Le parlement pulvérise l’accord sur le Brexit

Royaume-UniPar 432 voix contre 202, les députés ont infligé une cinglante défaite à Theresa May. Un vote de défiance est prévu ce mercredi soir.

Royaume-Uni Les députés britanniques ont sévèrement désavoué mardi la première ministre en rejetant massivement son accord de sortie de l’UE.
Vidéo: Keystone

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

L’accord de retrait du Royaume-Uni de l’Union européenne a été rejeté mardi soir par les députés de la Chambre des Communes à une écrasante majorité: 432 votes contre et 202 seulement en sa faveur. La première ministre Theresa May a immédiatement reconnu avoir perdu le vote à une très forte majorité. Devant «l’étendue et l’importance» de sa défaite, elle s’est également engagée à accepter d’autoriser l’organisation d’un vote de défiance à son égard pour s’assurer «qu’elle garde le soutien» des députés de la Chambre des Communes.

Censure

De fait, le chef du parti travailliste Jeremy Corbyn a déposé une motion de censure contre le gouvernement, qui sera donc discutée ce mercredi avant d’être votée en début de soirée. Cent dix-huit députés conservateurs ont voté contre le projet de Theresa May. Une rébellion d’un niveau jamais atteint qui a provoqué la plus importante défaite de l’histoire d’un gouvernement britannique aux Communes. Il est pourtant fort probable que ces députés soutiendront leur gouvernement mercredi: la plupart des élus tories craignent d’être balayés par le parti travailliste en cas d’élections anticipées. Celles-ci interviendraient si aucun parti ne parvient à former un gouvernement dans les quatorze jours suivant le succès d’un vote de défiance.

Comme dans le même temps le parti démocratique unioniste (DUP), allié des conservateurs au parlement, a annoncé son intension de soutenir le gouvernement, Theresa May ne sera sans doute pas renversée ce mercredi. Même si, au regard des événements de ces précédents jours, tout demeure possible.

Si elle est confirmée à son poste, la première ministre s’est engagée à organiser des discussions avec les députés conservateurs opposés à son accord, le DUP et des députés de l’opposition «afin d’identifier ce qui sera requis pour obtenir le soutien de la Chambre des Communes». Visiblement, les nombreux échanges mardi après-midi du procureur général pour l’Angleterre et le Pays de Galles Geoffrey Cox avec les députés sur le filet de protection nord-irlandais, le fameux Backstop qui concentre l’ire de la plupart des députés conservateurs opposés à l’accord et des élus du Parti démocratique unioniste (DUP), n’a pas convaincu la plupart d’entre eux.

Union douanière

Theresa May a pourtant réclamé que ses futurs partenaires se concentrent sur «des idées réellement négociables» et qui disposent «d’un soutien suffisant au sein de la Chambre des Communes». Plus que jamais, l’option défendue officiellement par le parti travailliste et par de nombreux élus conservateurs d’un maintien dans l’union douanière revient sur le devant de la scène. Elle s’est engagée à ensuite les emmener auprès de l’UE. Une Union européenne loin d’être sereine: le président de la commission Jean-Claude Juncker a estimé juste après le vote que le risque d’un Brexit sans accord s’est accru. Il a appelé «le Royaume-Uni à clarifier ses intentions dès que possible. Le temps est presque écoulé.»

Le DUP estime que cette défaite renforcera la première Ministre britannique face aux Vingt-sept. «La Chambre des Communes a envoyé un message on ne peut plus clair à la première Ministre et à l’UE que cet accord est rejeté. Mme May aura les moyens de montrer aux négociateurs de Bruxelles que des changements sont requis si le moindre accord doit pouvoir obtenir le soutien du parlement.»

Toujours pas de second vote

Même si les partisans d’un second référendum réunis devant le palais de Westminster faisaient la fête mardi soir, la détermination de Theresa May à mettre en place un Brexit demeure pourtant inaltérée. Comme elle l’avait rappelé plus tôt, «en tant que député, nous avons le devoir de ne pas servir notre intérêt personnel ou celui de notre parti mais celui des gens que nous représentons». Et donc de respecter le résultat du référendum.

Tout est dit: l’accord de Brexit négocié par la première ministre avec Bruxelles vient d’être rejeté par les députés. La déception se lit sur le visage de Theresa May et de son chancelier de l’Échiquier (ministre des Finances), Philip Hammond.

Créé: 15.01.2019, 22h50

Articles en relation

Le Brexit fait sauter les divisions entre les partis

Royaume-Uni À la veille d’un vote crucial, Theresa May peine à rallier ses troupes, suscitant d’improbables alliances. Plus...

Bruxelles accélère les préparatifs pour le pire avant le départ du Royaume-Uni

Brexit Mercredi, la Commission européenne a précisé son plan pour éviter le chaos en cas de «hard Brexit». Un exercice de haute voltige. Plus...

L’hypothèse d’un second vote sur le Brexit prend lentement forme

Royaume-Uni L’incapacité des députés à s’entendre sur la voie à suivre pourrait favoriser le retour aux urnes. Malgré l’opposition de Theresa May. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

L'actualité croquée par nos dessinateurs partie 7

Paru le 18 septembre 2019
(Image: Bénédicte) Plus...