La vulnérabilité de l’or noir saoudien affole les marchés

PétroleLe brut s’est envolé de 20% lundi matin après des attaques sur des sites saoudiens. Du jamais-vu depuis la guerre du Golfe.

Des drones de la rébellion yéménite houthie ont touché samedi le plus important site mondial de transformation de brut, à Abkaïk, dans l’est de l’Arabie saoudite.

Des drones de la rébellion yéménite houthie ont touché samedi le plus important site mondial de transformation de brut, à Abkaïk, dans l’est de l’Arabie saoudite. Image: Capture d'écran/ Al-Arabiya Via AP

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Sur la planète pétrole, il y a encore l’Arabie saoudite et… le reste, en dépit de ce qu’assure le président américain à ses partisans à longueur de tweets. La preuve de ce qui aurait été, il y a dix ans encore, considéré comme un lieu commun a été donnée lundi par l’envolée brutale des prix mondiaux de l’or noir, quarante-huit heures après les attaques contre des sites pétroliers clés du royaume.

Lundi matin, le prix de référence du baril de brut s’est affolé de 20% sur le marché londonien, en passant brièvement le cap des 70 dollars en début de matinée. La hausse s’est ensuite interrompue, le baril se traitant en fin d’après-midi autour des 65 dollars – un niveau supérieur de 10% à celui affiché à la veille du week-end.

La crainte exprimée par les économistes reste évidemment que ce renchérissement, s’il venait à s’ancrer dans la durée, menace la croissance sur le Vieux-Continent en faisant notamment augmenter les prix à la pompe. En Suisse, la valeur du pétrole – et son acheminement – représentait au début de l’été environ 30% du prix de l’essence sans plomb 95 affiché dans les stations-service, soit 48 centimes par litre.

Le royaume paralysé

Il faut remonter à la période de la guerre du Golfe, en 1990-1991, pour retrouver un tel accès de fièvre. Le raid extrêmement précis de drones sur des installations de la compagnie pétrolière Saudi Aramco samedi a réussi en quelques minutes à perturber la production de près de 5,7 millions de barils par jour, soir près de la moitié de la production saoudienne.

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Les cibles sont symboliques. «Le site touché d’Abkaïk traite le brut extrait à Ghawar, un supergisement sans équivalent dans le monde», rappelle l’analyste John Plassard, dans une note diffusée par Mirabaud Securities. Soudain, les intervenants des marchés sur lesquels se fixe le prix du baril prennent conscience de la vulnérabilité des installations saoudiennes, des drones envoyés par la rébellion yéménite houthie pouvant à eux seuls perturber le rôle de l’Arabie saoudite sur la scène pétrolière.

Les marchés pris à revers

Cet affolement vient rompre avec le calme qui avait accompagné la mise en place – en novembre puis en avril derniers – du nouvel embargo américain visant à interdire à l’Iran toute vente d’hydrocarbures à l’étranger. La disparition de ces 2 millions de barils qui partaient chaque jour en direction de l’Asie et de l’Europe il y a un an encore n’aura jamais paru menacer l’approvisionnement mondial. Même si elle se doublait d’un inexorable déclin de la production au Venezuela. De même, en juin, les attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, liées à l’escalade des tensions entre l’Iran et les États-Unis – Téhéran a encore saisi lundi un navire soupçonné de contrebande – avaient à peine fait sursauter la valeur du brut.

La cause de cette indifférence? D’abord, le sentiment que la planète est loin de manquer de pétrole – d’autant moins si la croissance économique est vouée à ralentir. Un constat qui a encore pesé sur le prix du brut la semaine dernière. Ensuite, la conviction que le centre de gravité du pétrole mondial a basculé «de Riyad vers Houston», peu à peu ancrée dans les esprits ces dernières années. Il y a une semaine, l’Agence internationale de l’énergie confirmait que les États-Unis avaient ravi en juin à l’Arabie saoudite le rôle de premier exportateur mondial de brut, avec plus de 9 millions de barils quittant chaque jour le territoire américain. Il y a dix ans, ces quantités étaient inférieures à 2 millions de barils.

Crainte d’une escalade

«Nous n’avons pas besoin du pétrole et du gaz moyen-orientaux, et nous avons en réalité très peu de supertankers là-bas, mais nous aiderons nos alliés», a indiqué lundi matin la présidence américaine. Peu après, l’annonce de la mobilisation des réserves stratégiques américaines de pétrole pour pallier tout choc a interrompu l’envolée des cours du brut.

Mais l’incertitude quant à l’escalade géopolitique que pourraient provoquer ces frappes demeure. Et les propos de la coalition sous commandement saoudien qui intervient au Yémen contre les rebelles houthis, selon lesquels l’armement utilisé dans les attaques de samedi «est de provenance iranienne», laissent craindre un renforcement des tensions dans les jours à venir.

Créé: 16.09.2019, 21h36

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