L'OTAN envoie quatre bataillons en Europe de l'Est

RéunionL'Alliance nord-Atlantique durcit encore sa posture militaire face à la Russie.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stolenberg (au centre), ouvre la réunion des ministres de la Défense.

Le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stolenberg (au centre), ouvre la réunion des ministres de la Défense. Image: Julien Warnand/Keystone

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A trois semaines d'un sommet hautement symbolique à Varsovie, l'OTAN aligne les mesures traduisant son durcissement depuis deux ans face à Moscou. Lors d'une réunion des ministres de la Défense mardi à Bruxelles, elle a annoncé renforcer sa présence en Roumanie au moyen d'une brigade multinationale.

Composée de soldats bulgares et roumains, cette brigade pourra «organiser et faciliter les activités de l'OTAN dans la région en ce qui concerne des exercices et des mesures de réassurance», prises pour renforcer sa sécurité à l'Est, a expliqué le secrétaire général de l'OTAN, Jens Stoltenberg.

Pays baltes

Les ministres devaient également donner leur feu vert à une mesure phare, annoncée lundi: le déploiement par rotations de six à neuf mois de quatre bataillons de combat (de 800 à 1000 soldats chacun) dans les pays baltes et en Pologne, dès 2017.

La Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l'Allemagne ont annoncé qu'ils fourniraient le gros des troupes dans un premier temps. Le Canada pourrait fournir la majorité des soldats du quatrième bataillon, selon des diplomates.

Eviter une nouvelle Guerre froide

«Notre message est que l'OTAN va continuer à protéger et défendre tous les Alliés contre toute menace, d'où qu'elle vienne. C'est la raison pour laquelle nous avons mis en œuvre le renforcement le plus important de notre défense collective depuis la fin de la Guerre froide», a expliqué Jens Stoltenberg.

«Mais en même temps, nous disons avec force que nous ne voulons pas de nouvelle confrontation avec la Russie ou de nouvelle Guerre froide.», a assuré Jens Stoltenberg.

Les contentieux avec Moscou sont légions depuis l'annexion de la Crimée en mars 2014 et le début de l'offensive des rebelles séparatistes soutenus par la Russie dans l'est de l'Ukraine. Ils se sont traduits par une série d'incidents militaires en mer Baltique, mais aussi le long de la frontière turco-syrienne, où l'armée turque a abattu un avion militaire russe en novembre dernier.

Nouvelles divisions russes

Ce renforcement vient compléter une série de mesures prises depuis deux ans pour augmenter la réactivité des armées de l'OTAN. Parmi elles : une force de près de 5000 hommes capables d'intervenir en quelques jours et soutenir ses pays membres qui partagent une frontière avec la Russie.

Moscou y voit une violation de l'Acte fondateur OTAN-Russie. Signé en 1997, il interdit le «stationnement permanent» de forces de combat alliées substantielles à sa frontière. En réaction, le ministre de la Défense russe Sergueï Choïgou avait annoncé début mai que Moscou allait former trois nouvelles divisions dans l'ouest et le sud de la Russie pour «contrecarrer le renforcement des forces de l'OTAN près de la frontière».

La «présence avancée à l'Est», tout comme les menaces hybrides, la cyberdéfense ou encore la posture nucléaire, seront les principaux thèmes du sommet de Varsovie. Ce dernier aura lieu les 8 et 9 juillet. (ats/nxp)

Créé: 14.06.2016, 19h13

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