Le parti républicain entre panique et résignation

Etats-UnisMitt Romney monte au créneau pour couler la candidature honnie de Donald Trump.

Image: Keystone

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Instable. Malhonnête. Cupide. Misogyne. Vulgaire. Nocif. Mitt Romney n’avait pas de mots assez durs, ce jeudi, pour dénigrer Donald Trump. Le républicain qui défia Barack Obama à la présidentielle de 2012 espère démarrer ainsi une campagne musclée d’opposition au milliardaire populiste.

C’est qu’un vent de panique s’est mis à souffler sur le Parti républicain, dont l’establishment voit avec horreur le très populiste milliardaire se maintenir plus que jamais en tête des primaires. Etat après Etat, chacune de ses victoires augmente le nombre de délégués qui voteront pour lui lors de la convention républicaine cet été à Cleveland. Or, jusqu’au «Super Tuesday», les instances dirigeantes et les élus au Congrès des Etats-Unis espéraient que Marco Rubio rattraperait son retard et offrirait une alternative sérieuse…

Mais depuis mardi, c’est la consternation. Sur la chaîne CBS, John Dickerson raconte avoir demandé à un membre de l’establishment républicain d’évaluer, sur une échelle de 1 à 10, le degré de panique au sein du parti. «Il m’a répondu onze!»

Une catastrophe

Selon le New York Times, Karl Rove, l’ancien stratège des campagnes de George W. Bush, a affirmé à des gouverneurs et des donateurs républicains qu’une nomination de Donald Trump serait une catastrophe pour le parti. Nombreux sont ceux qui ne le croient pas capable de vaincre Hillary Clinton en novembre, lui qui s’est aliéné des électeurs en tenant des propos insultants à l’égard des Hispaniques, des musulmans et des femmes.

Surtout, les élus républicains tremblent pour leurs propres sièges, craignant de perdre (lors des législatives qui ont lieu parallèlement à la présidentielle) leur majorité au Sénat et à la Chambre des représentants, mais aussi des postes de gouverneurs dans plusieurs Etats. Mitch McConnell, chef de la majorité au Sénat, aurait encouragé les sénateurs à courtiser leurs électeurs en critiquant Trump… ou même de tabler sur la victoire de Clinton et donc insister sur la «nécessité» d’avoir un Sénat républicain pour ne pas laisser carte blanche à la démocrate.

Tout sauf Trump

En attendant, certains espèrent encore faire barrage à Donald Trump, en l’empêchant d’obtenir les 1237 délégués nécessaires pour remporter cet été la nomination républicaine. C’est possible si le 15 mars Marco Rubio et John Kasich remportent chacun leur Etat d’origine, soit la Floride et l’Ohio. Des campagnes anti-Trump y ont démarré, soulignant que ce populiste n’a pas cru bon de condamner le leader du Ku Klux Klan qui lui offrait son soutien…

Cela dit, les élites républicaines commencent à se résigner, espérant qu’un président Trump sera plus pragmatique et cessera d’attaquer l’establishment. Chris Christie, gouverneur du New Jersey, s’est ainsi rallié au milliardaire… après l’avoir longtemps dénigré.

Créé: 03.03.2016, 19h29

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