L’escalade qui rapproche Israël et Gaza de la guerre

Proche-OrientSalves de roquettes palestiniennes contre bombardements israéliens: la nouvelle confrontation est la plus grave depuis 2014.

Un habitant d’Ashkelon constate les dégâts causés par une roquette palestinienne qui a touché de plein fouet cet immeuble.

Un habitant d’Ashkelon constate les dégâts causés par une roquette palestinienne qui a touché de plein fouet cet immeuble. Image: REUTERS

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Après une nuit sans sommeil, des dizaines de curieux observent le trou béant qui défigure un immeuble à logements d’Ashkelon. «Notre gouvernement doit se réveiller. Il faut éliminer les leaders du Hamas!» lance Daniel Edri, un Israélien furieux, en pointant là où une roquette palestinienne de type Grad a terminé sa course, tard lundi soir. À l’intérieur du bâtiment, plusieurs pièces ont été soufflées par l’explosion. Jusqu’au dernier étage, où le corps d’un Palestinien, venu travailler dans cette petite ville du sud d’Israël, a été retrouvé sans vie sous les décombres.

«Un nombre phénoménal»

En moins de vingt-quatre heures, 460 roquettes ont été tirées depuis Gaza sur l’État hébreu, qui a répliqué avec force en bombardant 160 sites du Hamas et du djihad islamique. «C’est un nombre phénoménal. Du jamais vu depuis des années. Les factions palestiniennes ont voulu déjouer le Dôme de fer (ndlr: système de défense antimissile) en multipliant les tirs en peu de temps», explique le porte-parole de la police, Micky Rosenfeld. L’étincelle? Une opération ratée des forces spéciales israéliennes à Gaza dimanche, dans laquelle un commandant du Hamas a été tué. Le lendemain, un tir palestinien de missile guidé sur un bus israélien, blessant gravement un soldat, a relancé les hostilités.

Cessez-le-feu

Cette énième escalade tire peut-être sur sa fin. Les factions palestiniennes ont annoncé, mardi, avoir conclu un cessez-le-feu avec Israël, sous la médiation de l’Égypte. Encore faut-il qu’il soit respecté… C’est le souhait de Zachary Tzur, lui aussi résident d’Ashkelon. «On vit dans un champ de bataille. Je demande à Israël et au Hamas de s’entendre pour améliorer les conditions de vie des Palestiniens qui souffrent à Gaza», plaide cet Israélien, père de quatre enfants. Encore ébranlé de n’avoir eu que quelques secondes pour se réfugier dans son abri antibombe, son garçon de cinq mois dans les bras. Un privilège que n’ont pas les deux millions de Gazaouis. Six ont été tués dans des bombardements.

Des ambulances du Magen David Adom (l’équivalent de la Croix-Rouge) sont déployées dans tous les quartiers des localités riveraines de Gaza, où vivent 250'0000 Israéliens. Lors d’un appel, les services de secours sont sur place en moins de trois minutes. Dans les derniers jours, des dizaines de personnes ont subi des blessures mineures ou un état de choc. «Nous recevons des roquettes depuis des mois. Le fardeau psychologique n’est pas à prendre à la légère», soutient le porte-parole de l’organisation, Yonathan Yagodovsky. D’ailleurs, les sirènes d’alerte ont résonné toute la journée.

Pire que la guerre

«Ce que nous vivons, c’est pire que la guerre qui a un début et une fin», illustre le maire adjoint de Sderot, Elad Kalimi. Derrière lui, il ne reste plus que la structure calcinée d’une boulangerie. Des éclats d’obus ont déclenché un incendie alimenté pendant des heures par des bouteilles de gaz. «Je ne connais pas la solution idéale. Mais je veux un retour au calme pour offrir une vie normale à nos enfants», demande-t-il. Atara Orenbuch s’avance malgré une forte odeur de fumée. «Je m’attends à ce que le gouvernement réplique aux tirs des terroristes. Je ne partirai pas d’ici, c’est chez moi», souffle-t-elle.

La crainte des infiltrations

Encore plus près de la frontière, les rues sont désertes. Comme dans le kibboutz Kissoufim, où 270 habitants vivent à quelques centaines de mètres de Gaza. Des soldats israéliens patrouillent en renfort. Car il y a le risque des roquettes mais aussi celui des tentatives d’infiltration. Un résident, Benny Hasson, scrute l’horizon pendant que bourdonnent les drones de surveillance israéliens. Avant la première Intifada, raconte-t-il, «quatre bus de Palestiniens par jour venaient travailler chez nous». Soudainement, au loin, il aperçoit des mouvements inhabituels. «Ne restons pas ici, c’est dangereux d’être pris pour cible, s’alarme-t-il. Les temps ont bien changé.»

Créé: 13.11.2018, 23h10

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