Le nombre d'armes nucléaires en baisse

NucléaireS'il y a de moins en moins de têtes nucléaires dans le monde, les pays qui en détiennent modernisent leur arsenal.

Un sous-marin nucléaire français, en décembre 2016.

Un sous-marin nucléaire français, en décembre 2016. Image: AFP

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Le nombre d'ogives nucléaires dans le monde a encore baissé durant l'année écoulée mais les pays détenant l'arme atomique lui donnent une «importance accrue» et modernisent leur arsenal, selon un rapport publié lundi.

Début 2019, les Etats-Unis, la Russie, la Grande-Bretagne, la France, la Chine, l'Inde, le Pakistan, Israël et la Corée du Nord détenaient environ 13'865 armes nucléaires, soit quelque 600 de moins que début 2018, selon les estimations du dernier rapport de l'Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri). Mais parallèlement ces pays modernisent leur arsenal et la Chine, l'Inde et le Pakistan en augmentent également la taille.

«Le monde connaît moins d'armes (nucléaires), mais plus neuves», résume pour l'AFP Shannon Kile, directeur du programme de contrôle des armes nucléaires au Sipri et co-auteur du rapport. La baisse de ces dernières années vient essentiellement des Etats-Unis et de la Russie - leurs arsenaux représentent plus de 90% des armes atomiques.

Nouvelle course aux armements?

Les deux pays remplissent ainsi leurs obligations découlant du traité New START qu'ils ont signé en 2010, qui prévoit un nombre limite d'ogives fonctionnelles et le désamorçage des vieilles ogives de la Guerre froide. Mais ce traité expire en 2021 et il n'y a «aucune discussion sérieuse en cours pour le prolonger», dans une période de fortes tensions entre les deux plus grandes puissances nucléaires, s'inquiète M. Kile.

En l'absence d'un nouveau traité, «il n'y aura plus aucun instrument limitant la course aux armements, avec par exemple l'envoi d'armes dans l'espace», avait prévenu début juin le président russe Vladimir Poutine, avertissant que «au-dessus de la tête de chacun de nous se tiendront des armes nucléaires».

«Jusqu'à présent, personne ne négocie avec nous», avait ajouté M. Poutine. Cette absence de négociations suscite aussi l'inquiétude chez les rivaux démocrates du président américain Donald Trump.

Huit membres du Congrès l'ont exhorté début juin dans une lettre à ne pas commettre une «erreur grave pour la stabilité stratégique et la sécurité» du pays, car si le traité expire, «la Russie sera en mesure d'accroître rapidement la taille de son arsenal nucléaire, forçant les Etats-Unis à mener une extension coûteuse et inutile» de son propre arsenal nucléaire.

Selon le centre de recherche Arm control Association, les Etats-Unis comptent 6550 têtes nucléaires, et la Russie 6850. «Dans la réalité actuelle, il n'y a pas la moindre chance de parvenir à quelque nouvel accord que ce soit», estime l'expert Alexandre Khramtchikhine, de l'Institut russe d'analyses politiques et militaires.

«Importance accrue»

L'année prochaine, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), considéré comme la pierre angulaire de l'ordre nucléaire mondial, aura 50 ans. Le nombre d'armes atomiques a radicalement baissé depuis le pic du milieu des années 1980, lorsqu' il atteignait presque 70'000.

M. Kile note néanmoins plusieurs tendances inquiétantes, comme l'accumulation d'armes nucléaires des deux côtés de la frontière indo-pakistanaise, qui renforce le danger qu'un conflit conventionnel dégénère en échange nucléaire.

Il existe également une tendance plus générale à donner «une importance accrue» aux armes nucléaires, avec un changement de doctrine stratégique, notamment aux Etats-Unis qui donnent un rôle plus important à ces armements dans les opérations militaires et les discussions sur la sécurité nationale, selon M. Kile. «Je pense que la tendance s'éloigne de là où nous en étions il y a cinq ans, lorsque les armes nucléaires étaient marginalisées à travers le monde», a-t-il estimé.

L'ancien secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon a récemment appelé les puissances nucléaires à «devenir sérieuses» sur le désarmement, et a pointé un «risque très réel» que des décennies de travail sur le contrôle international de ces armes finissent dans l'impasse après le retrait américain de l'accord international sur le nucléaire iranien.

Les efforts mondiaux de désarmement ont subi un autre revers cette année, lorsque la Russie et les Etats-Unis ont suspendu leur participation au traité de désarmement nucléaire INF portant sur les armes à portée intermédiaire (de 500 à 5500 km) signé pendant la Guerre froide, s'accusant mutuellement de le violer. (afp/nxp)

Créé: 17.06.2019, 01h36

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