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BrésilNouvelle pique de Bachelet contre Bolsonaro

Quelques jours après avoir froissé le président brésilien en parlant de rétrécissement démocratique, la Haute commissaire de l'ONU aux droits de l'homme en remet une couche.

Après ses déclarations de la semaine dernière, Jair Bolsonaro avait dénoncé «l'ingérence» de la Haute commissaire.
Après ses déclarations de la semaine dernière, Jair Bolsonaro avait dénoncé «l'ingérence» de la Haute commissaire.
AFP

La Haute commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet a lancé une nouvelle pique contre le Brésil lundi. Après sa passe d'armes avec Jair Bolsonaro, elle a dit à Genève que les «dommages des récentes semaines» en Amazonie pourraient ne jamais être connus.

Quelques jours après avoir déploré un «rétrécissement» démocratique depuis le début de l'année au Brésil, la Chilienne s'est dite «profondément inquiète par l'accélération drastique de la déforestation en Amazonie». Alors que le président brésilien revendique son soutien à l'industrie agroalimentaire dans ces territoires, elle a alerté sur les «pires effets» ressentis par les populations autochtones.

«Le bilan total et les souffrances provoquées ces dernières semaines en Bolivie, au Paraguay et au Brésil pourraient ne jamais être connus», a-t-elle affirmé à l'ouverture de la session du Conseil des droits de l'homme. Et d'appeler les autorités de ces trois pays à des politiques environnementales durables.

«Ingérence» dénoncée

Après ses déclarations de la semaine dernière, Jair Bolsonaro avait d'abord dénoncé «l'ingérence» de la Haute commissaire «dans les affaires intérieures et la souveraineté» du Brésil, «dans la ligne» du président français Emmanuel Macron.

Il s'en était ensuite pris personnellement à Mme Bachelet en faisant l'apologie de la dictature chilienne pendant laquelle le père de l'ancienne présidente était décédé sous la torture. La Haute commissaire elle-même avait subi avec sa mère de mauvais traitements en prison.

Dans son discours lundi devant le Conseil, Mme Bachelet s'est dite aussi écoeurée par les violences contre les défenseurs des droits environnementaux, notamment les attaques verbales contre la jeune activiste suédoise Greta Thunberg. Le réchauffement climatique constitue la plus grande menace pour les droits humains jamais observée, a-t-elle estimé.

Au début du Conseil, une minute de silence a été marquée par les participants en hommage aux victimes de l'ouragan Dorian. L'ambassadeur des Bahamas a lui salué les «dons généreux» promis à son pays et le soutien international.

Parmi les autres pays abordés par Mme Bachelet, la Haute commissaire a dit soutenir les appels à des investigations sur le recours excessif à la force de la police russe dans la campagne avant les élections locales qui ont eu lieu dimanche. Plus de 2500 personnes ont été arrêtées lors des manifestations en juillet et août. Cinq d'entre elles ont été condamnées à de la prison.

Gaza, Venezuela et Birmanie

Sur la bande de Gaza, Mme Bachelet a dénoncé la poursuite des violations des droits humains et du droit international humanitaire (DIH) par l'Etat hébreu. Le recours à des armes létales sans menace imminente peut équivaloir à des homicides intentionnels, a-t-elle rappelé. Une situation observée «dans la majorité des cas».

La Haute commissaire a déploré le décès de 13 manifestants depuis fin mars dans les protestations organisées une fois par semaine contre Israël. Ceux-ci s'ajoutent aux 189 de l'année dernière. Egalement depuis mars, 859 personnes ont été blessées, un chiffre en baisse par rapport à 2018. Et 45 membres du personnel de santé ont été affectés en tentant de soigner les manifestants.

Autre situation, la Haute commissaire a relevé que son bureau poursuivait des visites dans les prisons au Venezuela qui fait face à une crise politique et économique. Le gouvernement a honoré son engagement en libérant 83 détenus, a-t-elle ajouté tout en appelant à des investigations sur les cas de torture présumés. Elle a dénoncé des représailles contre certains défenseurs des droits humains.

De son côté, le chef du nouveau Mécanisme international d'investigations sur la Birmanie a expliqué devant le Conseil que celui-ci avait commencé vendredi dernier à récupérer les données de la Mission d'établissement des faits sur les violences dans ce pays. Ce dispositif doit faciliter la préparation de dossiers criminels sur les abus contre les Rohingyas.

Dans un rapport, la Mission d'établissement des faits a recommandé de poursuivre plusieurs hauts responsables de l'armée pour génocide. Nicholas Koumjian a expliqué qu'il se rendrait dans les prochains mois dans la région.

ats

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