ONU «déçue» mais pas «catastrophée» si Berne ne signe pas

MigrantsLouise Arbour, responsable du Pacte mondial sur les migrations, respectera toute future décision de la Suisse quant à la signature de ce texte.

La politique migratoire suisse «est un débat interne» et chaque pays doit décider quelles personnes et combien doivent pouvoir avoir «accès à son territoire», selon Louise Arbour.

La politique migratoire suisse «est un débat interne» et chaque pays doit décider quelles personnes et combien doivent pouvoir avoir «accès à son territoire», selon Louise Arbour. Image: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L'ONU serait «déçue» mais «pas catastrophée» si la Suisse, qui a porté les négociations, ne signe pas le Pacte mondial sur les migrations. Sa responsable Louise Arbour ne saisit pas les arguments d'Etats réticents, alors qu'aucun «droit à la migration» n'est lancé.

«Il n'y a aucune ambiguïté» dans le Pacte, affirme la représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU sur la migration internationale dans un entretien à Keystone-ATS. Non contraignant, ce texte a été approuvé, au terme de négociations, par environ 190 Etats qui ont discuté de leurs inquiétudes. «Aucun d'entre eux n'a l'intention de renoncer à sa souveraineté ni de lancer un droit à la migration», assure la Canadienne.

La politique migratoire suisse «est un débat interne» et chaque pays doit décider quelles personnes et combien doivent pouvoir avoir «accès à son territoire», selon elle. Tant que cet Etat honore la Convention sur les réfugiés, qui font eux l'objet d'un autre Pacte mondial, et le principe de non-refoulement.

Les Etats se réuniront peut-être à nouveau dans des dizaines d'années pour «se contraindre» en cas de déplacements massifs de migrants liés au changement climatique. Comme ils l'ont fait sur les réfugiés après la Seconde Guerre mondiale. Mais le Pacte sur les migrations qui sera officiellement adopté en décembre à Marrakech n'impose rien et «ne lance aucune nouvelle norme», explique Mme Arbour.

Cassis en décalage avec le Conseil fédéral

Les Etats-Unis, l'Autriche, la Hongrie et l'Australie ont décidé de ne pas s'y associer. La Pologne pourrait suivre. Le Conseil fédéral, lui, a affirmé vouloir le signer avec une réserve.

Mais le chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) Ignazio Cassis estimait il y a quelques jours que cette étape pourrait être franchie plus tard. De leur côté, des commissions parlementaires sont divisées.

Chez les pays réticents, «soit le texte est mal compris, soit il y a de la mauvaise foi», un scénario «qui ne peut être écarté» mais est «très difficile à comprendre», dit Mme Arbour. Ces défections sur un problème mondial «sont décevantes» mais «pas catastrophiques non plus», étant donné que la communauté internationale aura avancé.

Mme Arbour ne commente pas la militarisation de la question migratoire par le président américain Donald Trump. Et ne redoute pas que les migrants latino-américains qui pourraient arriver près de ce pays au moment de la conférence influencent les discussions.

Elle se réjouit en revanche que le retrait américain des négociations sur le Pacte n'ait pas provoqué celui d'Etats de la région qui ont largement participé.

Plusieurs hauts dirigeants attendus

Cet accord reconnaît la «réalité» selon laquelle le franchissement d'une frontière implique «plus d'un Etat» et demande une collaboration, insiste l'ancienne Haute commissaire aux droits de l'homme. Contrairement aux arguments de pays réticents, l'objectif affiché est de lutter contre la migration irrégulière «qui n'est dans l'intérêt de personne». Il cherche à faire en sorte que les déplacements soient «sûrs» et «ordonnés».

«Le Pacte s'adresse à tout le monde» sur de nombreuses questions, comme la facilitation du retour de travailleurs migrants chez eux. Il rappelle aussi les obligations en termes de droits de l'homme et de lutte contre les discriminations et la xénophobie. Il établit un cadre pour les pays d'origine, de transit, de destination et de retour.

Certains d'entre eux pourraient présenter à Marrakech, avec la société civile, des modes innovants d'application du Pacte. Plusieurs chefs d'Etat et de gouvernement ont déjà confirmé leur participation. (ats/nxp)

Créé: 08.11.2018, 11h05

Articles en relation

Le pacte sur les migrations reste très controversé

Suisse La Suisse devrait signer le document, estime la commission de politique extérieure du Conseil national contrairement à son homologue des institutions politiques. Plus...

Pacte des migrations: Cassis n'est pas pressé

Suisse Ignazio Cassis estime que ce ne serait pas «une catastrophe» si la Suisse ne signait pas vite le pacte sur les migrations de l'ONU. Plus...

La Suisse ne devrait pas signer le pacte de l'ONU

Berne La commission des institutions politiques du National recommande par 15 voix contre 9 au Conseil fédéral de s'abstenir. Plus...

Paid Post

CallDoc, assuré malin et flexible
Bénéficiez de consultations médicales 24h/24, 7j/7 et faites des économies! Profitez du rabais de prime sur l’assurance-maladie de base. Demandez une offre maintenant.

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.