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Le Parquet demande un procès pour Air France

À l'issue de l'enquête qui aura duré dix ans sur le crash du vol Rio-Paris, la justice française veut un procès contre Air France.

La justice française demande un contre Air France pour cause de «négligence et imprudence» à l'issue de l'enquête sur le crash de l'Airbus A330-200 Rio-Paris en 2009. (17 juillet 2019)
La justice française demande un contre Air France pour cause de «négligence et imprudence» à l'issue de l'enquête sur le crash de l'Airbus A330-200 Rio-Paris en 2009. (17 juillet 2019)
Keystone
Des débris de l'avion avaient été déchargés dans le port de Recife, au nord-est du Brésil, le 14 juin 2009.
Des débris de l'avion avaient été déchargés dans le port de Recife, au nord-est du Brésil, le 14 juin 2009.
Keystone
Les enregistreurs du vol 447 avaient montré que le capitaine n'était pas dans la cabine au moment où l'avion a commencé sa chute.
Les enregistreurs du vol 447 avaient montré que le capitaine n'était pas dans la cabine au moment où l'avion a commencé sa chute.
Keystone
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Le Parquet de Paris demande un procès devant le tribunal correctionnel contre Air France et un non-lieu pour Airbus, à l'issue de l'enquête sur le crash du vol Rio-Paris qui a fait 228 morts en 2009, a appris mercredi l'AFP de sources concordantes.

Le Parquet considère notamment que la compagnie aérienne «a commis une négligence et une imprudence» en ne délivrant pas à ses pilotes suffisamment d'informations sur la procédure à adopter en cas d'anomalies liées aux sondes qui permettent de contrôler la vitesse de l'appareil, après plusieurs incidents du même genre au cours des mois précédents, selon son réquisitoire daté du 12 juillet, dont a eu connaissance l'AFP.

À l'inverse, il estime qu'il n'existe pas de charges suffisantes à l'encontre de l'avionneur pour le renvoyer en correctionnelle. Il appartient désormais aux juges d'instruction de décider s'ils suivent ces réquisitions et décident donc d'ordonner un procès pour la seule compagnie aérienne.

228 victimes

Le 1er juin 2009, le vol AF447 s'était abîmé dans l'océan Atlantique. Les 228 passagers et membres d'équipages, de 34 nationalités, avaient péri dans l'accident, le plus meurtrier de l'histoire de la compagnie française.

Dans cette procédure, qui dure depuis plus de dix ans, les deux entreprises avaient été mises en examen en 2011 pour «homicides involontaires». Point de départ de la catastrophe: le givrage en vol de sondes Pitot, qui a conduit à un dérèglement des mesures de vitesse de l'Airbus A330 et désorienté les pilotes jusqu'au décrochage de l'appareil.

Depuis, l'enquête a donné lieu à une bataille d'experts pour établir les responsabilités dans l'enchaînement ayant mené au crash de l'appareil et les parties civiles poussent pour qu'Airbus et Air France soient jugés tous les deux.

Divers déficits

En 2012, la première expertise avait pointé à la fois des défaillances de l'équipage, des problèmes techniques et un déficit d'information des pilotes en cas de givrage des sondes, malgré une recrudescence d'incidents antérieurs signalés à Airbus.

Le constructeur avait alors sollicité une contre-expertise, qui mettait surtout l'accent sur une «réaction inappropriée de l'équipage» et les manquements d'Air France. La jugeant trop favorable à Airbus, des proches des victimes et la compagnie aérienne avaient attaqué le rapport devant la Cour d'appel de Paris, qui avait ordonné son annulation et la réouverture de l'enquête.

Toutefois, la dernière contre-expertise, remise en décembre 2017, a de nouveau suscité l'indignation des parties civiles. Les experts y réaffirmaient que la «cause directe» de l'accident «résulte des actions inadaptées en pilotage manuel» de l'équipage et tendaient à dédouaner Airbus.

(ats)

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