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Etats-UnisObama part au front pour sauver l'Obamacare

Le président veut «protéger les intérêts de 22 millions d'Américains» dont la couverture santé pourrait disparaître.

Le président a encore trois semaines devant lui avant la passation de pouvoir au profit de Donald Trump.
Le président a encore trois semaines devant lui avant la passation de pouvoir au profit de Donald Trump.
Keystone

Barack Obama effectue mercredi un déplacement court mais chargé en symboles de la Maison Blanche au Capitole pour tenter de convaincre les élus de ne pas supprimer purement et simplement sa réforme de l'assurance-maladie. Arraché en 2010 à l'issue d'un combat législatif acrimonieux qui coûta cher aux démocrates, l'«Affordable Care Act», connu sous le nom d'Obamacare, est une pièce centrale du bilan des deux mandats du 44e président américain.

A moins de trois semaines de l'arrivée à la Maison Blanche de Donald Trump, la priorité de Barack Obama est «de protéger les intérêts de 22 millions d'Américains dont la couverture santé disparaîtrait» si les républicains supprimaient cet texte, affirme Josh Earnest, son porte-parole.

Marge de manœuvre limitée

Cette rare visite de Barack Obama au Congrès pour rencontrer les élus démocrates coïncide avec celle du vice-président élu Mike Pence, qui retrouvera lui les membres républicains de la Chambre des représentants.

«Nous sommes concentrés sur un objectif: abroger et remplacer Obamacare», a-t-il expliqué mardi, résumant laconiquement la position du Grand Old Party qui voit dans ce mécanisme une véritable usine à gaz.

Les démocrates, encore groggy par la perte de la Maison Blanche doublée d'une sévère défaite dans les deux chambres, ont une marge de manœuvre très limitée pour défendre cette loi.

Ils s'accrochent cependant au fait que la suppression du texte pourrait susciter une vague de mécontentement à travers la pays et que leurs adversaires n'ont de véritable projet clé en main pour le remplacer.

Équilibre financier fragile

Le président de la Chambre des représentants, Paul Ryan, facilement réélu mardi, a ébauché un système moins contraignant mais dont le fonctionnement reste entouré de flou.

Certains ont suggéré d'en conserver certaines composantes, comme l'interdiction faite aux assureurs de refuser un patient en raison d'un profil jugé trop risqué. Mais difficile d'en supprimer un pan sans faire s'écrouler tout l'édifice, tant son équilibre financier est fragile. Une autre hypothèse évoquée est de voter la fin de cette loi mais de reporter de quelques années l'abrogation effective de ses principales composantes.

Nancy Pelosi, chef des démocrates à la Chambre des représentants, a dénoncé par avance «un acte de lâcheté». «Il n'est pas surprenant que certains républicains soient aujourd'hui mal à l'aise en pensant à l'impact que l'abrogation d'Obamacare aurait sur leur propre électorat», souligne Josh Earnest.

«Nous savons qu'il y a des gens à travers tout le pays qui bénéficient de cette loi, qui sont protégés par cette loi et dont les vies ont été sauvées par cette loi». Durant sa campagne, Donald Trump a parlé d'une «horrible chose», d'une réforme «totalement désastreuse».

Trump se tempère

Au lendemain de son unique rencontre avec Barack Obama dans le Bureau ovale, mi-novembre, il avait atténué ses propos, assurant que le texte pourrait simplement être «amendé». Il est depuis revenu à une rhétorique moins nuancée.

«Les gens doivent se rappeler qu'Obamacare ne fonctionne tout simplement pas et est trop chère», a-t-il tweeté mardi, évoquant la récente flambée des primes d'assurance, avec notamment une hausse spectaculaire dans l'Arizona (+116%).

L'espoir des démocrates pourrait, en définitive, se résumer comme suit: offrir à Trump une victoire politique symbolique avec la suppression de cette loi honnie par le camp conservateur. Mais en conserver, de fait, et sous un autre nom, l'essentiel de l'architecture.

Barack Obama aura une dernière chance de prendre les Américains à témoin sur ce thème qui lui tient à cœur lors de son discours d'adieu, prévu mardi à Chicago. Mais il sait ses chances de succès limitées.

AFP

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