Un cheikh prêche contre le chocolat

Irak Le dignitaire religieux demande ainsi à ses concitoyens d'économiser en raison de la crise économique.

En Irak, les barres de chocolat sont dénomées «Nestelleh», qui est devenu un nom générique.

En Irak, les barres de chocolat sont dénomées «Nestelleh», qui est devenu un nom générique. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les Irakiens se sont moqués sur les réseaux sociaux d'un religieux qui leur demandait dans un prêche de réduire leur consommation de barres chocolatées pour affronter la crise économique.

Lors de la prière hebdomadaire de vendredi à la mosquée de Bagdad, le cheikh Jalal Eddine al-Saghir s'en est pris à la gourmandise immodérée des Irakiens pour «Nestle», un terme générique pour les barres de chocolat prononcé «Nestelleh».

«Mes frères, les barres chocolatées ne sont pas nécessaires. Réduisez vos dépenses car vous pourriez être dans le besoin demain», a-t-il martelé.

Colère et indignation

Dans une vidéo de ce sermon, le religieux, qui a été député, suggère que les Irakiens pourraient économiser 70% de leur salaire s'ils faisaient plus d'efforts. Ces images ont fait le tour des réseaux sociaux, engendrant de nombreuses réactions allant de la colère à la dérision.

Nabil Jassem, un journaliste de renom et figure clé d'un mouvement de protestation qui avait émergé l'année dernière pour dénoncer la corruption et la faiblesse des services a posté un message vidéo.

«Non votre éminence, les bars de chocolat sont très nécessaires», a-t-il interpellé le cheikh.

«Nous n'avons pas mangé de barres chocolatées dans les années 1980, nous n'avons pas mangé de barres chocolatées dans les années 1990. Est-ce que nous sommes un peuple pauvre? Est-ce que notre Etat est un Etat pauvre?», s'est-il moqué.

Du pétrole mais pas de chocolat

L'Irak détient l'une des plus importantes réserves de pétrole au monde mais des années de corruption et de mauvaise gestion, combinées à la dégringolade des prix du brut, menacent de plonger le pays dans une situation d'insolvabilité.

Dans leurs commentaires sur les réseaux sociaux, les internautes pointent du doigt les millions alloués aux privilèges dont jouissent les hommes politiques irakiens, comme bénéficier de gardes du corps à vie pour les anciens députés.

Une barre de chocolat coûte environ 250 dinars (20 centimes de dollars) en Irak.

Un porte-parole du parti du Conseil islamique suprême irakien auquel appartient cheikh Saghir a lui aussi posté une vidéo en ligne.

«Quiconque s'attaque au cheikh Saghir va regretter un tel acte», a menacé Baligh Abou Gilal.

(afp/nxp)

Créé: 22.02.2016, 20h53

Articles en relation

Les «McChoco Potato» au chevet de McDonald's

Japon Après une série de scandales qui ont vu les clients déguerpir, la chaîne de fast-food espère rebondir avec ses frites au chocolat. Plus...

Barry Callebaut: ventes trimestrielles en hausse

Chocolat Evoluant sur des marchés difficiles, l'entreprise zurichoise a entamé de belle manière l'exercice décalé 2015/2016. Plus...

Lindt & Sprüngli accroit ses ventes de 7,9% en 2015

Chocolat Le groupe basé à Kilchberg (ZH) a également accusé des effets de change négatifs à raison de 5,6 points de pourcentage. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.