L’ouvrier nord-coréen s’exporte bien, jusqu'en Europe

Corée du NordUne ONG britannique a repéré des employés nord-coréens en Pologne et à Malte. Une main-d’œuvre qui rapporte au régime.

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On sait les Nord-Coréens soumis à des heures de labeur qui s’apparentent à du travail forcé dans leur pays, on connaît un peu moins bien la filière d’exportation de main-d’œuvre que le régime a mise en place. Selon un rapport de l’ONG britannique EAHRNK (European Alliance for Human Rights in North Korea), cette filière prend de plus en plus d’importance depuis l’arrivée au pouvoir de Kim Jong-un en 2011. On estime aujourd’hui que 50 000 à 200 000 Nord-Coréens travaillent à l’extérieur, la plupart comme de simples ouvriers… Or l’engagement de main-d’œuvre nord-coréenne contrevient aux sanctions prises par l’ONU contre Pyongyang, rappellent les auteurs du rapport.

Sur la base de précédentes études, l’ONG relève qu’on identifie quarante pays recruteurs de Nord-Coréens. Parmi eux, deux Etats européens, Malte et la Pologne. «Nous pensons qu’environ 800 Nord-Coréens se trouvent en Pologne, essentiellement employés dans des ateliers de fabrication de vêtements, dans l’industrie et dans l’agriculture», explique depuis Londres Michael Glendinning, directeur de EAHRNK. Selon l’ONG, les différents ministères nord-coréens (construction, agriculture,…) négocient directement des quotas avec les pays demandeurs de main-d’œuvre. Ainsi l’île de Malte aurait-elle également reçu un contingent de travailleurs envoyé par le Ministère nord-coréen de la pêche.

La grande majorité de ces expatriés, exportés par le régime, sont à l’œuvre dans les pays asiatiques, mais les destinations se diversifient: leur présence a été identifiée dans plusieurs pays africains, mais aussi dans les pays du Golfe, très friands de petites mains. Selon les chiffres du Ministère sud-coréen des Affaires étrangères, il y aurait aujourd’hui 4000 Nord-Coréens employés au Koweït, 2000 au Qatar et 1000 aux Emirats arabes unis, «la plupart œuvrant dans la construction», dit Michael Glendinning.

A priori, on pourrait penser que les conditions de vie de ces expatriés sont meilleures à l’étranger qu’en Corée du Nord, mais l’ONG décrit un statut qui n’a rien d’une échappatoire: les ouvriers exportés subissent même à l’étranger un strict contrôle du régime, tout est fait pour qu’ils n’aient aucun contact extérieur. De leur paie, souvent reçue une fois rentrés aux pays, sont déduites diverses taxes, dont celle qui va au Parti des travailleurs nord-coréens et celle de «fidélité à la famille Kim». A leur retour en Corée du Nord, ces travailleurs ont surtout contribué à améliorer les finances du régime, bien plus que leur statut social, relève l’ONG. Ils rapporteraient à l’Etat entre 150 à 230 millions de dollars par an, selon des sources sud-coréennes.

Créé: 01.10.2015, 17h09

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