Une application contre la police de la morale

Iran«Garshad» permet d'échanger des informations sur la présence des patrouilles qui contrôlent le respect des moeurs du pays. Mais l'activité de cette police est déjà en nette diminution.

Image tirée du dessin animé de promotion de l'application «Garshad».

Image tirée du dessin animé de promotion de l'application «Garshad». Image: DR

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«Vous chercher votre chemin sur une carte de la ville où vous habitez? Optez pour les rues où vous aurez le moins de risque de rencontrer une patrouille.» C'est avec ce slogan que des concepteurs anonymes ont mis à disposition des Iraniens une application leur permettant d'échapper au regard - et aux contrôles - de la police de la morale, chargée notamment de surveiller la bonne tenue vestimentaires des femmes. Lancée il y a une semaine, «Garshad» fonctionne sur la participation citoyenne, chaque utilisateur étant appelé à signaler la présence des patrouilles. Dans un dessin animé de promotion, on voit un policier taper du pied à côté de femmes voilées à un arrêt de bus, tandis qu'un utilisateur signale la présence de ce gardien de la morale.

Découvrez l'application en vidéo

«Pourquoi devrions-nous mériter des humiliations en lien avec les vêtements que nous portons? On a vu sur les réseaux sociaux des images et des vidéos où l'on voit des femmes se faire battre et traîner dans la rue par la police. D'où l'idée de créer Garshad pour lutter contre ces privations de liberté, sans prendre de risques», expliquent les promoteurs de l'application, sur leur site Internet. Aussitôt lancée, l'application a été censurée par les autorités, mais ses concepteurs, anonymes, ont trouvé des moyens pour la remettre à disposition.

Reste à sa voir si l'application, qui fonctionne pour l'heure sur Androïd, trouvera vraiment son marché. «Il aurait fallu que les citoyens bénéficient de cette application il y a quelques années, quand la présence de la police de la morale nous fatiguait vraiment», témoigne dans El País une étudiante, en expliquant que cette pression a nettement diminué depuis l'arrivée au pouvoir en 2013 d'Hassan Rohani. Si cette police est toujours présente, elle se montre aujourd'hui beaucoup moins harcelante que par le passé. «Ce qui préoccupe beaucoup plus les Iraniens, aujourd'hui, c'est la situation économique, l'emploi et la santé publique», ajoute une maîtresse d'école citée par le quotidien espagnol.

Mais selon les concepteurs anonymes de Gershad, cette réalité perdure. En 2014, près de trois millions de personnes ont reçu des avertissements officiels, 18 000 ont été poursuivies et plus de 200 000 ont été contraintes d‘écrire des promesses de repentance.

Créé: 17.02.2016, 11h45

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