En Syrie, «il n’y a que sang, carnage et ruines»

Moyen-OrientL’offensive du régime sur Alep se poursuit, chassant les civils vers la Turquie qui garde sa frontière fermée.

Les principales villes assiégées en Syrie.

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Entrée dans son dixième jour, l’offensive de l’armée syrienne dans la province d’Alep se durcissait encore mercredi. Soutenues par de très violents bombardements de l’aviation russe, les forces loyalistes épaulées par des combattants du Hezbollah libanais et des miliciens iraniens progressaient autour de la grande ville du nord, dont l’encerclement total pourrait n’être qu’une question d’heures.

Une perspective qui fait craindre le pire pour les 350'000 civils encore présents dans Alep. En effet, la tactique du siège, adoptée tant par les loyalistes que par les rebelles, touche désormais une bonne vingtaine de villes en Syrie et garderait prisonniers entre 500'000 et un million de personnes, selon les sources.

Des morts par centaines

Cela dit, la progression rapide des forces de Damas autour d’Alep aurait coûté la vie à plus de 500 personnes dont près de 80 civils et 23 enfants, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui dispose d’un large réseau de sources à travers le pays.

Par ailleurs, l’offensive de troupes pro-Assad a jeté sur les routes des dizaines de milliers de personnes qui cherchent à gagner la Turquie. Selon l’ONU près de 38'000 d’entre elles dont 80% de femmes et d’enfants se presseraient déjà le long de la frontière qu’Ankara garde hermétiquement fermée. Un seul point de passage, celui d’Oncupinar laisse filtrer au compte-gouttes quelques blessés, malades et convois d’aides.

Récits terrifiants

«Les enfants meurent sous les bombardements, de faim et de froid. Les gens sont sur les routes et n’ont nulle part où aller. Les frappes russes ont stoppé la vie à Tall Rifaat (ndlr, l’un des derniers bastions tenus par les rebelles) et dans d’autres villes. Il n’y a que sang, carnage et ruines», racontait mercredi à l’AFP Abdel Karim Bahloul un des rares réfugiés à avoir pu passer en Turquie.

C’est dans ce contexte, et sans doute pour expliquer pourquoi elle garde sa frontière fermée que la Turquie a annoncé la saisie par ses soldats de quatre ceintures explosives dans les bagages d’un groupe de réfugiés près de Karamis. Une agglomération proche de la frontière qui fait face à la ville syrienne de Jerablus, actuellement contrôlée par le groupe de l’Etat islamique (Daech, en arabe).

Hypocrisie dénoncée

Par ailleurs, le premier ministre turc – dont le pays, rappelons-le, accueille plus de 2,5 millions de réfugiés – a dit trouver «hypocrite que certains disent à la Turquie «ouvrez vos frontières» alors que parallèlement, ils ne disent pas à la Russie qu’assez, c’est assez».

Pendant ce temps, et alors que doit s’ouvrir ce jeudi à Munich une nouvelle réunion sur le conflit, l’opposition syrienne, par la voix de son coordinateur général Riad Hijab, a assuré qu’elle ne reviendra à la table des négociations que si les sièges de villes sont levés et les bombardements arrêtés.

Créé: 10.02.2016, 18h49

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