Des documents révèlent l’hyper-organisation du groupe Etat islamique

Moyen-Orient «Ministère» du pétrole ou des antiquités, mais aussi fatwas sur l’exploitation sexuelle des captives, Daech a tout prévu.

Image d'illustration d'un combattant de Daesh.

Image d'illustration d'un combattant de Daesh. Image: Reuters

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En dépit des graves revers militaires subis ces derniers jours - comme la perte de la ville de Ramadi en Irak ainsi que la mort d’une dizaine de ses dirigeants dans des bombardements alliés - le groupe Etat islamique (EI, Daech en arabe) semble encore bien loin de la défaite. Une des raisons de son extraordinaire résistance tient sans doute à l’organisation très pointilleuse et aux structures administratives et religieuses que Daech a mises en place sur tout le territoire du «califat» qu’il a instauré à cheval sur la Syrie et l’Irak.

Documents récupérés

Selon l’agence Reuters, qui l’a révélé mardi, c’est grâce à l’étude d’une grande quantité de documents, récupérés lors d’une opération des forces spéciales américaines en Syrie au mois de mai, que l’on commence à voir un peu plus clair dans le fonctionnement de Daech.

Pour les spécialistes qui ont étudié ces documents, l’image «administrative» de Daech n’a rien à voir avec celle d’une organisation clandestine. Bien au contraire. C’est ainsi qu’une série de diwan, sorte de ministères, gèrent aussi bien les ressources pétrolières que le commerce des antiquités.

Comment traiter les esclaves

Parmi les documents récupérés, plusieurs fatwas rédigées par des religieux expliquent et réglementent le comportement que les djihadistes doivent avoir avec les femmes capturées et réduites en esclavage. Il est par exemple interdit à un père et son fils d’avoir des relations sexuelles avec la même femme. Selon la fatwa 64 en date du 29 janvier 2015, un combattant ne peut pas avoir de rapports avec une mère et sa fille. En d’autres termes, s’il a des relations avec la fille, la mère lui est interdite.

Selon Aymenn al-Tamimi, spécialiste de Daech au Middle East Forum, interrogé par Reuters, «l’EI, très préoccupé par son image, fait tout pour apparaître comme un Etat. Avoir une organisation très formelle renforce cette image d’Etat que cherche à se donner Daech». Pour les militaires qui les ont étudiés, les documents saisis ont permis de mieux comprendre le fonctionnement de Daech et l’extraordinaire capacité dont l’organisation fait preuve dans le contrôle et la gestion des territoires qu’elle occupe. Inversement, la connaissance des rouages administratifs du "califat" a aussi permis de déceler ses points faibles. Notamment dans le secteur de la gestion des champs pétroliers, ce qui a permis de choisir avec soin certaines cibles.

Jalousie et rivalités

Enfin, aspect tragicomique de ces documents: ils révèlent que Daech n’échappe pas aux travers de n’importe quelle administration. C’est ainsi que des jalousies et des rivalités sont signalées dans certains diwan. Ou qu’un certain Abu Jihad al-Tunisi est traité de «simplet», incapable de gérer sa division du département des ressources naturelles.

Créé: 30.12.2015, 20h10

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