L'opposition tchadienne n'attend rien de Macron

Tchad-FranceLa visite qu'effectue le président français à N'Djamena, ce week-end, n'est pas vue d'un bon oeil par l'opposition tchadienne.

«La France ne s'intéresse qu'aux problèmes sécuritaires, c'est-à-dire comment préserver les intérêts économiques et stratégiques de la France et Deby joue bien ce jeu-là,» déclare l'opposition tchadienne.

«La France ne s'intéresse qu'aux problèmes sécuritaires, c'est-à-dire comment préserver les intérêts économiques et stratégiques de la France et Deby joue bien ce jeu-là,» déclare l'opposition tchadienne. Image: AFP

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Les opposants tchadiens n'attendent rien de la visite ce week-end à N'Djamena du président français Emmanuel Macron, estimant qu'il ne venait que pour soutenir le président Idriss Deby dans la lutte contre «le terrorisme».

La visite du président Macron «vise à consacrer Deby et le renforcer dans son pouvoir anti-démocratique et dictatorial, caractérisé par la mauvaise gouvernance et la prédation des libertés», selon Saleh Kebzabo, principal opposant, président de l'Union nationale pour la démocratie et le renouveau (UNDR).

«Nous n'attendons rien de la visite du Macron au Tchad parce qu'il est venu renforcer Deby, le champion de la lutte contre le terrorisme», a ajouté M. Kebzabo. «Ce n'est pas ça qui nourrit les Tchadiens, mais ça renforce le pouvoir de Deby», selon lui.

«On n'attend absolument rien de la visite du président Macron au Tchad, parce qu'il ne dira rien à son homologue tchadien sur la situation politique», a également déclaré à l'AFP le secrétaire général de Parti pour les libertés et le développement (PLD, opposition), Mahamat Ahmat Alhabo.

«Macron a choisi son camp»

Selon lui, «la France ne s'intéresse qu'aux problèmes sécuritaires, c'est-à-dire comment préserver les intérêts économiques et stratégiques de la France et Deby joue bien ce jeu-là, pour la France, c'est son meilleur allié».

M. Alhabo estime que «Emmanuel Macron a choisi son camp conformément à la philosophie globale des autres présidents français qui ont l'habitude» d'être «en faveur d'un pouvoir très peu recommandable».

Au pouvoir depuis 1991, Idriss Déby est considéré comme un président autoritaire dont les atteintes aux libertés sont régulièrement dénoncées par les ONG nationales internationales de défense des droits de l'Homme.

Le président de la Ligue tchadienne de défense des droits de l'Homme (LTDH), Midaye Nguerimbaye, a cependant espéré que la lutte contre le groupe djihadiste, Boko Haram ne serve pas de prétexte à oublier la défense de droits humains.

«Nous pensons que le président français arrive chez nous pour dire haut et fort à son interlocuteur que la défense de droits humains doit être respectée et la liberté de manifester autorisée et non pas réprimée par les armes», a-t-il dit.

Emmanuel Macron doit passer le week-end à N'Djamena pour réveillonner avec les soldats français de la force Barkhane et rencontrer le président Déby, allié de la France dans la lutte contre le jihadisme et le terrorisme au Sahel. (afp/nxp)

Créé: 22.12.2018, 19h45

Articles en relation

Un manifestant tué avant l'investiture de Deby

Tchad L'homme protestait à N'Djamena à l'appel de l'opposition, lors d'une manifestation interdite. Plus...

Le Tchad déploie son armée au Cameroun

Boko Haram Le président tchadien Idriss Deby a réclamé une «coalition» des Etats d'Afrique centrale pour lutter contre la secte Boko Haram. Plus...

Heurts meurtriers entre Boko Haram et l'armée

Tchad Un nouvel accrochage meurtrier a opposé vendredi l'armée tchadienne à des membres du groupe djihadiste Boko Haram. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.