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Nicolas Sarkozy inculpé dans l'affaire Bygmalion

L'ancien président français était entendu mardi par les juges sur le financement illégal de sa campagne présidentielle 2012.

Reuters

Nicolas Sarkozy a été inculpé mardi pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012, dans l'affaire Bygmalion, a annoncé le procureur de la République de Paris François Molins dans un communiqué.

L'ancien chef de l'Etat a été entendu toute la journée par le juge d'instruction, qui soupçonne que ses comptes de campagne ont été truqués pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses de 22,5 millions d'euros.

Nicolas Sarkozy est déjà inculpé, depuis juillet 2014, pour corruption et trafic d'influence dans l'affaire dite des écoutes.

Cette nouvelle inculpation constitue un coup dur pour l'ex-chef de l'Etat sur la route de la présidentielle de 2017. Jusqu'ici simple témoin assisté, le président du parti Les Républicains a poursuivi sa stratégie politique, sans se préoccuper, du moins en apparence, des affaires judiciaires dans lesquelles son nom est cité.

Confiance perdue

Après le rejet de ses comptes de campagne par le Conseil constitutionnel au début de l'été 2013 (privant le parti du remboursement par l'Etat de ses frais de campagne), un «sarkothon» avait été organisé par l'UMP (devenue Les Républicains), alors présidée par Jean-François Copé, avec à la clé environ 11 millions d'euros (12,2 millions de francs) collectés auprès des nombreux sympathisants restés fidèles à l'ancien président.

Mais au fil des mois, depuis son retour en politique (fin 2014), la cote de confiance de Nicolas Sarkozy auprès des Français de droite s'est érodée. Toutefois, trois sondages de suite montrent, ces derniers jours, une hausse de sa popularité auprès des Français (de 1 à 5 points, de 30 à 37% d'opinions favorables).

Nicolas Sarkozy reste toutefois loin derrière Alain Juppé, son probable principal concurrent à la primaire de novembre 2016 (51 à 70%).

Pas encore officiellement candidat

Contrairement au maire de Bordeaux et à François Fillon, tous deux dans la course depuis plusieurs mois pour la primaire, Nicolas Sarkozy, boosté par les ventes de son dernier livre, «La France pour la vie» (près de 133'000 exemplaires selon l'institut GfK), n'a pas encore déclaré sa candidature. Certains de ses amis aimeraient qu'il accélère le tempo. Ce devrait être fait avant l'été, selon des Républicains. Dès qu'il le sera, il devra toutefois abandonner la présidence de LR, conformément aux statuts du parti.

Pour conforter sa position dans cette perspective, l'ex-chef de l'Etat a mis en place une stratégie par étapes, qui consiste à «pacifier» et «rassembler» le parti et proposer un «texte» d'orientation, appelé à se transformer en «projet collectif» des Républicains, reflétant «le seul intérêt de la France». Comprendre: un projet de gouvernement pour la droite, pas un programme au seul service d'un futur candidat.

Copé ne l'a pas raté

La troisième étape devait être sa déclaration de candidature. Peut-elle être contrariée par sa mise en examen de mardi? Jean-François Copé, que la justice n'a pas inculpé la semaine dernière, dans la même affaire, lui a asséné le coup de pied de l'âne. «Jamais je n'aurais imaginé être candidat si j'étais mis en examen», a lâché le désormais nouveau candidat à la primaire.

Inculpé ne signifie pas forcément procès ni condamnation. Nicolas Sarkozy aime rappeler que la même procédure, dans l'un des volets de l'affaire Bettencourt, s'est terminée à l'automne 2013 par un non-lieu, le libérant définitivement de cette affaire.

(AFP)

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