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En Afghanistan, le retour massif des réfugiés d’Iran fait craindre le pire

Fuyant l’Iran, des dizaines de milliers d’Afghans reviennent au pays. Une bombe à retardement sanitaire.

Sur un fauteuil en bois installé sur la pelouse, entouré – à distance – de deux responsables de sa communication, le gouverneur de la province de Hérat, Abdul Qayum Rahimi, tente de donner à l’entretien une atmosphère officielle. Impossible de recevoir à l’intérieur. Les réunions se font dans le vaste jardin qui entoure ses bureaux. Le thé, offert selon la coutume aux invités, est servi dans des gobelets en carton: les traditionnelles tasses en verre pourraient, si elles sont mal nettoyées, propager le coronavirus. «Nous sommes sur la ligne de front», commence sans préambule le dignitaire, l’air grave. La province de Hérat est en effet le premier foyer afghan du Covid-19.

Hérat, frontalière de l’Iran, accueille des taux record de migrants: plus de 100'000 rien qu’au cours du mois de mars. Des Afghans qui s’étaient réfugiés dans le pays voisin, fuyant la guerre et la pauvreté… Mais qui, depuis que l’Iran est devenu l’un des principaux foyers du coronavirus, s’empressent de rentrer dans leur pays d’origine.

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