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Le pape, médiateur entre le Qatar et ses voisins

Le souverain pontife qui doit se rendre en février à Abu Dhabi a été sollicité pour régler le problème des familles séparées.

Président du Comité national des droits de l’homme du Qatar et grande figure de l'autorité morale, la démarche d'Ali bin Samikh al-Marri suscite de l’espoir.
Président du Comité national des droits de l’homme du Qatar et grande figure de l'autorité morale, la démarche d'Ali bin Samikh al-Marri suscite de l’espoir.

Le président du Comité national des droits de l’homme du Qatar, Ali bin Samikh al-Marri, était à Genève ce mercredi pour remettre un nouveau rapport sur les conséquences du blocus imposé depuis juin 2017 par l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte sur la vie des populations locales.

Se retrouvant dans l’impossibilité de se déplacer, de nombreux couples se voient imposer une séparation. Des étudiants mais aussi des travailleurs étrangers se trouvent également pénalisés. Doha a vu dans la visite du pape François à Abu Dhabi du 3 au 5 février une nouvelle occasion de débloquer la situation. Les rapports avec les Émirats arabes unis (EAU) sont en effet particulièrement tendus.

Le 23 juillet dernier, la Cour internationale de justice a enjoint Abu Dhabi à ne plus faire obstacle à la réunification des familles qataro-émiriennes. «Cela a été demandé il y a six mois, mais les autorités se refusent de se plier à cette décision. Nous allons donc être contraints de passer à un autre stade. S’il le faut nous saisirons le Conseil de sécurité», prévient Ali bin Samikh al-Marri. En attendant, Doha se raccroche à l’espoir de voir la médiation papale aboutir.

«Sa démarche suscite de l’espoir parce que c’est une grande autorité morale au niveau international», se réjouit Ali bin Samikh al-Marri. Le Qatar et le Vatican n’ont jamais été aussi proches. L’activité diplomatique entre les deux États a redoublé d’intensité ces derniers mois. Pour répondre aux inquiétudes du Saint-Siège sur l’avenir des chrétiens d’Orient, cible de Daech et des groupes islamistes radicaux, Doha a même contribué dernièrement au financement d’une église maronite au Liban. Une démarche qui se veut aussi une réponse à ses voisins qui l’ont accusé de financer le terrorisme.

Pour le pape François qui se rend aux EAU pour participer à un dialogue interreligieux, aborder les problèmes de mauvais voisinage s’annonce délicat. La question sera d’ailleurs évoquée loin des micros et des caméras dans la plus grande discrétion. Le Saint-Siège a d’ores et déjà annoncé qu’il n’y aurait pas ou très peu de paroles publiques du pape durant ce voyage en terre d’islam. Les autorités qatariennes n’ignorent pas que cette médiation est à double tranchant, mais l’occasion était trop belle pour ne pas souligner de façon inédite «l’impuissance et l’absence de volonté politique» de la ligue des États arabes, de l’Organisation des États du Golfe et de l’Organisation de la conférence islamique à régler cette crise qui dure depuis plus de 18 mois.

«Malheureusement, les mécanismes nationaux, régionaux et internationaux n’ont pas fonctionné. Tous nos appels ont été ignorés», déplore le président du Comité national des droits de l’homme du Qatar. Et de constater: «Comme notre économie et notre souveraineté n’ont pas été atteintes, ils essaient de faire pression au travers de la population. Personne n’a le droit de prendre des innocents en otage. C’est une violation flagrante du droit international.»

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