«Nicolas Sarkozy est déjà un problème pour la France!»

FranceManuel Valls a désigné l’adversaire: Nicolas Sarkozy. La république et son sens sera le thème de la campagne présidentielle à venir. Reportage

Manuel Valls, maquillé et préparé comme pour un 20h TV, a donné un discours musclé qu'il voulait marquant. Il a été attaquant et très agressif: notamment envers Nicolas Sarkozy qu'il désigne comme l'adversaire du PS.

Manuel Valls, maquillé et préparé comme pour un 20h TV, a donné un discours musclé qu'il voulait marquant. Il a été attaquant et très agressif: notamment envers Nicolas Sarkozy qu'il désigne comme l'adversaire du PS. Image: Reuters

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Debout la salle applaudit Manuel Valls. Et lui d’enchaîner sur une Marseillaise. En une heure de discours, Manuel Valls dit l’essentiel de ce que sera la fin du quinquennat socialiste. Un cocktail dosé de volonté d’apaisement envers sa famille politique. Un cocktail molotov d’agressivité et d’intimidation envers ses adversaires. Le premier ministre français excelle dans cet exercice de combat.

C’était le moment attendu de ce 77e congrès du Parti socialiste à Poitiers. Un congrès par ailleurs anesthésié en termes d’enjeu. Puisque la procédure du vote des motions programmatiques en amont avait déjà plébiscité (60%) le texte, soutenu par le gouvernement, du premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis.

La crise d’identité française apparaît avec violence dans le discours de Manuel Valls. C’est le thème de la «république» et le sens que lui donnent la gauche et la droite. Une semaine après le congrès fondateur de Les Républicains de Nicolas Sarkozy, Manuel Valls le désigne en adversaire principal du PS. Et les mots sont durs envers l’ex-président de la république UMP.

«Faire de la politique, c’est élever le débat et non pas vociférer. Nicolas Sarkozy est déjà un problème pour la France!», n’a-t-il pas hésité à conclure sa diatribe contre le «trafic d’appellation», selon Manuel Valls, auxquels se livrent les ex-UMP en se rebaptisant Les Républicains

Un discours qui a plu aux militants socialistes. «Evidemment que nous devons affirmer ce qu’est la république», acquiesce Bertrand Masson, délégué de Meurthe-et-Moselle. Et de poursuivre: «Nicolas Sarkozy dresse les Français les uns contre les autres. Il dévoie les fondements même de notre pays. Ce n’est pas que du vocabulaire, c’est très important! Manuel Valls a raison de rappeler que l’égalité républicaine, c’est le PS !»

Et une Marseillaise…

Le final du discours, toute Marseillaise dehors, donne bien la tonalité de ces prochains mois qui montent vers la présidentielle 2017. La république identitaire sera dans toutes les bouches. «La France est à la hauteur de son rang dans le monde. Soyons fiers de nos soldats qui interviennent au Mali et ailleurs. Soyons aussi fiers du président de la république dont l’action est saluée partout dans le monde», entonne un Manuel Valls, martial par moments. Tout en inscrivant le propos dans une responsabilité vis-à-vis de l'esprit du 11 janvier et les manifestations Je suis Charlie.

«Il n’y a pas d’aventures personnelles, il n’y a que des réalisations collectives. Vous pouvez être sûrs de ma loyauté sans faille envers François Hollande», glisse encore Manuel Valls comme pour fermer la porte à toute hypothèse de sa participation à une primaire contre François Hollande. Le premier ministre veut faire la démonstration de ce rassemblement qu’il appelle – et hurle parfois – de ces vœux pour sa famille politique. «Le monde a besoin de la France et la France a besoin de la gauche. Soyez fiers d’être socialistes», martèle-t-il.

Qu’est-ce que la gauche au pouvoir?

La séquence convainc néanmoins à moitié. Car pour certains la question de la primaire à gauche, avec un président sortant, est un gadget pour sondeurs et pour d’autres, la question est de propos. «Hollande ou Valls? Les Français ont d’autres préoccupations. Le PS doit changer la vie des gens et passer des discours aux actes», tacle Marion Oderda, déléguée de Seine-St-Denis.

Ainsi si la majorité des déléguées disent leur volonté de rassemblement, mais attendent une inflexion vers la gauche de ce gouvernement auquel ils reprochent sa ligne trop sociale libérale. «Nous sommes des réformateurs», a assené Manuel Valls sans les rassurer. «Est-ce de gauche? Suffisamment de gauche? Ces questions reviennent à chaque fois que nous sommes au pouvoir. Nous devons être fiers de ce que nous avons réalisé», a-t-il poursuivi.

Les frondeurs vigilants

Et Manuel Valls de détailler les grands travaux, et les ministres qui les portent, pour mettre en mouvement la France. Le député de la Nièvre Christian Paul adhère mais nuance. «Manuel Valls a été très bon dans la défense et l’illustration de la politique qu’il mène au gouvernement. Je suis néanmoins déçu, car j’ai l’impression que la base n’est pas assez écoutée. Et les mécontents sommes aussi des réformateurs. Il y a d’autres voies à explorer!», glisse le leader des frondeurs qui joue, depuis deux jours, l’apaisement de l’aile gauche: «mais nous restons vigilants!»

Créé: 06.06.2015, 15h52

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