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Nucléaire iranien: rien n'est encore gagné

Le chef de la diplomatie iranienne est revenu à Vienne après des consultations à Téhéran, sans toutefois dévoiler ses cartes avant une rencontre avec son homologue américain John Kerry.

Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)
Le président iranien Hassan Rohani a rejeté toute rencontre avec Donald Trump mercredi tant que les sanctions ne seraient pas levées. (Mercredi 25 septembre 2019)
Keystone
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)
Le président français Emmanuel Macron se démène pour organiser une rencontre entre e président iranien Hassan Rohani et Donald Trump. (Mercredi 25 septembre 2019)
AFP
En vue d'un accord historique sur le programme nucléaire de Téhéran, le secrétaire d'Etat américain John Kerry va retrouver à Lausanne son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. (15 mars 2015)
En vue d'un accord historique sur le programme nucléaire de Téhéran, le secrétaire d'Etat américain John Kerry va retrouver à Lausanne son homologue iranien Mohammad Javad Zarif. (15 mars 2015)
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«Les négociations sont arrivées à un point sensible. Le seul accord que la nation iranienne acceptera est un accord juste, équilibré (respectant) la grandeur nationale et les droits du peuple iranien», s'est-il contenté de rappeler à son arrivée dans la capitale autrichienne.

Le retour de Javad Zarif à Téhéran dimanche soir après un week-end de pourparlers diplomatiques à Vienne n'avait pas été interprété comme un signe positif ou négatif par ses homologues des grandes puissances. Personne ne doutait cependant qu'il allait consulter les autorités iraniennes, et particulièrement le Guide suprême Ali Khamenei.

Javad Zarif est revenu accompagné par Ali Akbar Salehi, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA) et Hossein Fereydoun, le frère et l'aide spécial du président Hassan Rohani.

Une chose semble certaine dans ce feuilleton à rebondissements, entamé il y a plus de 20 mois: la date butoir initialement fixée pour arracher un accord historique, ce mardi 30 juin, sera dépassée. Aucune autre limite n'a été fixée, même si une extension à long terme des négociations semble exclue.

Mais l'issue des discussions reste incertaine - «il est trop tôt pour porter un jugement», a prévenu lundi le secrétaire d'Etat américain John Kerry - alors que des points essentiels de la négociation n'ont toujours pas été tranchés.

John Kerry et Javad Zarif seront rejoints dans la journée par le Russe Serguei Lavrov, avant l'arrivée dans la semaine des autres chefs de la diplomatie du P5+1 (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Russie, Chine, France et Allemagne). Les politiques sont maintenant appelés à «de difficiles décisions», selon la formule du chef de la diplomatie britannique Philip Hammond, pour solder le contentieux.

L'Iran et les pays du P5 1 sont engagés depuis 20 mois dans des discussions intenses pour tenter de régler un dossier extrêmement complexe et technique, mais lourd de répercussions internationales.

Un accord cadre a été conclu début avril dans la douleur à Lausanne, et les experts de toutes les parties travaillent depuis sans relâche pour finaliser les termes d'un texte définitif.

La communauté internationale veut s'assurer que le programme nucléaire iranien est à vocation strictement civile et que Téhéran ne cherche pas à se doter de la bombe atomique, en échange d'une levée des sanctions internationales qui étranglent son économie.

Lundi, John Kerry avait rencontré Yukiya Amano, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), l'organe de l'ONU qui jouera un rôle clé dans la vérification de la mise en oeuvre de l'accord, s'il est conclu.

L'inspection des sites suspects iraniens par l'AIEA constitue un des points cruciaux de la négociation. L'agence a certes déjà accès aux sites nucléaires iraniens déclarés, mais voudrait avoir la possibilité d'élargir son périmètre d'inspections, y compris à des sites militaires.

Une demande à laquelle le Guide suprême iranien Ali Khamenei, décisionnaire ultime sur le dossier nucléaire, s'est catégoriquement opposé à plusieurs reprises. «L'idée n'est pas que nous devons avoir accès à tous les sites militaires, parce que les Etats-Unis eux-mêmes ne permettraient à personne d'avoir accès à tous leurs sites militaires», a reconnu lundi un haut responsable américain sous couvert de l'anonymat.

«Mais dans le contexte d'un accord, si l'AIEA pense qu'elle a une raison d'avoir accès (à certains sites, ndlr), il faut qu'un processus lui donne cet accès», a ajouté ce responsable, ajoutant que les grandes puissances avaient défini ce processus. Reste à savoir si Téhéran l'acceptera.

D'autres questions clés restent à régler, comme la durée d'un accord. La communauté internationale veut brider le programme nucléaire iranien pendant au moins 10 ans, mais l'ayatollah Khamenei s'est élevé la semaine dernière contre une limitation trop longue dans le temps des capacités iraniennes.

La levée des sanctions constitue aussi un nœud de première importance, Téhéran souhaitant des mesures immédiates, quand le P5 1 veut une levée progressive et sous condition de ces sanctions.

(AFP)

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