L'ONU pourrait adopter une résolution sur la Syrie

Armes chimiquesLes Etats-Unis et la Russie sont parvenus à un accord sur les modalités concernant la destruction de l'arsenal chimique syrien. Le Conseil de sécurité devrait adopter une résolution vendredi soir.

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Après des semaines d'intenses tractations, la Russie et les Etats-Unis sont parvenus jeudi à l'ONU à un accord sur un texte encadrant la destruction de l'arsenal chimique du régime syrien de Bachar al-Assad. Une résolution pourrait ainsi être adoptée dès vendredi soir à New York.

Son adoption constituerait une percée diplomatique majeure. Depuis le début du conflit syrien en mars 2011, le Conseil de sécurité n'a jamais réussi à se mettre d'accord sur un texte, Moscou et Pékin ayant opposé leur veto à trois reprises.

«Il s'agit d'une avancée très significative avec un Conseil de sécurité qui agit, de façon unie, pour imposer des obligations légales et contraignantes à la Syrie pour la première fois», a réagi Samantha Power, ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU.

Le projet de résolution, dont l'AFP a obtenu une copie, prévoit la possibilité pour le Conseil de prononcer des sanctions à l'encontre du régime al-Assad si le plan de désarmement chimique n'est pas respecté.

Menaces abstraites

L'accord a émergé après d'intenses discussions entre Washington et Moscou, principal soutien du régime de Bachar al-Assad. L'objectif était d'élaborer une mesure exigeant la destruction de l'arsenal syrien d'armes chimiques qui aille dans le sens de l'accord trouvé à la mi-septembre à Genève entre les Etats-Unis et la Russie tout en évitant des frappes américaines contre les forces loyalistes syriennes.

Les puissances occidentales membres du Conseil de sécurité des Nations unies ont renoncé à la plupart des exigences qui étaient initialement les leurs afin d'obtenir l'aval de la Russie. Le principal point d'achoppement concernait la référence au Chapitre VII de la Charte des Nations unies qui prévoit, entre autres, le recours à la force en cas de non-respect d'une résolution.

Le compromis, que Reuters a pu consulter, est contraignant pour la Syrie mais ne prévoit pas de mécanisme automatique de sanctions comme le souhaitaient les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne. Il menace la Syrie si elle ne se conforme pas à la résolution mais le régime de ces sanctions n'est pas précisé.

Deuxième résolution

En cas de violation des engagements, il faudrait donc une deuxième résolution, ce qui laisse à Moscou un droit de regard et une possibilité de blocage.

Des diplomates américains, russes, français et britanniques ont déclaré à la presse qu'un vote pourrait intervenir dès vendredi soir à condition que le Conseil exécutif de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques approuve un projet portant sur la destruction des armes syriennes dotées de gaz de combat.

«Je sais que certains ministres (des Affaires étrangères) vont prolonger leur séjour à New York afin de participer à ce vote», a déclaré l'ambassadeur russe aux Nations unies Vitaly Churkine.

Nouvelles enquêtes en Syrie

De son côté, Assad a réaffirmé dans un entretien à la chaîne vénézuélienne Télésur que son régime ne poserait «pas d'obstacles» au démantèlement de son arsenal chimique, soulignant que son pays se considérait «généralement comme engagé par toutes les conventions» qu'il signait.

Sur le terrain, des experts de l'ONU ont commencé de nouvelles enquêtes sur des allégations d'utilisation d'armes chimiques, après celle du mois dernier qui avait conclu à l'utilisation de gaz sarin à une large échelle près de Damas, sans pointer du doigt les responsables.

Mais selon un rapport confidentiel américano-russe cité jeudi soir par le Washington Post et présenté à la Maison Blanche par des experts en armement, l'arsenal chimique syrien est en grande partie «inutilisable» en l'état et pourrait être détruit plus rapidement que prévu. Pour ces experts, cet arsenal comprend plus de 1000 tonnes d'armes chimiques, dont 300 de gaz moutarde. (ats/nxp)

Créé: 27.09.2013, 06h46

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