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Occidentaux et Saoudiens dans le viseur

L'Iran est remonté contre les Occidentaux et les Saoudiens, accusés de soutien au «terrorisme» après l'attentat d'Ahvaz.

Les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé mardi que le cerveau de l'attentat avait été éliminé en Irak. L'homme, identifié comme Abou Zahi, était un «émir» du groupe État islamique dans la province de Diyalah. (Mercredi 17 octobre 2018)
Les gardiens de la révolution iraniens ont annoncé mardi que le cerveau de l'attentat avait été éliminé en Irak. L'homme, identifié comme Abou Zahi, était un «émir» du groupe État islamique dans la province de Diyalah. (Mercredi 17 octobre 2018)
AFP
L'Arabie saoudite rejette totalement les accusations «lamentables» de Téhéran selon lesquelles le royaume est impliqué dans l'attaque contre un défilé militaire en Iran. (Mardi 25 septembre 2018)
L'Arabie saoudite rejette totalement les accusations «lamentables» de Téhéran selon lesquelles le royaume est impliqué dans l'attaque contre un défilé militaire en Iran. (Mardi 25 septembre 2018)
AFP
«Les terroristes étaient quatre. Deux ont été tués, et les deux autres arrêtés», selon une source. (Iran, 22 septembre 2018)
«Les terroristes étaient quatre. Deux ont été tués, et les deux autres arrêtés», selon une source. (Iran, 22 septembre 2018)
Keystone
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L'Iran privilégie la piste séparatiste arabe, au lendemain de l'attentat ayant coûté la vie à 24 personnes à Ahvaz, dans le sud-ouest du pays. Téhéran a également accusé un «petit» Etat du Golfe d'être derrière cet acte «terroriste».

La République islamique a aussi reproché à trois pays européens, le Danemark, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas, d'abriter des membres du «Front populaire et démocratique des Arabes d'Ahvaz» (FPDAA), groupe séparatiste mis en cause par Téhéran dans cette attaque lors d'un défilé militaire.

Ahvaz est la capitale du Khouzestan. Dévastée par la guerre entre l'Irak et l'Iran (1980-1988), cette province pétrolifère du sud-ouest de l'Iran est peuplée majoritairement d'Arabes.

L'attaque de samedi a été perpétrée par un commando de quatre hommes qui ont ouvert le feu sur la foule qui assistait à un défilé à l'occasion de la Journée nationale des forces armées, qui marque l'anniversaire du déclenchement, par Bagdad, de la guerre Iran-Irak. Les assaillants ont ensuite été abattus.

Ils ont fait 24 morts et 60 blessés, selon le dernier bilan des autorités locales. La télévision d'Etat avait annoncé samedi 29 personnes tuées.

«Pays mercenaires»

«Nous n'avons aucun doute sur l'identité de ceux qui ont fait ça», a dit le président iranien Hassan Rohani, avant de décoller pour New York, où il participera à l'Assemblée générale annuelle des Nations unies. «Tant que (le dictateur irakien) Saddam (Hussein) était en vie, ils étaient ses mercenaires», a dénoncé Hassan Rohani, dans une allusion au groupe séparatiste arabe incriminé.

«Ensuite, ils ont changé de maître et un des pays de la rive sud du golfe Persique» s'est chargé de les soutenir, a poursuivi le président iranien, sans nommer le moindre pays. «Tous ces petits pays mercenaires que nous voyons dans la région sont soutenus par les Etats-Unis. Ils sont encouragés par les Américains», a encore dit Hassan Rohani.

Le groupe djihadiste Etat islamique (EI) a revendiqué l'attentat d'Ahvaz, mais les autorités iraniennes ne semblent pas prendre cette revendication au sérieux. Une revendication, au nom du «Front populaire et démocratique des Arabes d'Ahvaz», a été diffusée samedi sur une chaîne satellitaire, Iran International.

Dans un communiqué publié sur son site, ce groupe a nié toute implication, et accusé les autorités de Téhéran d'avoir commandité l'attaque pour détourner l'attention du soutien qu'elles apportent «à des milices dans la région».

Diplomates convoqués

Le ministère des Affaires étrangères iranien a annoncé dans la nuit avoir convoqué samedi les diplomates représentant le Danemark, la Grande-Bretagne et les Pays-Bas à Téhéran. Il leur a fait part des «fortes protestations de l'Iran contre le fait que leurs pays respectifs abritent certains membres du groupe terroriste ayant perpétré l'attaque» d'Ahvaz.

Samedi, la Russie, la Turquie, la Syrie et la France ont condamné fermement l'attentat d'Ahvaz. Les Etats-Unis ont aussi condamné, dimanche, «toute attaque terroriste n'importe où». Le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, a vu dans cette attaque «une continuation de la conspiration des gouvernements de la région à la solde des Etats-Unis». D'autres responsables iraniens ont accusé, qui l'Arabie saoudite, qui «deux Etats (arabes) du Golfe» d'avoir armé ou financé le commando.

Grand rival

L'Arabie saoudite, alliée des Etats-Unis, est le grand rival régional de l'Iran. Les deux pays s'opposant sur de nombreux dossiers au Moyen-Orient, notamment dans les conflits en Syrie et au Yémen. Téhéran et Ryad ont rompu leurs relations diplomatiques en janvier 2016.

L'Iran entretient également des relations tendues avec les Emirats, dont ils dénoncent régulièrement la participation à la coalition militaire sous commandement saoudien qui combat au Yémen contre les rebelles Houthis. Téhéran dit soutenir politiquement cette rébellion, mais pas militairement.

(AFP)

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