihood, surnommé le «Nobel alternatif». Tous trois emprisonnés, Abdullah al-Hamid, Mohammad Fahad al-Qahtani et Waleed Abu al-Khair n’ont pas pu faire le déplacement, eux qui se sont vu décerner samedi à Stockholm 1 million de couronnes suédoises chacun (110 000 francs) «pour leurs efforts courageux et visionnaires exercés afin de réformer le système politique totalitaire».

À l’heure où le prince héritier Mohammed ben Salmane est soupçonné d’avoir ordonné l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi, le 3 octobre à Istanbul, il est utile de rappeler la banalité de la répression au royaume wahhabite. Ainsi, Abdullah al-Hamid et Mohammad Fahad al-Qahtani, deux universitaires, ont été condamnés en 2013 à – respectivement – 11 ans et 10 ans de détention pour «incitation au désordre en appelant à manifester» et «création d’une organisation non autorisée», l’Association pour les droits civils et politiques en Arabie saoudite (Acpra).

Quant à Waleed Abu al-Khair, il fut condamné en 2015 à 15 ans de détention pour «désobéissance à l’égard du souverain» et «nuisance à la bonne réputation de l’État par ses contacts avec les organisations internationales». Fondateur de l’Observatoire des droits de l’homme en Arabie saoudite (MHRSA), il s’était fait connaître par ses plaidoyers juridiques en faveur de militants saoudiens tels que Raif Badawi.

Les trois lauréats militaient pacifiquement pour les droits de l’homme, l’abolition de la tutelle pour les femmes, l’égalité de tous devant la loi et l’instauration d’une monarchie constitutionnelle.

«Il est honteux de réaliser combien les dirigeants du monde préfèrent s’aligner avec la famille souveraine d’Arabie saoudite plutôt que du côté des réformateurs courageux qui défendent la démocratie et l’égalité», a déclaré Ole von Uexküll, directeur exécutif de la fondation Right Livelihood Award. Et cela, au moment même où la Déclaration universelle des droits de l’homme célèbre ses 70 ans!

Le prix Right Livelihood a également récompensé la Guatémaltèque Thelma Aldana et le Colombien Iván Velásquez «pour les méthodes innovantes adoptées afin de dénoncer les abus de pouvoir», mais aussi le paysan burkinabé Yacouba Sawadogo «pour avoir converti en forêts des terres infertiles, prouvant qu’un usage novateur des savoir-faire locaux et indigènes permet aux paysans de régénérer leurs sols», ainsi que l’agronome australien Tony Rinaudo «pour avoir montré comment revégétaliser des terres arides, à grande échelle et pour un coût minime, améliorant l’existence de millions de personnes».

(24 heures)

Créé: 26.11.2018, 20h18

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