Les travailleurs migrants verront-ils leur sort s’améliorer dans le Golfe?

Esclaves modernesLes Emirats arabes unis et le Qatar annoncent des réformes du statut des travailleurs migrants. Les ONG réclament davantage.

Des ouvriers sur un chantier de construction dans le New District de Doha, Qatar.

Des ouvriers sur un chantier de construction dans le New District de Doha, Qatar. Image: ALESSANDRO DELLA VALLE/Keystone

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Sous pression des organisations de défense des droits humains, deux pays du Golfe ont coup sur coup annoncé des réformes concernant le statut des travailleurs migrants, actuellement soumis à des conditions dignes de l’esclavage.

La semaine dernière, le Qatar, pays organisateur de la Coupe du monde de football de 2022, qui avait promis des réformes, présentait une nouvelle réglementation. Elle prévoit qu’un travailleur étranger aura le droit de demander une autorisation de sortie au Ministère de l’intérieur – un ministère craint par tous les migrants – et s’il ne l’obtient pas dans les trois jours, il pourra faire recours. Les nouvelles dispositions stipulent aussi que le migrant pourra changer d’emploi à la fin de son contrat, alors qu’à l’heure actuelle il est contraint de quitter le pays pendant au moins deux ans.

Soumis à l'employeur

Les ONG dénoncent des «pseudo-réformes» qui n’entreront en vigueur qu’à la fin de 2017 et surtout n’abolissent en rien la kafala, ce système de parrainage qui soumet totalement l’employé à son employeur et prive les migrants de toute liberté de mouvement. 1,7 million de travailleurs étrangers sont actuellement soumis à ces conditions. Dans les faits, le migrant sera toujours soumis à autorisation de sortie de son employeur.

«Les promesses de réformes ont servi d’écran de fumée pour inciter les entreprises et les gouvernements à venir travailler au Qatar, qui construit des infrastructures gigantesques pour accueillir la Coupe du monde de la FIFA de 2022», dénonce Sarah Burrow, secrétaire générale de la Confédération syndicale internationale, qui suit de près ce dossier.

Salaires non-payés

Une réforme engagée aux Emirats arabes unis, où là aussi le système de la kafala prévaut comme dans tous les pays du Golfe d’ailleurs, est mieux accueillie par les ONG. Ce pays a décidé que dès janvier 2016 un travailleur étranger ne pourra plus être recruté par un employeur sans la signature au préalable d’un contrat agréé par le Ministère du travail et dont l’employé peut garder copie, qui stipule le montant du salaire, la nature du travail et la durée du mandat. Une évidence sous nos contrées, mais qui n’en est pas une dans les pays du Golfe, où le non-paiement des salaires promis et dus par les employeurs est un problème récurrent.

Dimanche, Human Rights Watch saluait cette nouvelle réglementation, tout en attendant de voir si les procédures permettant aux migrants de se plaindre seront mises en place. L’ONG regrette aussi que la réforme ne concerne aucunement les travailleuses domestiques, exposées elles aussi à de terribles conditions de travail.

Créé: 03.11.2015, 17h54

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