À Baghouz, les derniers jours de l'État islamique en Syrie

ConflitLes forces kurdes sont sur le point de s'emparer du dernier territoire tenu par les djihadistes. Reportage.

Un combattant des Forces démocratiques syriennes observe le réduit du groupe État islamique à Baghouz dimanche 3 mars.

Un combattant des Forces démocratiques syriennes observe le réduit du groupe État islamique à Baghouz dimanche 3 mars. Image: AP/Andrea Rosa/Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La poche de Baghouz n'en finit pas de se vider. Chaque jour, des camions affrétés par les Forces démocratiques syriennes ramènent par centaines vers l'arrière du front les familles et les combattants de l'État islamique sortis du dernier bout de territoire contrôlé par l'organisation aux confins de la Syrie et de l'Irak. La dernière bataille contre l'EI a été pratiquement interrompue par cet exode imprévu. Près de 6000 personnes sont déjà sorties de la poche, et personne ne sait exactement combien il en reste.

Dans le désert semé de fleurs jaunes, les convois se succèdent en cahotant. Entassés à l'arrière des bétaillères, des hommes barbus enroulés dans des manteaux de berger ou des couvertures lancent des regards mauvais. La plupart des passagers gardent leur visage caché dans leur keffieh ou derrière leurs mains pour éviter d'être photographiés. Mais la majorité sont des familles, enfants gris de crasse perchés au-dessus des cabines, femmes vêtues de noir accrochées aux ridelles de leurs mains gantées ou bien assises avec leur bébé dans les bras, leurs yeux seuls visibles à travers les fentes de leur niqab. Au passage des camions, des soldats kurdes et arabes des FDS qui assiègent l'enclave font des V de victoire. Depuis l'arrière des véhicules, les évacués leur répondent avec des index dressés, signe de l'unicité de dieu et geste de ralliement des djihadistes, ou avec de simples doigts d'honneur. On entend parfois crier «Baquiya», «on se maintiendra» le slogan de l'EI.

La sinistre aventure d'un califat qui s'étendait, à sa proclamation en 2014, depuis les faubourgs d'Alep jusqu'à Mossoul s'achève dans ce désert aux confins orientaux de la Syrie. Le dernier réduit des djihadistes est ironiquement adossé au talus qui court le long de la frontière avec l'Irak. Sa destruction à coups de bulldozer avait à l'époque symbolisée l'abolition de la ligne dans le sable tracée en 1916 par deux diplomates britannique et français, sir Mark Sykes et François Georges-Picot.

Frontière refermée

La frontière s'est depuis refermée. Du côté irakien, l'armée de Bagdad et les milices chiites de mobilisation populaire al-Hachd al-Chaabi tiennent de nouveau les fortins frontaliers. Sur la rive droite de l'Euphrate, le régime de Damas a repris le contrôle de Deir ez-Zor et de l'ouest de la province. Fermant la nasse, les forces levées par les Kurdes syriens, renforcées de supplétifs arabes sous la bannière des FDS.

Outre les camions chargés d'évacuer les débris de l'État islamique, on croise d'autres convois, gros engins blindés aux roues énormes des forces spéciales américaines, développés pour résister aux mines et aux engins explosifs improvisés, voitures tout-terrain équipées d'antennes satellites et de brouilleurs sur le toit, qui foncent dans la poussière. À travers les fenêtres blindées, on aperçoit parfois des Occidentaux, habillés en civil ou en tenues militaires sans écussons.

Ils refusent d'être photographiés et de répondre à quelque question que ce soit. Chargés de coordonner les frappes aériennes, ils cherchent aussi à identifier les djihadistes les plus dangereux et les plus recherchés. Le calife autoproclamé al-Baghdadi a-t-il fui depuis bien longtemps, comme beaucoup de chefs de l'organisation, ou bien se trouve-t-il encore au milieu de ses fidèles?

Pas d’échappatoires

Le terrain n'offre guère d'échappatoires aux assiégés, survolés par l'aviation et les drones de la coalition internationale qui appuie les FDS. Pas de montagnes escarpées comme à Tora Bora, quand Ben Laden avait réussi à échapper aux combattants afghans et à la poignée de commandos américains qui les avaient acculés à la fin de la campagne en Afghanistan en novembre 2001. Pas non plus de grande bataille finale, comme lors de la prise de Mossoul dans la fournaise de l'été 2017, qui s'était achevée par l'ensevelissement des combattants de l'EI sous les ruines de leur capitale irakienne, le Tigre charriant les corps des prisonniers sommairement exécutés par les forces irakiennes. À la place, la partie syrienne du califat achève de se décomposer au terme d'une longue retraite le long de l'Euphrate, émaillée de féroces contre-attaques. Au milieu de leurs femmes et de leurs enfants, les djihadistes qui ont terrorisé la région pendant près de cinq ans sont retranchés dans une bourgade dépourvue du moindre intérêt stratégique ou eschatologique.

Visible à la jumelle, la dernière position de l'EI ne ressemble pas à un retranchement militaire. À l'est de Baghouz, ville agricole aux maisons cubiques éparpillées comme des boîtes à chaussures sur la rive du fleuve, on aperçoit quelques silhouettes dans un campement improvisé au milieu d'un terrain vague, tentes et bâches tendues entre des minibus et des voitures garées n'importe comment en plein champ. L'ensemble évoque un mélange de casse automobile et de festival en plein air après un orage de grêle.

«Ils ont créé un camp de réfugiés pour se protéger», dit Firaz Aqqaoui, un combattant des FDS qui assiège la poche. «C'est très cohérent. La présence de civils au milieu d'eux empêche les avions de les bombarder. Au milieu, ils ont creusé des tunnels et des abris souterrains où ils stockent leurs munitions, leurs vivres et leurs prisonniers. C'est ce qui leur permet de tenir encore.»

Firaz Aqqaoui est originaire de Manbij, ville sur la rive ouest de l'Euphrate reprise à l'État islamique par les FDS en 2016, et dont la chute a marqué le début de la fin pour la partie syrienne du califat. Maigre comme un lézard, une cigarette aux lèvres, un foulard noir noué autour du front, Firaz appartient aux unités levées par le Rojava et qui combattent depuis cinq longues années les djihadistes. La dernière bataille de l'EI n'est pas la plus dure qu'il a vécue. «Rien à voir avec les combats d'Hadjine, en décembre dernier», dit-il. Mais il ne pense pas que l'organisation soit brisée, ni militairement ni moralement. «Ceux qui restent là-dedans sont les pires. Ils n'ont plus rien à perdre. Tout ce qu'ils possèdent, leur argent, leurs familles, est maintenant dans cette poche. Ils se battent férocement. Ils n'ont plus de voitures suicides comme auparavant, mais ils ont encore beaucoup de mines et d'engins explosifs improvisés. Ils en posent un peu partout et ils nous laissent avancer. C'est comme ça qu'ils se défendent C'est aussi une guerre psychologique.»

«Idiots venus d’Europe»

«Ceux qui restent sont surtout des combattants étrangers et les enfants qu'ils ont endoctrinés, dont beaucoup sont maintenant des adolescents», ajoute-t-il. «Ce sont les plus fanatiques. Même ceux qui se rendent restent menaçants. Ils nous disent: “Pas la peine de vous réjouir, on reviendra!” On leur dit: “Revenez maintenant alors!” Mais ils sont encore dangereux, et leur idéologie n'a pas été vaincue», dit Firas.

Certains évacués disent s'être enfuis. D'autres que l'État islamique leur a dit de partir. Tous décrivent les conditions dantesques qui règnent dans cet étroit périmètre bombardé où s'entassent combattants, femmes et enfants en bas âge, blessés et cadavres. Les nuits sont glaciales et la nourriture pour les civils presque inexistante. «Nous étions obligés de manger de l'herbe, et ce n'est pas une façon de parler», dit en anglais une femme européenne voilée de noir qui refuse de dire son nom. Sortie la semaine dernière, elle raconte comment le Dawla («l'État», nom donné à l'organisation par ses membres) a conservé jusqu'au bout son organisation politico-militaire. «Il y a plusieurs classes de citoyens dans l'État islamique. La première est celle des chefs, presque tous irakiens, qui ne manquent de rien. Il y a ensuite ceux qui les servent, et qu'ils récompensent par des avantages divers. La troisième est celle des gens comme nous, les idiots venus d'Europe qui avions cru à l'État islamique et à la charia. L'EI, c'est comme sur le Titanic : pour les passagers de troisième classe, il n'y a pas de canots de sauvetage.»


Londres s’apprête à déchoir de sa nationalité une djihadiste de 19 ans


L'évacuation des civils et des blessés serait ainsi, classique dans l'histoire des sièges, une façon pour l'EI de se débarrasser de ses bouches inutiles. Les évacués de Baghouz sont d'abord emmenés en camion à plusieurs dizaines de kilomètres vers l'arrière, vers des centres de tris improvisés autour des fortins des Forces démocratiques syriennes. Dans le vent froid, sans abris ni vêtements chauds, ils sont des centaines, parfois des milliers, à attendre d'être triés, au milieu d'un désert semé de carcasses de véhicules et de motocyclettes, jonché de détritus, bouteilles de plastiques, couches culottes et excréments.

Les hommes sont mis à part. Alignés et assis au sol, ils sont interrogés et identifiés autant que faire se peut. Des informateurs, cagoulés ou bien coiffés d'une boîte en carton avec des trous aménagés pour les yeux, désignent les personnalités connues aux forces spéciales occidentales. Les femmes forment d'autres groupes, foule noire et sans visage, entourées d'enfants sales et affamés. Les cas de malnutrition sont évidents chez les bébés. Une autre catégorie est celle des orphelins, enfants hagards ou le regard dur, marqué de rides d'adultes. Les plus âgés ont peut-être combattu dans les rangs de Daech, enfants-soldats endoctrinés, et élevés dans la haine des kouffar, les mécréants.

Un dernier groupe fait l'objet d'une compassion particulière de la part des combattants des FDS. Une dizaine de petits garçons aux cheveux trop longs sont assis par terre, à l'écart de la foule. Ce sont des petits Yézidis enlevés par Daech lors de la conquête de leur région en août 2014 dans les alentours de Sinjar, du côté irakien de la frontière. Cette minorité religieuse kurdophone avait été vouée à la destruction par l'EI. Les hommes ont été massacrés, les femmes et les jeunes filles violées et vendues comme du bétail par les djihadistes dans de sordides enchères. Beaucoup des garçonnets ont été arrachés à leurs familles. Sur les quelque 6000 Yézidis emmenés en captivité, 3700 manquent encore.

Il n'y a ni tentes ni abris dans ce désert venté aux nuits glaciales. Les ONG étrangères ne sont pas là. Trop loin, trop dangereux. La seule assistance humanitaire est fournie par une singulière ONG américaine, les Free Burma Rangers. Fondée en 1997 à la frontière entre la Birmanie et la Thaïlande par un ancien ranger, Dave Eubank, et financée par des dons privés, cette petite organisation familiale est la seule en première ligne. Avec une vingtaine de volontaires, américains, birmans, kurdes et irakiens, accompagné de sa femme, de ses deux filles adolescentes et de son fils, Eubank organise la distribution d'eau et de couvertures colorées en matière synthétique aux évacués de Daech. «Dieu vous offre une deuxième chance, il vous offre la vie, saisissez-la!», leur dit-il en tenue militaire, chapeau de brousse sur la tête et pistolet au côté. Puis, mettant sa main dans celle de l'un de ses compagnons, il dit: «Prions!»

Désert et zones d'ombre

Dans ce désert plat où l'on voit à des dizaines de kilomètres à la ronde, les zones d'ombre sont pourtant nombreuses. La dernière bataille contre l'État islamique se déroule comme le reste de la campagne, entourée de mystères. Difficile de se fier à qui que ce soit dans cette guerre secrète. Les FDS encadrent étroitement les médias qui ne sont amenés que quelques heures par jour bien en retrait du front. Depuis plusieurs semaines leurs porte-parole annoncent la victoire prochaine. Sur la base d'Omar Field, champ pétrolier à moitié détruit par les bombardements, les préparatifs de la cérémonie de la victoire sont terminés: murs repeints de frais, décorés de peintures colorées représentant des blindés et des silhouettes de combattants, avec les écussons des unités engagées dans la bataille, et des stèles en l'honneur des martyrs tombés dans les combats contre Daech. Mais le nombre imprévu de civils a forcé les FDS à ralentir leurs opérations. Peut-être s'y ajoute-t-il aussi une réticence à risquer encore des combattants dans une bataille dont l'issue ne fait plus aucun doute, et aussi la vie des prisonniers encore détenus par l'EI?

Plusieurs centaines de captifs se trouveraient dans la poche de Baghouz, détenus par une organisation qui a toujours utilisé ses otages de façon cynique, soit pour les exécuter de façon spectaculaire, soit pour les rançonner. Outre les combattants des FDS prisonniers et les esclaves Yézidis, certains ont disparu depuis des années dans le trou noir de l'EI. Parmi eux, le père Paolo Dall'Oglio, jésuite charismatique, personnalité hors normes et défenseur acharné du dialogue interreligieux, vu pour la dernière fois le 29 juillet 2013 entrant volontairement dans le quartier général de l'EI à Raqqa pour tenter d'obtenir la libération d'otages syriens. Manque aussi John Cantlie, journaliste britannique enlevé en novembre 2012 et réapparu à plusieurs reprises dans des vidéos de propagande de l'EI où il jouait son rôle de reporter au service de ses geôliers. Manque encore une Néo-Zélandaise employée de la Croix-Rouge à l'identité restée secrète. Sont-ils encore vivants, gardés dans un souterrain en prévision d'un ultime marchandage? «Nous avons déjà réussi à libérer dix de nos combattants prisonniers», dit Mustapha Balli, le porte-parole des FDS, «nous savons aussi qu'il y a des captifs étrangers avec Daech, mais nous ne savons pas qui. On ne sait pas si Paolo ou Cantlie sont avec eux.»

Al-Hol, un Daech-ville

À deux cents kilomètres au nord de Baghouz, se trouve un autre campement de djihadistes. C'est une ville de tentes blanches peuplée de fantômes noirs qui s'étend sur une colline pelée à la sortie de la petite bourgade d'al-Hol. C'est dans ce camp que sont emmenés les évacués, après avoir été triés et enregistrés à leur sortie de la poche. Derrière les grilles festonnées de sacs plastiques, près de 43 000 personnes attendent qu'une décision soit prise sur leur sort. Détenus sans statut, prisonniers d'une entité non reconnue internationalement, ces réfugiés d'un genre particulier posent un problème humanitaire autant que juridique. Il y a parmi eux de nombreux Irakiens, mais aussi plusieurs centaines de combattants étrangers et sans doute plusieurs milliers de femmes et enfants ressortissants de divers pays occidentaux. Les autorités du Rojava demandent aux Européens de rapatrier ces djihadistes dont elles ne savent que faire et qu'elles n'ont pas les moyens de juger ou de détenir indéfiniment.

Le camp de al-Hol est une reconstitution miniature de l'État islamique, transporté depuis les tentes déchirées de Baghouz jusqu'à celles moins abîmées des Nations unies, sans ses armes et son appareil militaire, mais avec son idéologie parfaitement intacte. Dans les allées entre les tentes ou sur le petit marché improvisé, les femmes portent presque toute la grande abaya noire et le hidjab, à la mode saoudienne. Les regards croisés sont souvent hostiles. Et si la plupart des évacués ont tout perdu, on aperçoit des passantes avec des sacs à main de luxe ou de coûteux modèles de téléphones portables. Dans le camp s'est aussi reconstituée la Husbah, la police religieuse de Daech, dont les femmes étrangères qui en faisaient partie étaient particulièrement redoutées.

Le mensonge du cuisinier

C'est aussi un univers de mensonge et d'euphémismes. À écouter la plupart des femmes, leurs maris étaient presque tous réparateurs de motocyclettes ou cuisiniers, et n'ont rejoint l'EI que par hasard. Les femmes étrangères que les journalistes sont autorisés à rencontrer au compte-gouttes sont méfiantes à l'égard des médias. «C'est la loi de la jungle ici», explique une jeune Allemande. «Si les autres détenues entendent nos propos dans les médias occidentaux, elles nous traitent d'infidèles kouffar et tout devient alors permis contre nous.» La plupart se préoccupent de savoir si leur pays d'origine va accepter leur retour. Plutôt que d'exprimer des regrets d'avoir rejoint volontairement une organisation qui a semé la terreur, ou de montrer quelque compassion envers ses victimes, elles disent plutôt leur déception d'avoir été dupées. Comme des touristes victimes d'une publicité mensongère ou d'un voyagiste négligent, elles attendent à présent que les États dont elles sont les ressortissantes les tirent de ce mauvais pas.

Toutes racontent les épreuves qu'elles ont traversées, sans aucune mention du sillage de malheur que le califat a laissé derrière lui. Les souffrances de certaines sont pourtant bien réelles. De nombreux nourrissons sont morts de pneumonie ou d'affections non soignées. Les yeux embués dans la fente de son voile, une jeune Allemande dit son angoisse pour son bébé, une petite fille trop maigre pour ses quatre mois, qui vomit tout ce qu'on lui donne à manger. «J'ai demandé qu'on l'emmène à l'hôpital à Hassaké, mais personne ne semble se préoccuper de notre sort, dit-elle. On nous laisse mourir ici.»

Le camp, géré par le Haut-Commissariat des Nations unies, refuse de communiquer avec les médias. L'ONG américaine Blumont aligne des tentes, des réservoirs et des latrines aussi vite que possible pour héberger les évacués qui ne cessent d'arriver, mais personne ne semble capable de prendre de décisions d'urgence. «Les responsables des Nations unies sont nommés après accord du gouvernement de Damas», explique un employé du camp sous couvert de l'anonymat. «Ils préfèrent éviter les ennuis en se contentant de régler les questions logistiques.»

Cellules dormantes

La perte du dernier territoire sonne la fin du califat en tant qu'organisation politico-militaire. Mais comme en Irak, les militants de l'EI en Syrie sont passés dans la clandestinité. Dans le désert de l'autre côté de l'Euphrate se sont regroupés des débris de l'EI qui ont échappé aux batailles. À une centaine de kilomètres au nord-ouest de Baghouz, les FDS sont en territoire hostile. Dans les villages qui entourent al-Busayra, bourgades agricoles peuplées de tribus sédentarisées qui ont souvent collaboré activement avec l'EI, les femmes portent toujours le costume noir importé par les djihadistes. Dans ce secteur, les points de contrôle installés par les FDS ne sont tenus que pendant la journée et des cellules dormantes de l'EI lancent des attaques régulières. Motos et voitures piégées explosent au passage des convois.


«Privé de territoire, Daech sera affaibli. Pas anéanti»


Évacué de Baghouz, Taleb est un Irakien de 47 ans, originaire de Qaëm. Accusé de malversations, ce chaudronnier a passé quelques mois dans les prisons de l'EI, mais ne semble pas leur en tenir rigueur. «Il y avait la justice sous l'État islamique, tout était en ordre. Leur administration continue à fonctionner. Ne croyez pas qu'ils ont disparu. Leurs chefs se sont échappés, et ils vont continuer à travailler. En Syrie et en Irak, et dans toutes les villes du monde.»

Créé: 04.03.2019, 17h05

Articles en relation

Déluge de feu sur la dernière poche de l'EI

Syrie Le dernier bastion contrôlé par le groupe Etat islamique en Syrie était visé de toutes parts dimanche par les forces arabo-kurdes soutenues par la coalition internationale. Plus...

«Privé de territoire, Daech sera affaibli. Pas anéanti»

Syrie Les dernières poches tenues par les djihadistes en Syrie sont en train de tomber. Mais la menace persiste, selon Nicolas Hénin, ancien journaliste et otage de l’EI pendant dix mois. Plus...

En Syrie, avec les combattants kurdes

Moyen-Orient Les États-Unis envisagent de se retirer, laissant leurs alliés kurdes seuls face au risque d’une offensive d’Ankara. Reportage. Plus...

Chronologie

29 juin 2014

Les djihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EI) annoncent l'établissement d'un «califat islamique» après sa conquête de vastes territoires en Syrie et Irak.

5 juillet 2014

Abou Bakr al-Baghdadi, autoproclamé calife, appelle tous les musulmans à lui obéir.

Septembre 2014

La coalition internationale dirigée par les États-Unis lance, après l'Irak, ses premières frappes contre l'EI en Syrie.

26 janvier 2015

Les forces kurdes soutenues par la coalition chassent l'EI de Kobané.

13 novembre 2015

Les attentats, fomentés par l'EI en Syrie, font 130 victimes à Paris, dont 90 au Bataclan.

Mars 2017

La cité antique de Palmyre est définitivement reprise par le régime syrien et son allié russe.

10 juillet 2017

Le premier ministre irakien proclame la libération de Mossoul.

17 octobre 2017

L'EI perd Raqqa en Syrie.

15 janvier 2018

Un double attentat fait plus de 30 morts à Bagdad. L'EI a depuis revendiqué de nombreux attentats.

7 février 2019

La coalition internationale affirme que l'EI contrôle moins de 1 % de son «califat».

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.